#01 | arts de la fiction | à quoi rêvons-nous la nuit ?

Ça se passe une après-midi dans la montagne. Dans un lieu familier mais que je ne saurais nommer, que je ne reconnais pas instinctivement. Une atmosphère blanche, nostalgique, et de la détresse dans l’air. Je suis debout devant des tables en bois brut qui débordent de tissus décolorés, tellement râpés qu’on les dirait sales. Ils sortent du lavage pourtant, ils Continuer la lecture#01 | arts de la fiction | à quoi rêvons-nous la nuit ?→

# arts de la fiction # 03 | Et les forêts ?

ImageCaméra embarquée dans un véhicule roulant sur une petite route entourée de vert : sous-bois de chênes, arbres isolés dans des champs qui descendent en pente douce vers la vallée de la Vézère. Le plan est large, autant de terre que de ciel. Par endroit, les arbres laissent entrevoir la roche. Fondu au noir. La caméra est sortie du véhicule. Continuer la lecture# arts de la fiction # 03 | Et les forêts ?→

#arts de la fiction #01 | assis contre un arbre

Je suis assis au pied d’un arbre. Mon dos repose sur la base du tronc. C’est un arbre large et confortable, l’écorce est composée d’écailles chaudes et douces. Devant moi, mes pieds font l’éventail à 10 h 10. Mes pieds sont inertes, ils ne sont animés d’aucune volonté de bouger. Ils ne sont pas complètement immobiles, ils passent à 12 h 15, à 8 h 5. Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | assis contre un arbre→

#LVME #01 | Paysages

La ligne de crête découpe le bleu du ciel sans nuages. La densité végétale d’un vert sombre est comme griffée en son milieu et laisse apparaître une plaie béante de terre rouge. De loin il est impossible de discerner si de puissantes chutes d’eau se jettent dans la forêt puis serpentent en rivières, ravines, et cours d’eau jusqu’à la mer, Continuer la lecture#LVME #01 | Paysages→

#anthologie #28 | Fluxus quelque part

Installer six Bösendorfer de concert 280VC à chacun des différents niveaux d’un très grand centre commercial. Chaque pianiste, l’un après l’autre, attaque le Prélude et Fugue n° 1 en do majeur, BWV 846, avec un décalage de six secondes. A la différence des machines sans finalité de Jean Tinguely, celle que nous mettons actuellement en œuvre a l’avantage de transformer les Continuer la lecture#anthologie #28 | Fluxus quelque part→

#anthologie #13 | Mon jardin des plantes

J’ai un jardin des plantes. Je l’ignorais. Je le sais depuis qu’on m’a posé la question. Avant je ne connaissais que le jardin des plantes de Paris avec sa galerie, ses manèges, ses plantes alignées dans les massifs, ses animaux, ses gens. Mon  jardin des plantes à moi est différent. Il est un peu sauvage. Il y fait nuit la Continuer la lecture#anthologie #13 | Mon jardin des plantes→

#anthologie #14 | mais non 

« Mais non. » Je ne l’avais plus revue depuis l’école primaire… J’étais amoureux d’elle, tu sais de cet amour d’enfant qui est sans concession et que rien ne peut écorner… Et là, j’arrive en haut de l’Empire State, la porte de l’ascenseur s’ouvre et qui je vois en face de moi ? « Mais non ? » Je les ai cherchées toute la matinée, j’ai Continuer la lecture#anthologie #14 | mais non →

#versuneécopoétique #02-01 | vers un…

#02 | à compléter Boite de serviettes périodiqueOn ne dit pas le sang qui fait tourner le vin du chai – sinon à mots détournés –, ce qui entoure le corps des femmes est tabou. Il y a « rouge », « anglais débarqués », «truc» (même « machin ») : surtout truc. Tu as tes trucs ? La mère note dans le calendrier (menstruel): Continuer la lecture#versuneécopoétique #02-01 | vers un…→

#gestes&usages #01 | nuit noire

C’est à cause de la couleur que Séraphine a peur, quand le vert n’est plus vert, qu’il tourne au gris puis au noir et que le dernier rayon de soleil s’est envolé au-dessus des arbres, derrière les montagnes et que le blanc des montagnes lui non n’est plus blanc et que les montagnes disparaissent dans la nuit, une nuit d’encre, Continuer la lecture#gestes&usages #01 | nuit noire→