#carnets individuels | Piero Cohen Hadria

17/11/2022 : d'accord c'est le bazar 

- 21/12 : d'accord de plus en plus - je vais mettre les codicilles en fin histoire de ne pas trop plomber l'entrée

13/11/2022
toi qui entres ici sois le/la bienvenue

quelques trucs réglés - d'autres à venir - en vrai on n'enlève rien mais on règle un peu

24. attends une seconde
Un type est appuyé sur le coffre d’une voiture bleue – grosse teutonne assez usée il attend – il porte une casquette bleue (probablement en laine ou feutre qui rappellerait peut-être le tarbouche) une écharpe dorée (achetée à Chypre ou Istanbul) un blouson de cuir muni style aviateur d’un col de fausse fourrure, noir un pantalon bleu (jean) des chaussures montantes, le type attend et en vient vers lui un autre qui porte un costume bleu comme on fait maintenant des chaussures noires et pointues une chemise blanche – le type appuyé lève la main droite en signe de dénégation, l’autre approche – il porte des mitaines de laine rouge bordeaux et derrière lui, on discerne la vitrine d’une officine de radiographiealors appuyé contre sa voiture, main droite ouverte et levée en forme de refus le type attend et l’autre vient vers lui et dit « non mais attendez, je veux juste vous demander vous savez faire un nœud de cravate ? » : dans sa main droite, roulée, une cravate noire «  parce que je passe un entretien d’embauche et il faut mettre une cravate hein, non ? Sinon ça va pas le faire hein ? »

23. juke box
Track 14 – 4| Antinoüs 77| Track1 3| My oh My 145|Quand on arrive en ville 109| Città Lunga 23|Don’t think Twice 135| toujours les mêmes chansons toujours les mêmes chanteurs chanteuses compter compter sur eux et elles (Cesaria tes pieds nus ton whisky, Anna-Maria Amalia, Pauline Cora tant d’autres)|Invitation To The Blues 141|Partir 195| Paris Mai 102| Qu’est-ce que t’en dis 190| Le parc Belmont 31| Cosney Island Baby 76| c’est sans ordre ça ne compte pas et c’est sans importance

faire partie d’un tout sans doute – c’est égal c’est sans importance une seule occurrence on peut encore supporter – il me manque une image,peut-être au hasard compter la tantième du “dossier” photos améliorées (il en est 13 par ligne)

et la poser (ici la 111 arbitrairement ça tombe (évidemment) sur elle (mais elle ne chantait pas pour nous) Anna, sur une image de sa prestation, son rôle, son interprétation de La voix humaine (Roberto Rossellini, 1948) (le film, intitulé L’amore est en deux époques, La voix humaine donc et Le Miracle)

je me souviens des cours de théâtre pris du côté de SGDP, les “Pierre ta chanson” mais aussi ce texte formidable (une autre, pour la route)

et puisque ce sont des chansons celle-ci (posée en commentaire je crois chez H.) pour vous en ajouter quelques uns

22.bis et puis ce soir (Venise rôde)

ce doit être une dédicace mais je ne sais plus exactement à qui (quelqu’un.e à la 22 – probablement plutôt celui de JPS pour ici, je suppose)
aussi en dédicace à celui – ou celle – qui a abandonné lâchement un des romans de madame Léon et à Brunetti
et cette dernière,dédicace d’or déjà offert – image prise sans que je le sache ou le veuille, mais que j’accepte comme un de ces signes bouleversants ces temps-ci,

22. pas gentil (mais ça reste un carnet)

(il y a un livre que j’aimerai bien offrir mais je ne l’ai pas encore lu, il est écrit par une femme qui parle de la mort de son mari, une femme que j’aime encore assez bien – elles sont, c’est vrai, légion – le titre m’attire ou m’a plu ou ce qu’on m’en a dit ou que j’en ai lu, quelque chose qui est là, quelque part, et qui marque montre indique désigne signifie ce qu’on ressent)

ce n’est pas que je ne fasse pas attention à ces choses-là mais elles ne m’appartiennent pas, elles sont là, laissées par son fils – c’est un type que je ne connais pas (son fils, oui) – je passe devant quelques fois par jour (c’est dans le couloir), elles ne m’appartiennent pas mais j’y vois fréquemment des appels (il y a par exemple une grande collection de ces « poètes d’aujourd’hui » de chez Seghers – c’est pour dire que le type n’était pas complètement abruti) il y a aussi de ce genre de littérature qu’on abhorre (enfin moi), on lui pardonne parce qu’elle dispose (dit-on) d’un style (le genre immonde qui commente et écrit, certes, et parle bien sûr, dont on a, de nos jours aussi, évidemment, quelque exemple) alors on en ferait quoi ? de celui-ci, par exemple, dédié à Elisabeth Craig (le nommer serait obscène) on va mettre l’image

