#03 | Avec Koltès, une histoire à montrer

DÉCOR 1 | L’APPARTEMENT  À Roanne, le jeune couple loue un petit appartement au premier étage dans la rue Voltaire, entre la rue Jean-Jaurès et la rue Centrale, près des bords de Loire. L’entrée sombre exige un éclairage et c’est la concierge équipée d’une lampe à pétrole qui les accompagne dans les escaliers. Il faudra toujours en passer par elle Continuer la lecture#03 | Avec Koltès, une histoire à montrer→

#arts de la fiction #06 # brouillon

J’entre de nuit dans la ville 
 Il y a cette lumière louche en douche, à l’angle Je vois la ville dans ce halo, immobile
 Et tout le noir autourHello! c’est moi
Je me cogne — la saillie de sa hanche peut-être— à cette ville encore abstraite 
Son grand corpsDerrière une fenêtre quelqu’un danse
Je vois la ville comme un océan d’encre Continuer la lecture#arts de la fiction #06 # brouillon→

arts de la fiction #06 | diatypose, hyperbate et ressassement

— j’entre de nuit dans ma ville… et mes habits sombres… les blocs de tourmaline échangent avec l’onyx et le pétrole, lorsque le clair-obscur de l’aveuglement des feux me fait oublier le froid de l’automne, et la nuit-tombée, la ville s’arcboute dans un magma urbain, s’aboutit dans la métropole, puis à rebours, tente d’être, terreau sans flore, sans faune et sans écho, Continuer la lecturearts de la fiction #06 | diatypose, hyperbate et ressassement→

#arts de la fiction #06 | transversale

j’entre de nuit comme je peux dans cette ville qui n’est pas la mienne voici mes pas dans d’autres pas, les lames du tram dans la travée des larmes et rien d’autre que le désir d’apprendre par où tu es passé bien avant mais les bâtiments où sédimentent des bureaux vides la nuit sont muets le froissement du dernier métro Continuer la lecture#arts de la fiction #06 | transversale→

# arts de la fiction #06 | corruption

— j’entre de nuit dans ma ville mensonge. Tout y est faux. Le jour n’y change rien. Au contraire, chaleur et lumière accroissent son mentir, révèlent la fausseté de ses parures et de ses fleurs, les privatisations de sa longue plage de galets hostiles. — j’entre dans ma ville sans savoir comment elle finira. Détruite dans le séisme qui l’attend Continuer la lecture# arts de la fiction #06 | corruption→

#arts de la fiction #6 | finir par les sons nocturnes

J’entre de nuit dans ma ville sur pilotis. C’est une ville étagée posée sur marécage, comme une pièce montée attend sur une table de banquet. La nappe est un feuillage tordu de branches et des tiges montent de l’eau, vertes sur vert, et même le noir est vert, il n’y a pas d’espace qui ne soit pas rempli de veines Continuer la lecture#arts de la fiction #6 | finir par les sons nocturnes→

# 06 arts de la fiction # Indices pour un récit

France Culture – Les Pieds sur terre du 28/10/2026 – Reading in Gaza « C’est au théâtre que, à partir du manque, on donne tout à voir » Savannah bay, c’est toi -film de Michelle Porte, INA, 1984. DISPOSITIF Regarder alternativement des images projetées sur un mur à gauche et, au même moment, sur un mur à droite. Des voix s’entremêlent à Continuer la lecture# 06 arts de la fiction # Indices pour un récit→

#02 | arts de la fiction | Tant pis pour le bruit des talons

Depuis de longues minutes, elle fait les cent pas sur un quai quasiment désert. Elle tente de calmer son angoisse devant la nuit qui vient. Ses talons claquent sur le béton, ils la désignent « femme-au-milieu-de-la-nuit-s’agaçant-d’-un-train-qui-ne-vient-pas ». Elle troue le silence insupportable de l’attente et s’insupporte de son manque de nonchalance, de son incapacité à se couler dans le moule de la résignation. Continuer la lecture#02 | arts de la fiction | Tant pis pour le bruit des talons→

#01 | arts de la fiction | à quoi rêvons-nous la nuit ?

Ça se passe une après-midi dans la montagne. Dans un lieu familier mais que je ne saurais nommer, que je ne reconnais pas instinctivement. Une atmosphère blanche, nostalgique, et de la détresse dans l’air. Je suis debout devant des tables en bois brut qui débordent de tissus décolorés, tellement râpés qu’on les dirait sales. Ils sortent du lavage pourtant, ils Continuer la lecture#01 | arts de la fiction | à quoi rêvons-nous la nuit ?→

#05 arts de la fiction | Entrer dans une maison inconnue

Les talons de la femme vacillent sur le chemin pierreux alors qu’elle suit l’enfant. Ses chevilles osseuses se tordent sur les cailloux. Elle écarte un peu les bras pour garder l’équilibre, comme une funambule maladroite. Elle s’approche du bord du chemin et sa jupe s’accroche aux ronces. Devant elle, l’enfant avance d’un pas sûr, presque léger. Ses cheveux de couleur Continuer la lecture#05 arts de la fiction | Entrer dans une maison inconnue→