#arts de la fiction #01 | La bonne porte.

J’étais dans la maison en carton comme ils l’appelaient. Tout était grand ouvert. Plus tard, j’en saisirais toute l’improbabilité. Je suis plutôt du style à tout fermer, je crains la chaleur, les moustiques, le pollen, le vent, tout ce que l’air du dehors véhicule comme nuisance. Mais sur le moment tout semblait en ordre. J’étais dans le salon et les Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | La bonne porte.→

arts de la fiction #01 | sous le soleil

Je suis sur le sable ; le soleil au zénith. Je suis assise sur le sable, mes pieds s’enfoncent dans la chaleur. Le paysage devant mes yeux est immense. Les contours de la crique débordent mon regard. Continuer la lecturearts de la fiction #01 | sous le soleil→

arts de la fiction #01 | terre-entrailles

Je suis dans une grotte ; il fait nuit. Une lumière phosphorescente irradie sur les concrétions, sans que j’en puisse déterminer la source. Des chandelles de roche montent du sol, des conques s’ouvrent ; toutes sortes d’organismes semblent suspendus, figés dans une matière cireuse, tenant à un fil de calcaire. Sur un fond ocre et beige, le rouge de l’hématite Continuer la lecturearts de la fiction #01 | terre-entrailles→

#construire #05 (2) | à claire voix- jalousies

Éphélides de poussière en contre-jour. Porte fenêtre grand-ouverte mais jalousies. Souvenir de pas sur le gravier: œil se dessine une robe de fleurs pâles, c’est peut-être un tablier bleu qui passe. De grands platanes à claire-voie pèlent ; entre la chaise et le miroir ombres en jeu d’eau. Grillons, mouches, guêpes ; un chœur d’insectes fait front. Œil écoute et Continuer la lecture#construire #05 (2) | à claire voix- jalousies→

Boost #11ter | À travers les ruines

Je suis resté ici quand tout le monde était déjà parti. Ils couraient vers les hauteurs, comme si là-bas il pouvait y avoir quelque chose de neuf. Moi, je n’ai pas bougé. Je suis resté au bord du vide. Ce n’est pas que je n’aie pas eu peur. C’est juste que j’ai su, tout de suite, que ça ne changerait Continuer la lectureBoost #11ter | À travers les ruines→

#boost 11bis | les bruits dormants

Nous sursautâmes – nous venions juste de nous endormir – et nous nous levâmes. Je soulevai mon corps assoupi, pesant, il ne fallait pas rester là, abandonnée dans le sommeil, à la merci de. Alors je portai mon corps lourd et flottant avec un début de rêve blotti contre mon torse. Comme chaque nuit, je descendis l’escalier de bois en Continuer la lecture#boost 11bis | les bruits dormants→

#boost #11bis avant après | un cheval dans ton rêve

Le soir les appelait. Il suffisait d’éteindre pour qu’ils entrent. Une fissure, presque rien, un trou d’épingle entre deux lattes de parquet : ils passaient ; c’était sûrement être de l’obscurité qu’ils naissaient ; elle les sentait plus qu’elle ne les voyait. Au début elle fut comme pétrifiée : elle décida de se défendre, elle battit l’air avec ses bras comme on Continuer la lecture#boost #11bis avant après | un cheval dans ton rêve→

#Boost #11bis | Jusqu’à l’effacement

Nous avons fermé les yeux. Juste un instant. Pour espérer, pour ne plus voir. C’est là que le rêve s’est déplié en nous. C’était un espace sans bords, sans murs. Un lieu tapi dans l’interstice. Le déclenchement secret entre deux pensées, deux alternatives, dans une ville qu’on croyait connaître. Ce n’était pas l’espace qui se dilatait, mais le lien entre Continuer la lecture#Boost #11bis | Jusqu’à l’effacement→

#Boost #11 | Incantation nuit

Nous nous retrouvions à tâtons dans l’obscurité. La nuit de nulle lune laissait quelques ombres se profiler. Je percevais ton corps avant de te toucher. Nous comptions les marches qu’il nous fallait descendre. En bas de l’escalier, nous entendîmes nos pieds déraper sur les pierres. Nous nous glissions en terrain neutre, l’humidité enveloppait nos joues. Nous gardions nos mains tendues. Continuer la lecture#Boost #11 | Incantation nuit→