– on me demande d’en faire quelque chose, mais il n’est pas à moi, s’il l’était je le déposerai

au coin de la rue en face du supermarché, juste là – à sa place – mais non, ce ne serait pas un cadeau – il est là, sur l’étagère du couloir, entre un de Paul Celan (La rose de personne édition bilingue) et un exemplaire unique, dédicacé, Musiques réalisé par l’auteur je le laisse où il se trouve je ne l’ouvre ni ne l’offre – ce n’est pas que je ne fasse pas attention mais je me souviens, les images croissent et me hantent, ces images-là je ne les ai pas connues, je ne les ai pas vécues, mais cependant quelques films m’en sont parvenus et quand même mon père n’en parlait pas c’est quand même là – et les livres, quelque part mais qui pourrait dire où, en portent déjà la trace

21. c’est non
résister ne pas écrire à ce sujet laisser aller passer le temps qui aplanit peut-être les blessures ou les cicatrisent et oublier oui oublier faire tourner la musique (ça ne tourne plus les trente-trois ou les soixante dix-huit c’est terminé ces tours) il y a une icône en bas de l’écran qui indique la répétition

ne pas poser la flèche le pointeur le symbole merdique (les symboles graphiques sont merdiques (est-ce leur essence ?) : d’ailleurs ça rime) ne pas faire répéter les chansons laisser tourner doucement reproduire encore Citta lunga la poser au journal continuer malgré tout et continuer encore ne pas lâcher (viens on s’en fout on continue) adorer le long commentaire de kiki et je danse je danse sur la terre que j’aime celle qui se gagne sur la boue

20. c’est un pré-texte

Dans la rue personne, le brouillard la pluie fine les lampadaires oranges personne

(

il fait nuit, on se croirait dans un film éclairé par Pierre Lhomme qui mettrait en scène des fumigènes exigés par Patrice Chéreau – d’ailleurs je vais aller voir Les Amandiers mais) je n’aime pas Nanterre qui me fait souvenir de mauvais moments –

(ceci est un carnet)

En attendant passage de véhicule estampillé italien

les bruits qui entourent la présence à l’écran de ce garçon ont aussi tendance à me faire préférer ne pas – tu verras ce soir) (il y a toujours cette affaire-là, les mœurs, qui se trame dans les appréciations – par exemple, il y avait un type qui léchait une vitre de voiture avec cette complaisance qu’on trouve aussi dans les films érotiques de ces années-là) (il ne me vient que taxi mauve mais non sans doute à cause cette Charlotte – il y avait aussi un Bruno) (cette esthétoque-là ETLC) l’ambulance criait et courait sur cette voie, elle était allongée là, un peu perdue, et je me suis souvenu tout à coup de ce qu’elle me disait un jour disant préférer mourir d’un seul coup,”dans un avion qui tombe et on n’en parle plus” – je n’aime pas Nanterre non plus parce que j’y suivis des enseignements profondément chiants (encore que le type qui les assénait m’ait fait connaître Leroy-Gourhan et ses outils – dédé de son prénom – on disait unité de valeur mais je ne me souviens pas que ce type-là ait été ethnologue) il y avait alors une jeune femme amusante qui écrivait un mémoire sur les films pornographiques – et une autre, magnifique, sur les salles de cinéma – je ne sais plus – j’écris ici mais je me trompe d’endroit –

en main ce petit papier empli de chiffres dont un onze soixante, froissé, mis en boule compacte, et introduit dans la poche monnaie du jean, dans celle poitrine de la chemise la carte bleue neuve (fabriquée par un marchand d’armes) qui expire en novembre vingt-cinq, le chiffre de son envers se lit dans les deux sens à base de neuf et de six

Téléphone Argent trop cher pourtant la vie n'a pas de prix pas de prix
Gian-Maria Testa Città lunga

19.

