#06 bis arts de la fiction | mardi 03112026 | Pour eux je viens à pas plus doux

© KBS, nuit Nice, pleine lune, oct 2026

Pourquoi chaque jour, je reprends ma marche. Tous les matins, la ville s’éveille sans moi, ou plutôt malgré moi, comme une dormeuse qui ignore qu’on veille à son chevet. Les rideaux de fer remontent avec un fracas d’orage, les cafetières crachotent leurs premières confidences, les cartables courent. Je longe les mêmes rues, les mêmes trottoirs fendus où l’herbe pousse, frêle Continuer la lecture#06 bis arts de la fiction | mardi 03112026 | Pour eux je viens à pas plus doux→

#06 arts de la fiction | Les cloches sonnent une heure qui n’existe pas

J’entre dans la ville sans rencontrer personne. Personne ne me connaît. Je n’ai nul voisin, nul ami, même les chiens n’aboient pas sur mon passage. Ils se couchent et gémissent tout bas. Je suis une ombre parmi des milliers, la seule que le soleil n’a pas dessinée. Dans les vitrines, les passants trouvent leur reflet. Moi, j’y trouve la rue Continuer la lecture#06 arts de la fiction | Les cloches sonnent une heure qui n’existe pas→

#05 arts de la fiction | Entrer dans une maison inconnue

Les talons de la femme vacillent sur le chemin pierreux alors qu’elle suit l’enfant. Ses chevilles osseuses se tordent sur les cailloux. Elle écarte un peu les bras pour garder l’équilibre, comme une funambule maladroite. Elle s’approche du bord du chemin et sa jupe s’accroche aux ronces. Devant elle, l’enfant avance d’un pas sûr, presque léger. Ses cheveux de couleur Continuer la lecture#05 arts de la fiction | Entrer dans une maison inconnue→

#04 arts de la fiction | Sophie G Lucas | qu’il lui avait fallu toute une vie pour le découvrir 

— qu’elle était tout le temps à se rendre disponible, s’oubliant la plupart du temps dans l’agitation intérieure des autres, des angoisses lâchées en fin de phrases et avalées à grandes goulées, respirées dans les gestes, aimantées à son esprit bien malgré elle, qu’elle était toujours occupée même quand elle était assise et semblait ne rien faire, que déjà à l’intérieure Continuer la lecture#04 arts de la fiction | Sophie G Lucas | qu’il lui avait fallu toute une vie pour le découvrir →

#02 arts de la fiction | Transit en gare d’Angers

Une heure à attendre le train pour Ancenis. Je trouve une place assise, j’ouvre mon livre et je ne le lis pas. Je regarde les gens. Une femme pousse un chariot. D’un âge certain, ai-je d’abord pensé. Pas tant que ça. Soixante-dix ans et des brouettes, et elle tient debout comme un piquet. Une vaillante. Sur le chariot, un sac Continuer la lecture#02 arts de la fiction | Transit en gare d’Angers→

# mardi 13102026 | gros plan | Tragédie anatomique

La salle est noire. L’écran est immense. Un visage. Rien que lui.L’émotion dans le regard, au coin des lèvres. Propulsée jusqu’à la rétine.Une main entre dans l’image. Une main monumentale. La pulpe des doigts sur la bouche. Je sens les doigts.Sur quelle bouche, je ne sais pas.Son souffle sort des enceintes, derrière moi. Tout près de ma nuque.Je l’entends respirer. Continuer la lecture# mardi 13102026 | gros plan | Tragédie anatomique→

#04 chroniques d’été | 1-4-5

1/ Le Monde Honnis soient les discours qui remontent le temps trop vite, trop mal.Bénit soient la résistance par les mots, la lecture et l’écriture. À tout prix, garder l’esprit libre. 2/ Le réel | Le carnet 3/ Ecrire | Voyage en taxi 4/ Joséphine Extrait« Entre la première bouchée et le café, Joséphine et Elias se sont à peine parlé ou Continuer la lecture#04 chroniques d’été | 1-4-5→

#chroniques #07 | Supposons qu’un jour la Mongolie

1/ Du mondeOui au monde, mais davantage le matin que le soir. 2/ Réel ou prémonitionSupposons que les milliers de satellites, plus nombreux que les étoiles filantes retombent sur terre, loin de tout, dans les mers, dans les déserts, ou sortent de leur orbite et voyagent vers l’infini.Supposons que les câbles sous-marins qui relient internet d’un continent à l’autre soient Continuer la lecture#chroniques #07 | Supposons qu’un jour la Mongolie→

#chroniques #03 | à l’intérieur nulle frontière

1/ du monde écoute sans faire le tri,à l’intérieur il n’y a nulle frontière,l’univers est grand 2/ captations hasardeuses il accompagnait sa femme tous les matins au bureau en voiture, à 7 h 30… elle travaillait au ministère de l’Agriculture | Léonard, tu te décales… tu vois la dame venir en face de toi, tu te décales | un sandwich au poulet Continuer la lecture#chroniques #03 | à l’intérieur nulle frontière→

#chroniques #02 | Restituer le monde

1/ Du monde Comment résister sans se trahir ? 2/ Un lieu du passéSur la gauche de cette grande pièce, il y avait avec un renfoncement où était placé, le lit une place et demie, une petite commode et un petit bureau sur lequel il y avait un vieux mac à disquette sans disque dur. Mon premier ordinateur. Au centre de Continuer la lecture#chroniques #02 | Restituer le monde→