A propos de Laure Humbel

Dans l’écriture, je tente de creuser les questions du rapport sensible au temps et du lien entre l’histoire collective et l’histoire personnelle. Quelques publications en recueils collectifs, un roman graphique, "Fadia Nicé ou l'histoire inventée d'une vraie histoire romaine" (http://fadianike.blogspot.com) et un élan nouveau donné par ma participation aux ateliers du Tiers-Livre depuis l’été 2021. Je travaille actuellement à un projet de publication « Une piétonne à Marseille ».

#photofictions #01 | Bandes de sable

Bandes horizontales au format paysage. Sable, sable, sable, sable, dune où sont piqués des arbres rachitiques, ciel. Le grain du sable est grossier au bord de l’image, puis semé d’accrocs blancs qui sont cailloux et coquillages, rugosité pour la plante des pieds, et une tong en cuir est abandonnée là, à côté d’une canette écrasée et d’un autre déchet non Continuer la lecture#photofictions #01 | Bandes de sable

#40jours #40 | Une piétonne à Marseille

Table des matières Les micocouliersLe Jarret et la PlaineL’anniversaire de la CommuneSur la piste animaleLes beaux quartiersPour traverser la CanebièreMonumentalitéLe prénom des ruesGare d’ArencIl y avait un arbrePassant souviens-toiUne littérature de piétonÉlémentsLe vide des ruesLa ville et le désir J’ai hésité à vous emboîter le pas, car j’avais peur de ne pas réussir à mener de front l’écriture quotidienne de Continuer la lecture#40jours #40 | Une piétonne à Marseille

#40jours #39 | Bateaux mouches

J’ai souvent regardé le plan de Paris, avec la courbe de la Seine qui lui fait une bouche triste. Peut-être connaissais-je déjà la forme de la ville en bordure de laquelle j’habitais. Il en est ainsi des savoirs de l’enfance, qui sont loin d’avoir tous été reçus à l’école, nous les possédons, sans savoir le moins du monde quand ni Continuer la lecture#40jours #39 | Bateaux mouches

#40jours #38 | En deçà des seuils

Après avoir marché dans des quartiers un peu périphériques, à la Grognarde, à National, dans des quartiers cubiques, sur des dalles, des parvis, le long d’avenues larges qu’un terre plein sépare, le long de voies de tramways, autour du Brasilia de Boukobza et de la Cité radieuse du Corbusier, dans le quartier nouveau après la Joliette où se montent les Continuer la lecture#40jours #38 | En deçà des seuils

#40jours #37 | De mémoire

On dirait qu’on reviendrait. Qu’on aborderait la ville par l’eau. Que le bateau s’appellerait le Pharaon et qu’on débarquerait à la consigne sanitaire. On dirait qu’on n’aurait pas beaucoup de temps parce que le bateau bientôt repartirait – ou le train, qui sait. Le bateau serait à voiles, parce qu’autrefois (c’est-à-dire de nos jours) le transport maritime devenu trop polluant Continuer la lecture#40jours #37 | De mémoire

#40jours #36 | Cimetière Saint-Pierre

Un mur haut. Sans issue. Seul un portail d’entrée, un peu plus loin. En face, le dépôt des tramways. Ce n’est pas son embouteillage habituel. Elle est en vacances. Les enfants sont à la montagne, son mari aussi, elle va chercher un panier bio à la place d’une collègue. En revenant, elle prendra quelque part des œufs au chocolat parce Continuer la lecture#40jours #36 | Cimetière Saint-Pierre

#40jours #35 | Vers le nord

Autour de la gare d’Arenc, tout le quartier est en travaux. L’immeuble Le Mirabeau monte peu à peu entre la tour CMA-CGM et celle de la Marseillaise. J’ai téléchargé la brochure de présentation du projet à l’esthétique froide et aseptisée d’ancien film de science fiction où tout semble lisse dans une société sous contrôle, où les sourires sont figés, où Continuer la lecture#40jours #35 | Vers le nord

#40jours #34 | Langue de feu

Du balcon après les linges, après les jardins et les toits, au-delà des platanes où les cigales se sont tues, plus loin que les pylônes de la voie ferrée, que les pins du cimetière, que les cheminées du crématorium, au-delà des barres construites au moment des rapatriés, lingots d’or en fusion dans le couchant, après les taches vertes les taches Continuer la lecture#40jours #34 | Langue de feu

#40jours #33 | entre autres

Le quatrième étage ne porte plus les traînées de suie au-dessus des deux fenêtres de gauche. Nous étions au restaurant dans la rue d’à côté. Nous avons entendu les sirènes des pompiers et puis de l’ambulance. Inquiétude. Nous avons lu les journaux. Effroi. Les versions divergeaient. La maman s’est-elle vraiment jetée dans le vide avec son nouveau-né pour échapper à Continuer la lecture#40jours #33 | entre autres

#40jours #32 | Pour la première fois

Combler le vide du cœur en se remplissant les yeux du mouvement des rues qui fatiguent les muscles à force d’y marcher. Quel que soit le crachin, sortir. Déambuler encore au vent du soir. Rentrer toujours à pied. Se déplacer en personne – et jamais chemin n’est moins direct. À peine arrivé ressortir encore pour regarder, ou faire semblant, l’affichage Continuer la lecture#40jours #32 | Pour la première fois