Tôt le pain encore chaud, vous pourriez préparer deux sandwich pour onze heures, on va partir – ah d’accord oui, dans le papier pas de film hein c’est ça – oui c’est ça merci je vais les payer – j’ai oublié la levure – pour la pizza – tant pis – avant ça je vais mettre de la paille aux pieds des arbres hein oui dak – il pleut, c’est pas ma faute à moi, les carreaux de l’usine sont toujours mal lavés (on disait le grand Jacques – était-ce la taille ou le talent ? je ne sais)

non pour dire exactement le nom de la station, ça ne va pas être possible, je ne sais plus vraiment, elles sont toutes plus ou moins semblables, peut-être bien celle qui précède cette ville où, en y passant, le brouillard était épais – on lui attribue un surnom que je ne replace pas ici – une halte un café la carte bleue une ferrari grise garée là (étriers jaunes) (sans image) rires cloper manger boire-repartir – dans le poste la rua madureira

l’entrée, cette horreur

ça ne fait plus tabac, ça ne vend plus de gaz buta ou prima non plus, (ni Antar, les stations, tu te souviens ?…) les choses ont changé – l’image date de deux mille dix –

18.(on illustrera sans doute plus tard)

Rien de tel qu’obtenir exactement ce qu’on veut pour s’apercevoir que le problème n’est pas ce dont on pensait manquer.
Parlabane marche le long de la Tamise. Un peu après le pont du Millénium,

des bourrasques de pluie et un vent glacé obligent les touristes à courir se mettre à couvert. Lui ne sent ni la pluie ni le vent. Il ne sent pas grand-chose c’est ça le problème. Il marche depuis près de deux heures. L’idéal serait de gravir une montagne, mais il n’y en a pas tellemen

page 111 chapitre Marche à Londres il s’agit du début de la deuxième moitié de ce chapitre, ils sont titrés mais ne sont pas numérotés comme faisait Sue dans le temps (careful with that axe Eugene chantaient les Pink Floyd), je ne sais plus exactement de quoi est constituée la première partie de ce chapitre, j’avais conçu de demander à quelqu’un.e de choisir entre un deux et trois, puis un chiffre de un à trente (la bibliothèque directement à ma droite comporte trois étagères sur lesquelles se trouvent une trentaine de livres, dont certains rescapés de la maison brûlée), et j’y aurais recopié le début en quatre cent quatre vingt signes de la page quarante huit mais ça ne s’est pas fait, je n’ai pas osé – souvent je n’ose pas – parfois je me lance – tout dépend du noir des nuages – je suppose – mais je fais gaffe, très – le livre compte cinq cent soixante douze pages, c’est un livre de poche de la collection points seuil, offert il me semble bien à quelqu’un par quelqu’un d’autre – tout ça est d’un clair et d’un simple – rien n’oblige à la clarté ni à la simplicité sauf l’égard qu’on a des autres… mais c’est parce qu’il est de poche qu’il me fait souvenir – c’est au lit avant de s’endormir qu’on lit, longtemps souvent toujours aussi ailleurs mais le soir oui tard – avant de fermer la lumière

je ne crois pas, et ETLC ce n’est certainement pas une habitude, je ne crois pas jamais avoir recopié quelques pages – il y avait quelques milliers de livres, cinq ou six, dans le couloir de l’entrée, cinq bibliothèques dont deux fabriquées de mes blanches mains (je suis mâle, blanc, urbain, âgé (mais ce dernier caractère évolue comme passe le temps et ne se déclare pas de guerre ici) dans l’entrée, dans le couloir qui allait aux chambres trois, une dans chacune des chambres, dans le salon où se tenait le bureau qui m’avait coûté un bras (comme on dit : pourquoi pas une jambe ? une côte ? un organe ? ), cinq dont une qui prenait un mur, sur le bureau lui-même une autre conçue et exécutée aussi par moi, on y trouvait le Grévisse, les lieux de mémoire, l’histoire de la vie privée, les trois tomes d’Hilberg, d’autres choses encore bien sûr dont une carte postale représentant Patti Smith en plan américain, la photo faite par son ami Mapplethorpe qui sert de couverture à l’album Horses – il y avait pas mal de trucs dont il a fallu faire l’inventaire (au doigt mouillé ou au pif c’est comme on veut) – ainsi y eut-il trois ou quatre bifurcations, celle-ci pour cette fête idiote d’importation en quinze, mais je n’ai pas le souvenir de recopie. Probablement est-ce une erreur.

