#chroniques #01 | un monde qui

1 | Un monde qui… Anaphore en vue. On pourrait en lister « des mondes qui… », mais par crainte d’être trop pessimiste je préfère ne pas. L’inverse serait également possible. Un monde qui saurait se relever de ses blessures ne peut révéler que sa beauté. … À voir ! 2 | Au carrefour de soi | La gare de Dax J’attends sur un Continuer la lecture#chroniques #01 | un monde qui

#chroniques #00 | prologue

1 | Le monde et l’impression que rien ne change « Mais imagine un homme qui sait. Il voit le monde comme il est et il se reporte à des milliers d’années en arrière pour comprendre comment c’est arrivé. Il observe la lente accumulation du capital et du pouvoir et la voit aujourd’hui à son apogée. L’Amérique lui apparaît comme une Continuer la lecture#chroniques #00 | prologue

#01bis Le livre comme fiction | La lecture du geste

…le livre tenu avec le pouce coincé dans la pliure, calé par la main gauche tout entière, un crayon dans la main droite, ou livre tenu des deux mains, le crayon jamais loin, l’habitude de mettre une petite croix à côté d’un passage qui m’interpelle plus fort que le reste en vue d’une prise de notes, notes trop rarement couchées Continuer la lecture#01bis Le livre comme fiction | La lecture du geste

#02 Le livre comme fiction | Voyager sans parler à quiconque

Il y avait, dans mon enfance, une mappemonde, récupérée ou offerte, peu importe, je ne sais plus où ni par qui, ça n’a pas d’importance. Il y avait peu de livres à la maison, un dictionnaire dans lequel je me perdais parfois comme dans une forêt, le bottin épais comme une bible, deux ou trois bibliothèques vertes au dos craquelé.Il Continuer la lecture#02 Le livre comme fiction | Voyager sans parler à quiconque

#mardis | La trace des gens ordinaires

Deux hommes ordinaires | pris dans le tissu du temps | sans se connaître, sans se croiser, sans laisser de trace l’un vers l’autre | séparés par quatre nuits d’intervalle | entre eux la Méditerranée, le froid, la pluie fine sur un corps qui ne respire plus | rien qui ressemble à un lien,sinon qu’on les a oubliés pareil. 1920 Continuer la lecture#mardis | La trace des gens ordinaires

#mardis | Faits courants… un peu trop

Un retraité de soixante-sept ans ouvre le feudepuis sa fenêtre sur des enfants qui jouaientdans la cour de l’immeuble.(14 avril 2021) Il fait beau. Un bel après-midi, ordinaire, un après-midi de mercredi, le soleil éclaircit les murs de béton, les bacs à sable sont vides depuis longtemps, la glycine contre le mur du local poubelles qui fleurit chaque année, sans que Continuer la lecture#mardis | Faits courants… un peu trop

#01 Le livre comme fiction | Le livre retrouvé

La Femme de trente ans entre les mains, l’un des rares ouvrages qui ait survécu aux années, aux déménagements, aux tris impitoyables ou désabusés. Un livre de poche, un Folio, rescapé de ma scolarité, certainement étudié au lycée ou en fin de collège. Les pages sont jaunes, elles ont la texture d’un vieux buvard. Toutes ces marques sont celles du Continuer la lecture#01 Le livre comme fiction | Le livre retrouvé

#construire #12 | L’innommable fleuriste

Je suis dans la boutique, ou ce qui ressemble à une boutique, rue de quelque chose, Paris, Paris XVe. On me parle, on m’interroge, on me dit des choses, je ne sais plus depuis combien de temps on me dit des choses, soixante-quinze ans qu’on me dit des choses et moi je coupe, je coupe les tiges à la longueur qu’il Continuer la lecture#construire #12 | L’innommable fleuriste

# mardis | Manganelli | Nuits

I. L’enfantCette nuit, un enfant de dix ans étendu sur son lit. Le lit est collé contre le mur de la chambre. Le garçon ne dort pas. Il lui faut traverser la nuit. Il a les yeux ouverts sur l’obscurité, et celle-ci lui offre en retour des étoiles de plastique luminescentes, reliques d’un après-midi où son père avait cru résoudre Continuer la lecture# mardis | Manganelli | Nuits

#mardis | Laura Kasischke, faire parler un mort au je | Eternel regret

Je n’avais jamais osé en parler avant. Avant quoi, exactement ? Avant ceci. Avant d’être là. On ne se présente pas ici de son plein gré.Je vous remercie de me convoquer, convoquer est le mot juste. Vos pensées m’appellent et me suffisent. Je vous remercie de me laisser raconter quelque part ce que je n’ai jamais pu laisser transparaître dans cette Continuer la lecture#mardis | Laura Kasischke, faire parler un mort au je | Eternel regret