A propos de Gilda Gonfier

Conteuse, paysanne, sauvage. Voir son site Cliquez ici

#chroniques #01 | Ferula asafoetida

1 | DU MONDE Un monde qui massacre ses femelles mérite d’être dévoré par toute la vie sauvage comme dans Le ventre de la jungle de Vilar Madruga 2 | LE RÉEL, LE RÉEL, ENCORE LE RÉEL Je sors du laboratoire. J’étais le numéro 498. Je passe devant le restaurant libanais. Le rideau est à moitié levé. Je vois dans Continuer la lecture#chroniques #01 | Ferula asafoetida

#chroniques #00 | Il la voulait massacrée

1 | DU MONDE Il y a 12 ans j’ai fait la connaissance de celle qui allait devenir une amie, Sylvaine Dampierre, en découvrant son film « Pouvons nous vivre ici? Elle raconte le petit village de Térébéjov, à 200 km de Tchernobyl. La catastrophe a contaminé les sols, les paysages et les gens. Les mesures de radioactivité jugées trop faibles Continuer la lecture#chroniques #00 | Il la voulait massacrée

#livre #01 | Sensacion termica

Le livre est rose. C’est un livre de fille. Il y a la couleur rose et aussi deux petites fleurs blanches sur la couverture. L’une à côté du nom de l’éditeur (Libros del Asteroide) et l’autre à côté d’une femme assise comme au bord d’une piscine, tout sourire avec ses lunettes de soleil et son maillot de bain une pièce Continuer la lecture#livre #01 | Sensacion termica

#construire #04 | nous disparaissons entre les lignes.

Nous errons la peur au ventre dans les archives. Nous n’avons pas tant peur d’y découvrir une liste d’atrocités que de nous laisser happer par l’énonciation. La langue de l’énonciation est celle de celui qui a le pouvoir et ne questionne jamais sa manière de voir le monde et de l’ordonner. Nous parlons cette langue. Quand nous disons que nous Continuer la lecture#construire #04 | nous disparaissons entre les lignes.

#construire #03 | La peur de mourir

Je porte avec discipline mon corps chaque jour à la clinique. Je savoure l’instant où je m’assiérai nue sur le tabouret en bois et attendrai que Rohit revienne et se tienne derrière moi avec l’huile dont il enduira mon crâne pour le masser, puis les épaules, puis tout le corps quand je m’allongerai sur le ventre au milieu de la Continuer la lecture#construire #03 | La peur de mourir

#construire #02 | Dans le son

Puttu, appam, idiyappam, idli. Le petit-déjeuner au Golden Sands est servi à huit heure dans de grandes soupières en argent avec couvercles, sur des tables collées drapées de satin violet. Mon porridge est blanc. La clinique du docteur U est rouge. Ma chambre est jaune et à la plage, le bleu de la mer domine toutes les autres couleurs. Je Continuer la lecture#construire #02 | Dans le son

#construire #01 | Le jour commence

Assise sur le banc au début de la plage, j’attends au pied du phare de Kovalam, le lever du soleil. À ma gauche, il y a le restaurant Fusion où j’ai pris mon premier repas en arrivant et à ma droite les lignes d’écume blanches des vagues dans la nuit qui n’annonce pas encore sa fin. Il est près de Continuer la lecture#construire #01 | Le jour commence

#rectoverso #05 | Lucile

Le 14 juillet 1838, Douillard Mahaudière, propriétaire d’une plantation à la Guadeloupe, fait enfermer dans un cachot Lucile, son esclave qualifiée de mulâtresse et âgée de 40 ans. A la suite de 22 mois d’enfermement, son embonpoint fit place à une affreuse maigreur» déclare un témoin lors du procès à l’encontre de Douillard-Mahaudière, accusé de châtiments excessifs envers son esclave Continuer la lecture#rectoverso #05 | Lucile

#rectoverso #04 | le fond du gouffre de l’Histoire

Pour recomposer la mémoire de ma filiation, je procède à une collecte dispersée, ténue, d’éléments, disparates, vagues, disjoints. Je me frotte à l’archive et à ses silences. Je cherche à les apprivoiser avec des mots que je juge maladroits, que j’efface, que je n’ose aligner. Je dis je ne sais pas. Je dis je ne peux pas. Je jette des Continuer la lecture#rectoverso #04 | le fond du gouffre de l’Histoire

#rectoverso #03 | L’inventaire du vide

Il y a le tuyau gris de descente cassé béant couvert de mousse, son collier rouillé qui ne fixe rien et les gouttes qui suintent au petit matin et sèchent à midi Il y a les herbes folles, elles brouillent la géométrie du jardin Il y a le manguier au milieu de la pourriture de ses fruits par terre que Continuer la lecture#rectoverso #03 | L’inventaire du vide