Stacey Kent ces petits riens mais bien d'autres choses encore

18bis. en revanche pour apprendre les chansons rien ne vaut la recopie

Elle est si longue la ville
dans le brouillard qui descend
les maisons lentement s'effacent
et nous restons seuls, assis
à attendre
Elle est si douce la ville
dans cette pluie battante
je la retrouve
comme si je l'avais quittée
et assis dans ce bar
je me souviens
comme elle était belle la ville
pleine de tes couleurs
Comme elle était belle la ville
et comme elle est longue la ville
sans toi.
 
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remercié·e 2 fois
Publié par MaryseMaryse 2012-08-22
Source de la traduction :
http://www.gianmariatesta.com/album/valzer.htm
italien
Aligner les paragraphes
Città lunga
È così lunga la città
Che in questa nebbia che viene giù
Ti sembra che svaniscano le case
Soltanto noi restiamo qui4
Seduti ancora un po'
Ad aspettare
Perché è così dolce la città
Che in questa pioggia che scende giù
Mi sento come fossi andato via
E ritornando ancora qui
Sedermi a questo bar
E ricordare
Quanto era bella la città
Piena dei tuoi colori
E tu che mi tenevi fra le dita
Com'era bella la città
E com'è lunga la città
Senza di te.
https://lyricstranslate.com

17.

Il paraît que sous la Salpetrière se trouvent des rues et des labyrinthes qui permettent d’aller plus vite d’un lieu à l’autre – pour les soins – je me souviens de cette exposition dans une chapelle (Nan Goldin je crois bien) – elle était là sur des draps jaunes ses beaux cheveux blancs elle semblait dormir – oui je me souviens – les hôpitaux on ferait quoi ? – et des asiles où Mauricette poétisait ? La fin de la vie et celle des gens durant les dernières semaines de mars et celles d’avril vingt tu crois qu’on va oublier ?

bande son n'écris pas

16. À quoi tu penses

wiki : Située sur la rive gauche de la rivière Buriganga, Dacca est une mégapole et l’une des plus grandes villes du sous-continent indien, avec une population de plus de 21 millions d’habitants

spécial vendredi noir (soldes à tous les étages) (à ne pas manquer) – L’immeuble Rana Plaza (du nom du propriétaire) situé à Dacca (capitale du Bengladesh) s’est effondré en avril 2013, provoquant la mort de plus de onze cents personnes (un décompte partiel fait état de 1135 victimes) : il abritait quelque chose comme cinq mille employés (dont on peut imaginer les salaires de l’ordre de quelques euros par jour), qui cousaient à la machine les vêtements destinés aux marques suivantes (reprises de l’article wiki sur cet événement)

New Wave Style, Ether Tex, Canton Tech Apparel, Phantom Apparels et New Wave Bottoms. Mango, Benetton, The Children’s Place, Cato Corp, Joe Fresh canadienne Loblaws et vendues dans les magasins J.C. Penney, les marques Cerdarwood et Denim Co. de la compagnie irlandaise Primark, la marque Papaya Denim de la société britannique Matalan, Free Style Baby vendue dans la chaîne El Corte Inglés et la marque espagnole Velilla. Des étiquettes de vêtements Carrefour (marque Tex), Auchan (marque In Extenso), Camaïeu et H&M ont été retrouvées dans les décombres

Est-ce bien nécessaire ? L’effroi quand on a appris ce qu’on ne peut pas tellement appeler un accident a-t-il ici quelque chose de légitime ? Ça avance à quelque chose de rappeler ces turpitudes, cette avidité, cette façon de faire du système mondial ? Ce n’est pas le sujet. Non. Désolé.

15.TEC (TF j’ai l’impression)

Non six zéro nan c’est la branlée quoi je peux en avoir deux ou trois ? (tortillas) Mais bien sûr monsieur c’est là pour ça même cinq ou six  ah putain sept zéro Attention la ceinture là Ah oui merci c’est gentil quelque chose qui m’a vraiment choquée Elle est gentille la Rousseau là vraiment elle vazy vazy attends attends jsuis en train de télécharger l'appli là attends vazy (...) vazy oui
Yach kar mar var chikar bonjour vous un café ? oui c'est à vous ? oui au revoir bonne journée au plaisir j'dois faire peur ouais vous avez trouvé ? oui j'ai trouvé mais par contre ils ont changé d'adresse On se dépêche oualah dentik datik kalimalab un euro pour manger... un euro pour manger "elle est Stella hein dans le film...non mais là j'en ai tellement vu dans ma vie que là maintenant ça va la flemme hein"  le fait de partir au Canada ça m'a ouvert les yeux Vous vous arrêtez à Dante - oui dans deux arrêts bi alios mubta alios mubta ah ouais mais je pensais qu'il y avait une pompe à l'intérieur Ah je ne pourrais pas vous dire madame

