#LLCF #06 | Robert-Louis, Alexandre, Enid et les autres

Je me souviens de l’appartement et de mes lectures d’enfant. L’appartement était immense aux yeux de l’enfant. Je dis « l’enfant », à cause de son premier prénom, identique à celui du père, et du second, qui était celui de la mère. On lui avait certes assigné un genre, qui lui faisait fréquenter l’école des filles et porter des jupes. Mais quand Continuer la lecture#LLCF #06 | Robert-Louis, Alexandre, Enid et les autres

le livre comme fiction | #01, le livre comme description

le livre comme fiction | #01, le livre comme description C’est un livre court et épais dans ma paume d’enfant de 12 ans, qui tombe comme un gros pavé mou dans la main.Il est en forme de rectangle. La couverture, lisse, brille lorsqu’on passe le doigt dessus. Elle n’est pas très belle. Deux bande verticales s’étirent côte à côte, l’une Continuer la lecturele livre comme fiction | #01, le livre comme description

#Livres #06 #07 #08 – Divagations.

Elle m’a tendu le livre en disant :  » Tiens, ça c’est complètement toi !  » Elle a déposé le livre. J’ai regardé la couverture Madame Bovary de Gustave Flaubert. Je l’ai lu. Et je n’ai pas compris. Je l’ai lu. Et je ne me suis pas vue. Je n’étais pas. Je n’étais pas. Je n’étais pas Emma. Je n’avais Continuer la lecture#Livres #06 #07 #08 – Divagations.

#livre #07 | creuser le perdu

Je l’avais promis, du moins je me l’étais promis —que je le garderai toujours— comme en amour, murmuré: jamais, toujours. Ce poche qui s’effeuillait. Aux pages si légères, à peine encrées, quelques signes, comme une colonie de fourmis sur le papier jauni. Toujours, oui. Ses phrases qui fulguraient et vous restaient en tête. Aphorismes?sentences? Eclairs : énigmes. Ce poche qui se Continuer la lecture#livre #07 | creuser le perdu

LLCF_#05 | Feu de joie

Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné…Paul Eluard Je me souviens des boîtes à livres. Il y en avait une sur la petite place, devant mon école. Elle était collée, comme nichée contre le tronc d’un platane. Une sorte d’armoire en bois peinte en gris, haute et profonde, avec quatre étagères. De chaque côté, des planches fixées verticalement donnaient l’impression Continuer la lectureLLCF_#05 | Feu de joie

# Le livre comme fiction 05 # Niches

Le mot est là dans le droit de l’Ancien Régime, nu et technique, exposer un enfant, on ne dit pas abandonner, on dit exposer, comme on dit exposer un tableau, comme on dit exposer un argument, mettre à la vue de, soumettre au regard de, confier au monde ce qu’on ne peut plus garder. La tour était le dispositif, un Continuer la lecture# Le livre comme fiction 05 # Niches

# le livre comme fiction#06 Interdits

Au départ, c’était plutôt le dessin. Les longues après midi tranquilles dans la cuisine et le bruit du pinceau trempé dans le verre d’eau. Tenter de faire aussi bien qu’elle. Penser y être parvenue. Elle a quatre ans de plus, on s’illusionne. Plus tard elle sera la chouchoute de son prof de dessin et on sera celle des profs de français Continuer la lecture# le livre comme fiction#06 Interdits

#livre # 06 | Le livre et l’assassin

— Va te coucher, Léo. Va te coucher, je vais te lire une histoire. Mme Chautard voulait tuer son chat. Il était malade. Léo aimait bien les histoires de façon générale. Elles l’aidaient à s’endormir. Il entrait dans les histoires accompagné par la voix de sa mère. Une voix douce et tendre dans laquelle il se lovait pour laisser aller son imagination. Continuer la lecture#livre # 06 | Le livre et l’assassin

# livre comme fiction # 06 | à travers elle

Rien n’est certain. J’ai entre dix et onze ans, il y a bien là une charnière — un domaine quitté pour toujours. Puis un autre, un inconnu qui m’encercle. Les granges de l’autre cour n’ont pas encore brûlé, les parents n’ont pas expliqué pourquoi le déménagement et je suis perdue — tu as de la chance, tu as un an Continuer la lecture# livre comme fiction # 06 | à travers elle

le livre comme fiction #06 (1) I Pourquoi je n’ai jamais réussi à lire Jules Verne

Ils disaient  :  touche pas aux livres de ton frère, ce sont des livres pour garçons. Je regardais les quelques Jules Verne alignés derrière la porte vitrée de la petite bibliothèque en bois sombre posée contre le mur granité qui courait jusqu’à l’immense fenêtre orientée nord – toujours froide même en été – avec derrière, en contrebas,  le pré de Monmon Continuer la lecturele livre comme fiction #06 (1) I Pourquoi je n’ai jamais réussi à lire Jules Verne