A propos de Ugo Pandolfi

Journalist and writer based in the island of Corsica (France) 42.40 N 09.30 E.

Carnets individuels | UP

Vingt-quatrième jour. N’attendre rien, une force qui exige d’avoir la force de ne rien solliciter, jamais. De ne jamais franchir le seuil de la banque des faveurs. Nulle part. Ni dans la ville, ni dans la file. Ni dans l’île, ni dans la salle. Qu’importe l’autour de soi, ses tentations, ses appels. Fermer les yeux, sembler dormir, ne garder en Continuer la lectureCarnets individuels | UP

#carnets #prologue | spirale ennemie

La spirale de métal qui oblige le gaucher à prendre le carnet à l’envers et à n’écrire au début que sur les pages gauches. Soufflet à mémoire: la pochette de carton à l’intérieur de la troisième de couverture livrant quatre tickets de cinéma, les deux billets du ferry-boat du vieux port à Marseille, une feuille d’arbousier en forme de coeur, Continuer la lecture#carnets #prologue | spirale ennemie

#photofictions #09 | ombres zones

Le chemin qu’il empruntait tous les matins, seul au volant de sa Mercedes, aurait facilement permis d’attenter à sa liberté. L’étroite montée Saint Charles qu’il devait descendre au bas de la colline de Cimiez impose toujours un arrêt avant de rejoindre le boulevard Carabacel. A cet endroit précis, l’opération était jouable. Le braquer, l’enlever, le prendre en otage, lui faire Continuer la lecture#photofictions #09 | ombres zones

#photofictions #08 | l’ipséité malfaisante

La deuxième fois identique à la première, un même décor où domine un noir minimal, une lettre, décalée par rapport aux autres, pour attirer l’attention sur un événement qui n’en est pas un parce que c’est normal que cet homme parle y compris pour ne dire rien de ce qu’il serait normal d’entendre. tempête—cap—guichet d’aide—stratégie derrière—guerre—crise—désarroi—forte—juste—apaisée La suite dans le même décor Continuer la lecture#photofictions #08 | l’ipséité malfaisante

#photofictions #07 | hors-cadre

C’était toi le réalisateur, le metteur en scène, l’auteur du scénario qui tenais la caméra, la BELL & HOWELL Filmo 70 – 16 MM. C’était ton premier court métrage. C’était des bobines de 30 mètres. C’était sur la tourelle manuelle trois objectifs à focale fixe. C’était, faute de moyens, sans prise de son synchrone. C’était un été. C’était bien des Continuer la lecture#photofictions #07 | hors-cadre

#photofictions #06 | elle, émoi

Piégée dans le reflet, main du photographiant en premier plan — douces lumières à gauche de l’image d’une fenêtre et des facettes d’un miroir — l’essentielle dans un flou un peu gris concentrée sur un écran — la main droite soutient le visage Un seul long bras fort et fin — une longue et fine main gauche dont le pouce Continuer la lecture#photofictions #06 | elle, émoi

photofictions #05 | filmer ne sert à rien

Pas d’ouverture au noir, ni travelling arrière, aucun usage de time-lapse, ni plan au ralenti, pas de fondu enchaîné, la bande son est blanche, le silence seul, une unique séquence de 86 minutes ne fait voir que des close-up de bouches humaines qui mangent, dévorent, mastiquent. Le lieu de tournage retenu est à Dubaï où je n’irai jamais, au pieds Continuer la lecturephotofictions #05 | filmer ne sert à rien

#photofictions #04 | petit lion de la forêt

On reproduira par la photographie: 1° les têtes nues qui devront toujours, sans exception, être prises exactement de face, ou exactement de profil, les autres points de vue ne pouvant être d’aucune utilité; 2° des portraits en pied, pris exactement de face, le sujet debout, nu autant que possible, et les bras pendant de chaque côté du corps. Toutefois, les Continuer la lecture#photofictions #04 | petit lion de la forêt

#photofictions #03 | l’estrangère

Sur la laisse de la mer, là où je marche quand les regards ont disparu, quand la plage est déserte, mon corps déformé aux ongles peints, la tresse savante de mes cheveux, rien qui me séparent des débris délaissés, des abandonnés là — rien qu’une étrange étrangère marchant entre le bas et le haut de l’estran, donna niée dans un lit de Continuer la lecture#photofictions #03 | l’estrangère

#photofictions #02 | Photographier, c’est mettre en boite

Un oiseau de métal, un homme debout, un morceau de bois, la pomme d’un grand pin, une grenouille en fer, deux bateaux de papier et le reste desséché d’une infusion de thé. Tout pourrait entrer dans un assemblage à la Joseph Cornell, dans une boîte de 25 cm par 16 dont la profondeur serait égale à la longueur. Un théâtre miniature, Continuer la lecture#photofictions #02 | Photographier, c’est mettre en boite