Non six zéro nan c’est la branlée quoi (18h45 Limousin)
je peux en avoir deux ou trois ? (tortillas) Mais bien sûr monsieur c’est là pour ça même cinq ou six
ah putain sept zéro

Attention la ceinture là Ah oui merci c’est gentil (21h45 métro en sortie avant l’escalator)
quelque chose qui m’a vraiment choquée (21h55 rue croisées deux jeunes femmes)
Elle est gentille la Rousseau là vraiment elle (8h37 radio paris)
vazy vazy attends attends jsuis en train de télécharger l’appli là attends vazy (…) vazy oui (métro 9h45)
Yach kar mar var chikar (brunette lunettes coin métro 10h02)
bonjour vous un café ? oui
c’est à vous ? oui
au revoir bonne journée au plaisir
(café 10h30)
j’dois faire peur ouais (type rasé boulevard 10h45)
vous avez trouvé ? oui j’ai trouvé mais par contre ils ont changé d’adresse (métro entrée 11h00)

bande son  Mink DeVille Stand by me


On se dépêche (un instit dans le métro, quarante mômes qui entrent 11h03)

oualah dentik datik kalimalab (métro assez fort 11h08)
un euro pour manger… un euro pour manger (assise sur le bord d’une fenêtre d’une banque 11h21)
“elle est Stella hein dans le film…non mais là j’en ai tellement vu dans ma vie que là maintenant ça va la flemme hein”
le fait de partir au Canada ça m’a ouvert les yeux (autobus 11h58)

Vous vous arrêtez à Dante – oui dans deux arrêts (autobus 12h02)
bi alios mubta alios mubta (métro 12h45 type (195cm 120kg tout en kaki de dos)
ah ouais mais je pensais qu’il y avait une pompe à l’intérieur (devant les éboueurs 12h58)
Ah je ne pourrais pas vous dire madame

bande son Patti Smith Pissing in a river


14.
Chapeau de carton légèrement défoncé, a été blanc, le ruban en est gris et retient une plume d’oiseau même ton, les cheveux un peu de la même nuance longs retenus en catogan par une grosse barrette noire brillante ébonite peut-être pas, le visage est émacié, pointu, peut-être assez gai, heureux sans doute (ce sont les rides qui ne mentent pas), le poil est poivre et sel et la barbe peu ou mal rasée, sort son portefeuille noir, regarde ses deux billets de dix, le referme, le glisse dans la poche poitrine d’une veste de velours côtelé dans les noirs – là son regard

fond sonore Shervin Baraye  

le matin même ces sourires

Mercédes Sosa et Joan Baez

ces regards

chantent ensemble Gracias a la vida

14-2
huit heures moins dix – on part à huit heures et quart tu sais, tu te souviens, oui – hier soir au coin de la rue A. (bénévole, vingt ans, charmante) portait N. (vingt-deux mois, adorable) dans les bras en arrivant ah c’est vous (oui c’est moi), P. la mère de N. bonsoir, on entre tu te souviens le sourire, les « oui,oui » à toutes les questions – la lumière allumée toute la nuit – (bizarrement, tandis que j’écris ce deux quatorze, Jean Ferrat a entonné son « ma France ») – huit heures moins dix j’en suis au deuxième café, je vais gratter doucement la porte ouvre un peu – P. qui sursaute se lève à cette seconde-là son regard, cette terreur

13.

