#enfances #lire&dire | L’Heure de goûter (ou comment faire l’enfant) – 9

notes en #09 Texte notes en #08 Texte 8.1 Texte 8.2 Texte 8.3 notes en #07 Texte 7.1 Texte 7.2 notes en #06 Texte 6.1 Texte 6.2 Texte 6.3 notes en #05 Texte 5.1 Texte 5.2 Texte 5.3 6 | Murobiotes : le rouge, le noir | photopersos © Will | 20231121_112210, 20231121_112336 notes en #04 Texte 4.1 Texte 4.2 Texte Continuer la lecture#enfances #lire&dire | L’Heure de goûter (ou comment faire l’enfant) – 9

#enfances #04 | pleins et vides

Dans la lumière blanche du petit matin, ça vous tombe dessus comme un jour de fête. 38°4, tu restes à la maison je vais appeler le docteur. La porte refermée, pelotonné dans des draps moites, malgré la toux la fièvre les courbatures on apprécie la bonne nouvelle. Songer aux camarades qui à cette heure préparent leur cartable avant de s’engouffrer Continuer la lecture#enfances #04 | pleins et vides

#enfances #04 | Walter Benjamin, un petit 38

Industrieux versus industriel Un décompte de Noël Ne pas aimer Noël. Ne rien attendre de. Un salon, marocain. A l’époque, surtout un salon à refaire, à refaire, à refaire. Comme si les tissus eux-mêmes ne voulaient pas être là. Toujours enlever les coussins, décaler les banquettes, tendre les tissus, remettre les coussins. Un instant plus tard, recommencer, toujours. Enlever les Continuer la lecture#enfances #04 | Walter Benjamin, un petit 38

#enfances #04 | Otite

En équilibre dans la chambre aux tons clairs remplie de grands livres ouverts dans une lumière que tamise de lourds rideaux protecteurs. Là, brodés, dansent les animaux familiers, se suivent toujours dans l’ordre rassurant, toujours se répétant eux même.Tranquille, les suivre.Imaginer courir.S’endormir. S’éveiller suspendue horizontale et calme.Air feutré, tympans clos par « l’otite », retrouver sous l’oreiller la marionnette chérie, épagneul breton Continuer la lecture#enfances #04 | Otite

#enfances #04 | écarlate

Toujours gaie, elle court, saute, bouge, chante, jamais un problème, une santé de fer. Mais là, soudain, elle plane, fatiguée, abattue. Sur son corps apparaissent des plaques rouges, ça gratte, ça pèle, ça la rend irritable. Le docteur passe en courant, grosse fièvre, contagion assurée. Désinfecter, isoler. Elle écoute sans comprendre, trop petite. Maman est là, veille, restera là. Papa Continuer la lecture#enfances #04 | écarlate

#enfances #04 | Vocation

La boîte de Pulmoll rouge cachée derrière les bouquins, l’avaler toute entière. Croquer chaque pastille, en faire du caramel qui colle aux dents. Se dire que cela rendra malade, forcément. Dire, d’une voix neutre : je me sens pas bien. Avoir entendu qu’un virus circulait, qu’ils tombaient tous comme des mouches, les enfants. Alors, rester allongé dans son lit, des Pulmoll Continuer la lecture#enfances #04 | Vocation

#enfances #04 | Le temps du lait chaud et du gâteau de semoule fait maison

Dans le regard de ma mère passait un éclair d’inquiétude qu’elle enfouissait rapidement au fond d’elle-même. Dans ces moments-là, elle se pinçait les lèvres sans s’en rendre compte. Elle ne disait rien, elle questionnait à peine. Elle s’approchait armée de son thermomètre au mercure et si nécessaire devenait « la reine du suppositoire1 ». Elle s’asseyait, gardait le dos droit contre le Continuer la lecture#enfances #04 | Le temps du lait chaud et du gâteau de semoule fait maison

#enfances #04 | Levain

Il y a le lit et la fenêtre et la couverture, un lourd couvercle, la faiblesse des membres, le verre d’aspegic, oui oui je l’ai bu, il est sous le lit le verre d’aspégic 250, parce que c’est pas bon, le lit est de bois blanc, il y a les lignes plus foncées qui courent sur le lit, juste au-dessus Continuer la lecture#enfances #04 | Levain

#enfances #04 I vacance

Vacance. Pas les plurielles, les officielles, les collectives, avec leur rituel (le sapin, les cadeaux à Noël, les pistes de ski en février, le bord de mer l’été), non, la chipée, la surnuméraire, celle rien que soi, tandis que dehors le monde continue de s’agiter. Pas d’embouteillage, de programme, d’activités, rien. Du temps. Rester au lit. Être autorisée à rester Continuer la lecture#enfances #04 I vacance

#enfances #04 | Les jeux du corps

Là où les mots ne peuvent être entendus, le corps exulte. Une fillette. Aussi transparente qu’une larme. Ses yeux fouillant les regards perdus au-delà de sa présence. Ce corps, son corps, entend, ce corps, son corps, voit, goûte, sent, touche. Mais ce corps – son corps, cette fillette, elle, moi – n’existe pas. On ne l’entend pas. On ne le Continuer la lecture#enfances #04 | Les jeux du corps