A propos de Laure Humbel

Arachnophile, je tisse avec la matière des mots. Dans l’écriture je creuse la question du rapport sensible au temps, le lien entre l’histoire collective et l’histoire personnelle, le passage du temps. Quelques publications en recueils collectifs, un roman graphique, "Fadia Nicé ou l'histoire inventée d'une vraie histoire romaine" (http://fadianike.blogspot.com), un autre roman en attente de publication, plusieurs projets en cours et des milliers d'envies. Quelques textes épars sur un autre blog https://carnetsdelaurehumbel.blogspot.com

Vers un écrire-film #08 | Patelles à Ouessant

Si j’étais peintre, je voudrais saisir la forme exacte des coquillages pyramidaux qui s’accrochent au granit sur les côtes battues par les vents, les vagues et les marées, forme unique et multiple à la fois, et reproduire aussi leur couleur d’écume. Je les chercherais, j’en découvrirais partout, dans les anfractuosités des rochers, près des flaques laissées par le jusant, affleurant Continuer la lectureVers un écrire-film #08 | Patelles à Ouessant

Vers un écrire-film #07 | Tout en faisant trotter ses petites bottines

Au premier étageC’est le temps très lointain de la petite enfance, un temps de souvenir presque inconscient et pourtant très précis. Il restait dans la ville de Caen un seul cheval et la carriole qu’il tirait. Longtemps avant qu’il entre dans la rue, on reconnaissait de loin le son unique des sabots sur le pavé, le choc de l’ongle sur Continuer la lectureVers un écrire-film #07 | Tout en faisant trotter ses petites bottines

vers un écrire-film #06 | du ralenti en littérature

Je peux faire courir deux fois plus vite mes doigts sur le clavier, rien ne me donnera prise sur la vitesse à laquelle ces lignes seront lues : à la différence de la projection d’un film, je ne peux contrôler le nombre de mots par seconde qui passera devant l’œil du lecteur. Je peux au contraire ralentir mon rythme d’écriture Continuer la lecturevers un écrire-film #06 | du ralenti en littérature

vers un écrire-film #05 | soubrette de carnaval

Je cherche à peindre ses cheveux, de dos, longs et lâchés, au moment où elle va passer la porte de l’hôtel. Elle a marché d’un pas décidé dans le jour à peine levé, la brume monte des canaux, son écho traverse l’hiver de la ville. Elle a des bottes, un imperméable à mi-mollet, elle porte des collants couleur chair. Le Continuer la lecturevers un écrire-film #05 | soubrette de carnaval

vers un écrire/film #04 | vain gesticule

la vague avale le bras levé la main levée vers, le haut, de l’eau, la vaine main, la vague ne, soulève plus, qu’elle, la vague, l’eau, ne porte plus assez haut, les lèvres l’épaule la peau, avale toute l’eau crache, se raccr- se raccroche à quoi la main, à l’air, la main, cherche, appui, sur, l’eau, sur la peau de Continuer la lecturevers un écrire/film #04 | vain gesticule

vers un écrire/film #03 | Technicolor

Le mur est gris. Les escalators aussi. Ce n’est pas le même gris. Le mur est plongeant. Les escalators aussi. Ce n’est pas le même plongeant. Le mur est en béton strié par les traces des coffrages. S’y n’y avait l’angle il serait vertical. Dans la mer ce serait un tombant. La Fourragère est une station des profondeurs. Le ciel Continuer la lecturevers un écrire/film #03 | Technicolor

écrire-livre #01 | géométrie de l’attente

Lignes brisées : à la préfecture Il pleut. La lumière orange des réverbères urbains se reflète éclatée dans les flaques de l’asphalte. Des gens attendent, serrés sur les marches qui mènent la porte close du « Bureau des Etrangers (sauf naturalisations), Direction de la réglementation et des libertés publiques ». Derrière la porte, le rideau métallique est baissé. Un panneau indique « 8h15-16h15 Continuer la lectureécrire-livre #01 | géométrie de l’attente

autobiographies #12 | Le magasin

Les gravures de mode. Les gravures de mode représentaient des femmes en deux dimensions, grises, le port altier, le regard droit, inexpressif, sans attentes ni désirs, même pas celui d’être admirées. En chignon en intérieur, parfois dehors en chapeau, les volants de leurs robes tout aussi gris, rarement rehaussés de couleurs très pâles comme sur les cartes postales de la Continuer la lectureautobiographies #12 | Le magasin