 "cette force de penser que le plus beau reste à venir"

_1 – 9h30
il y avait dans l’autobus cette femme noire grande un fichu noué sur la tête, un manteau pied de poule noir et blanc sur une robe je crois verte, elle n’avait pas besoin d’être belle puisqu’elle l’était et ses basketts grises et oranges lacets de gros grain gris, elle s’était assise sur les sièges je crois qu’on est montés ensemble sur l’avenue, assise sur les sièges qu’il y a sur la gauche, juste après la porte de sortie du milieu, derrière cette vitre, et elle allait sortir, le bus s’arrêtait à notre arrêt, elle a senti que j’étais derrière elle, s’est retournée me laisser passer « mais non je vous en prie » elle s’est levée, elle m’a dit merci comme si je lui faisais un cadeau inestimable, elle boitait, elle marchait sur la rue en descendant il pleuvait un peu j’ai été acheter du pain elle était là-bas devant

"puisque l'ombre gagne - puisque nous t'aimons trop pour te retenir - dans ton exil essaye d'apprendre à revenir mais pas trop tard"

_2 – 12h40

revenir du marché (entendre)
non mais le costume…

puis encore “tu lui demandes…” – téléphone sans les mains accroché à une breloque de couleur (tu vas voir)

le long de la rue – le soleil qui bouge (quelle heure est-il, quel temps fait-il), le vent mardi matin (ça irait tout autant sur le bureau) – “ben oui…” – midi quarante – sans lui demander de traverser, d’elle-même

voilà tu lui demandes si ça va dans la continuité et tu me rappelles…” (là, elle sort de la poche, genre bijou type dragonne) un moment, marcher

oui ataleur” et regagner l’ombre (chaussettes savamment ouvragées, ourlets ouvertement dévergondés, jambes de pantalon un peu courtes comme on fait)

_3 16h50
ils étaient là tous les deux, tout au plus la vingtaine, debout, vếtus un peu n’importe comment guérissold ou quelque chose, pauvres sans doute tellement rien à en faire elle le regarde il lui dit un truc elle ne pouffe pas mais presque ils sont arrivés elle se tourne il sort elle tourne sur elle-même elle rit elle le prend par le bras il sourit légèrement les hommes ne s’esclaffent qu’entre eux et sort elle, elle le suit et même le mouvement de ses cheveux aime la vie

12. Vingt-cinq ou vingt-six plans (fixes, tous (cette affirmation s’apprécie par défaut : si les plans sont tous fixes, c’est qu’il n’y a aucun travelling hein), un pano au début, un pano à la fin – point (voix off, probablement la Danièle Huillet, on a à le supposer : pourquoi ne pas le mentionner au générique ? c’est vraiment toute la question, aussi – d’ailleurs cen’est pas la Danièle qui parle mais Julie Koltaï – analyse ici)

(je me suis rendu compte (c'est autre chose, mais concomitant dans ce jour) de la raison pour laquelle, outre sa brutale libido, je n'aimais pas tant que ça Trenet, ce sont ces paroles-là "jn'ai pas aimé ma mère/jn'ai pas aimé mon sort/jn'ai pas aimé la guerre/jn'ai pas aimé la mort") (mais j'aime beaucoup son "mon âme s'est dissoute/poussière était mon nom") (passons si tu veux bien)(La folle complainte) 

autre chose cependant qui me revient :c'est au début du mois de février 2001 que j'allais voir Marc Augé dans son bureau du boulevard Raspail, où il m'accueillit si amicalement (cette même manière que Pierre Bourdieu chez Colette, un soir de présentation de son "Sur la télévision") et me dit "allez voir Trenet, dépêchez-vous, un directeur de thèse on vous en trouvera toujours un" - j'ai tenté, certes, mais ça a été plus fort que moi

– notes en 22 images (j’ai pris quelques notes que je mets en fin) (je les aime bien ces deux-là même si leur “cinéma” n’en est pas vraiment un – ce qui fait que c’en est un – si je me fais bien comprendre, je ne sais pas) (un peu comme celle qu’on intitulait la Durasoir avec son “cinéma”)

add. 21/11/22 17h : il y a un truc dans la 12 qu'il m'est important de souligner : le fait que le commentaire du film (le texte l'est plus que le commentaire mais sans film il n'y aurait pas de texte, je suppose ) exceptionnel soit dit par une femme - tandis que toutes les œuvres présentées ont été exécutées par des hommes : c'est accessoire ?  ça l'était peut-être il y a 20 ans, cependant des choses se passent - alors on est en dehors du truc avec la littérature ou l'atelier (peut-être mais certainement pas cependant donc) : un pan entier du développement des sciences sociales (mais de la vie même) se tient dans cette intersectionnalité qui se fait jour ici-même et le mouvement du monde en est affecté (espérons dans un sens convenable qui ne s'obtiendra pas sans se battre : voir la tuerie de Colorado Springs) on est en dehors et ça n'a rien à voir, peut-être mais pas du tout : le monde entier (et notamment les femmes en Iran -mais ailleurs aussi: au Chili exemple au hasard), le monde réel est quand même là - bonne suite quand même 


