A propos de Christine Eschenbrenner

Génération 51.Une histoire de domaine perdu, de forteresse encerclée, de terrain sillonné ici comme ailleurs. Beaucoup d'enfants et d'adolescents, des cahiers, des livres, quelques responsabilités. Une guitare, une harpe celtique, le chant. Un grand amour, la vie, la mort et la mer aussi.

#arts de la fiction #06 | transversale

j’entre de nuit comme je peux dans cette ville qui n’est pas la mienne voici mes pas dans d’autres pas, les lames du tram dans la travée des larmes et rien d’autre que le désir d’apprendre par où tu es passé bien avant mais les bâtiments où sédimentent des bureaux vides la nuit sont muets le froissement du dernier métro Continuer la lecture#arts de la fiction #06 | transversale→

# arts de la fiction # 05 | depuis la porte d’entrée

Assise face à l’entrée de la maison d’habitation dans l’enceinte de l’ancienne ferme cernée par la forêt, la passagère pose son pinceau. Dans la lumière tranchante de l’été, elle vient de saisir granit et ombres de l’encadrement avec les battants blancs de la porte elle-même, dont les deux poignées en rosace répondent aux losanges noirs dans la partie haute. Ou Continuer la lecture# arts de la fiction # 05 | depuis la porte d’entrée→

arts de la fiction #04 | Mésange et Odessa

— qu’elle était apparue à travers son nom de ville  une première fois cette année- là dans un mouvement  lié aux apocryphes et aux vies hors champ   comme une Vénus de quartier sortant des eaux  ou comme le printemps de Botticelli, qu’elle passait inaperçue et qu’elle était souvent seule comme quelqu’un qui ne voulait pas qu’on la reconnaisse, qu’elle cherchait Continuer la lecturearts de la fiction #04 | Mésange et Odessa→

# arts de la fiction # 03 | artefact(s)

Plan fixe décor 1. Immense salle blanche, avec hauteur de murs conséquente. Gardiens assis aux quatre coins, comme statufiés sur leurs chaises. Sans doute dans un grand musée d’art contemporain. Grandes boites vitrées réparties dans l’espace. Elles sont  un peu en longueur, comme les abribus, avec le quatrième côté ouvert, quelques fissures et bris de verre éclairés par des projecteurs. Continuer la lecture# arts de la fiction # 03 | artefact(s)→

# arts de la fiction # 02 | gare Val Nord

Cette fois-là, on est partis en bus. Pour l’aéroport. Beaucoup d’entre eux n’avaient jamais pris l’avion. Le train si. Transilien tous les jours, on sait : être à huit heures en classe, d’où qu’on vienne. Sinon ça se complique, tu dois expliquer pourquoi tu es en retard. Est acceptée ou pas ton explication. Alors pour ne pas risquer de manquer l’histoire, Continuer la lecture# arts de la fiction # 02 | gare Val Nord→

# arts de la fiction # 01 | rêve du train

Je suis dans le train ; près d’une fenêtre, là où j’aime bien être si possible. Je regarde le ciel, traversé par une diagonale à la fois mauve, orange, pourpre, comme une blessure en cours de cicatrisation. Le verre est un peu voilé, sans doute sali par les poussières que soulèvent les rails et les villes : elles finissent toujours par coller. Continuer la lecture# arts de la fiction # 01 | rêve du train→

#chroniques #09 #10 | last but not least

| 1| les sales gosses  Il se trouve qu’à ce moment-là, l’artiste a créé une chanson. Sales gosses : elle en était. Affirmant sa différence à toute allure. A coup de riffs balancés comme quelqu’un qui filerait follement sur une autoroute, porté par l’envie d’en finir avec l’enfermement dans une catégorie. Nous les sales gosses en balade dans un monde féroce Continuer la lecture#chroniques #09 #10 | last but not least→

#chroniques #08 | personne(s)

1|toi Si je n’est autre que toi, le verrouillage des portes est inutile 2|entre-deux J’ai pris appui sur ses silences. Dans l’entre-deux elle a dit que non. Non non et non. Elle a dit ne pas vouloir en rajouter. Que ce qu’elle venait de dire s’arrêtait là, pour ne pas déclencher de nouvelles crues, la violence des opinions qui emportent Continuer la lecture#chroniques #08 | personne(s)→

#chroniques #07 | d’après

1| à l’instant Oui aux retrouvailles sans limites :   la mort  ne fait pas le poids 2 | appels Supposons qu’il reste peu de temps, ce qui est vrai. Supposons que soient mises les bouchées doubles pour parer au plus pressé, ce qui est vrai. Supposons que les appels du monde ne cessent d’interférer avec le déroulement prévu, ce qui est Continuer la lecture#chroniques #07 | d’après→

#chroniques #06 | battage

1 | incantationforce d’attractionlaisse fairelune et merpour qu’un monde nouveaunaisse des scories noires 2 | adolescenceDix-sept ans environ. Nourrir l’appétit, c’est surtout ça. Manger, depuis l’adolescence, c’est toujours trop. Pénible. Mais dévorer oui. Les livres. Un choc : l’Avalée des avalés. Manger de la bouillie : nostalgie du lait et détestation de la viande. Jeûner : provoquer. Horreur des plats Continuer la lecture#chroniques #06 | battage→