(je ne compte ni ne mets le pano du début – non plus que les génériques et remerciements )

une espèce de découpage plan à plan (certains sont doublés) de la même eau que celle qui m'était échue dans les sous-sols de l'institut d'art et archéo de la rue Michelet où je rédigeais pour l'avant scène cinéma celui de ce magnifique Freaks (Tod Browning, 1932) - je ne commente pas (ou peu) ces images
il y a quand même Ella et Satchmo dans le casque qui m’aident, tranquillement, avec leur “un rêve, un petit rêve mien” (ça aide)
les arbres du quai – je préfère les bouleaux de la rive gauche
drapeau rouge
bande son “des mois d’avril des rendez-vous
début du pano 360° du cinéma qui se veut Cézanne
fin

notes (sic) :

On devient de la peinture
bu à longs traits
entassant les ombres
l’air doré qui les inonde
il faut commencer neutre
balbutier votre petite histoire
si on s’excite sur 
qui ici emparadise tous les sens
Murillo mystiques épuisés tourmentés
Tintoret
la Seine Paris un jour de Paris
Delacroix et Courbet le reste c’est de la fripouille
il est convaincu que le soleil existe et qu’on peut y tremper ses pinceaux
son ombre est colorée il nacre ses dégradés
la facture est un classique
des petits riens qui me venaient de vous en fond sonore

en réalité, les dessous comme dit ce brave Straub (ou plutôt cette fameuse Danièle) (que leur souvenir demeure) m’entraînent vers une chanson de Milton – ça ne date pas d’hier, on s’en fout peut-être

Georges Milton (bien sapé cependant) et Paulette Dubost (dont on garde (ému) le rôle de la femme de chambre/camériste dans la Règle du jeu (Renoir,1939)

mais aussi vers une autre (chantée par Pauline Carton – ça ne va pas non plus aller vers le mieux) qui fait :

Pedro :Ah ! Je te veux sous les pa/Je te veux sous les lé/,Les palétuviers roses…
Pedro et Honorine :Aimons-nous sous les pa-tu/Prends-moi sous les laitues/Aimons-nous sous l’évier !

(elle est mieux chantée) (enfin, mieux…)

Sans doute préféré-je le burlesque au tragique – la joie au drame – rien ne m’est épargné, comme à chacun.e – le peuple à l’élite (mais pas Tati à Mankiewicz ou Fuller) – il me semble déceler dans ces images, ces chansons, quelque chose de l’écriture, le fond sonore quelque chose des dessous quelque chose d’entraînant sans doute (je coupe les vieux tubes – je pose Echoes) pour tenter de résoudre cette équation aux quatre cent quatre-vingts inconnues – je n’y parviens pas, mais je pose cette image magnifique (Sam Szafran, reproduction d’une œuvre de la série Lillette dans les feuillages) (c’est un cadeau -merci…!) (ça doit dater des années deux mille)

pour m’aider, souvent, ce sont des chansons

11.

c’était en haut de la colline, maintenant c’est une école de commerce ou d’informatique ou quelque chose de ce style – les couleurs passent et se rehaussent tous les ans le blanc et le bleu

La couverture du cahier était verte – on avait à l’ouvrir par la fin – tu vois ce « par la fin » a quelque chose de formidablement auto-centré intestin personnel – et puis on avait à écrire – ces temps-ci, il y a quelque chose de cet ordre qui remonte avec les cours de l’Inalco – d’ailleurs je n’y parviens pas je voudrais simplement parler – des lettres, un idiome, de droite à gauche – dans l’autre langue je savais au moins parler – dans celle-là seulement les gros mots – feumt oula la ? (c’est dans l’idiome, ça s’appelle l’arabe littéral – au contraire du classique je crois bien – le clavier ne veut pas se plier à cette graphie : c’est ça aussi qui est formidable – tout est différent autre changeant – ça veut dire « tu comprends ou non ? » – la – ça veut dire « non » le a est ouvert, il va plus vers le « e » sans en être vraiment un) (une culture – autre mais comment veux-tu, déjà avec l’autre… l’autre)

en haut / en bas

10. TEC (WIP)

Pendant que je pense à cette consigne le temps passe et la chanson tourne doucement – un blues fatalement – deux choses fonctionnent bien ici, la chanson et la géographie – tu me diras il y a aussi le profond, celui (cet « ici ») qui s’occupe de la pornographie et ses images animées – les corps nus les pratiques amateures les humiliations – on s’en fout certes, mais simplement foutre est déjà dans le registre – c’est égal, cette vie est emplie de turpitudes – je n’ai pas compris, c’est une affaire qui va durer un moment, toute la journée, il y avait dans ce rêve un type (le fils du président) (blanc, étazunien, brun, assis devant la forêt de micros) qui portait un costume bleu assez turquoise et ses revers et son col étaient faits de strass, il brillait de mille feux
Pendant que j’écris, les gens dorment, la ville est d’un calme olympien (pas encore olympique) (bof) j’étais au bar à attendre et écrire dans mon carnet vert (offert par G. ainsi qu’un stylo à pointe fine, encre noire, où je note les chose de séminaires, de cours d’arabe, des autres choses comme quelques paroles et voilà qu’un type demande l’heure et, derrière sa bière, commence à parler avec le patron) (lequel préparait un mojito sans alcool) et le voilà qui déclame qu’il avait travaillé à la mairie de Paris et que la maire qui ne l’était pas, mais première adjointe de Delanoé comme tu sais – comme on sait – comme l’entièreté complète du café entier avait à le savoir (il y avait le patron et sa menthe dans l’eau, le type qui déclamait et moi et mon second kir) (et lui et sa bière) qui racontait que évidemment tout le monde le sait que la maire avait «  un enfant fait par (ici le nom à volonté d’un homme, une femme, un.e chien.ne, un.e extraterrestre, un robot, comme tu veux) tout le monde le sait qu’elle s’est couchée » – la nuit le calme est olympien et c’est mieux
Pendant que j’évoquai ce type calamiteux qui, derrière sa bière (ou devant) éructait puis se tut quand même, ébahi devant une télévision branchée sur une chaîne d’information dite en continue qui déversait, il faut bien le dire, le même type de saloperie contemporaine que lui-même se plaisait à énoncer de sa voix empuantie d’alcool et de haine hypocrite, j’écrivais dans le carnet vert quelque chose dont je serais bien en peine d’évoquer la teneur (c’est la raison, certainement, pour laquelle je l’écrivais) (à peine si je me souviens que l’écrit commençait par s majuscule)

anéfé

Pendant que je pose cette image je me rends compte qu’il m’arrive de déposer ici (dans ce carnet vert offert par G.) des comptes des devis des chiffres et pas seulement des mots (jamais de dessins)
add du dimanche 20/11 : (5 740 est le prix (sur)évalué de la synthèse – en euros) – j’en profite pour écrire ce qui s’était écrit au bar : Souvent le lapin ? Pas tellement pourtant – rien n’est innocent, la plupart du temps dans les cafés c’est pathétique (aujourd’hui le smartphone du type énonce “ta gueule salope va te faire enculer” le type rit – il y avait une rolls-royce blanche garée devant la pharmacie aux trois collyres – deux petits sacs de sel
Pendant que j’écris ici (je ne mets pas de lien), à même le blog, les mots sont partis dans le journal – les tirets sont petits, j’en mets moins (quelle différence unit tirets et parenthèses?)
Alors l’image du passage apparaît

Pendant que je pense à des dessins me vient immédiatement celui qui décore le bloc notes offert par E. probablement pour un anniversaire
Pendant que je pense à cette magnifique couverture en noir et blanc j’essaye de me souvenir de l’endroit où elle se trouve (je sais pourtant pertinemment que le tout se trouve dans le sac Eastpack décoré par A. ce sac qu’on alla lui offrir un jour, du côté de la rue Faidherbe parce qu’il fallait absolument qu’elle en ait un pour aller en classe)

Pendant que je prends cette photo sur la table se trouve déjà le livre où se raconte l’histoire de l’entrée au théâtre des Ambassadeurs de celui qui interprétera plus tard le Hugo aux mains sales
Pendant que je me souviens de ce moment de mars 1948 (et que je conçois que cette scène se déroule dans le décor du bas des Champs-Elysées) (non loin d’où Perec (Georges,oui) passait sa journée d’école buissonnière et qui me fait souvenir du petit Marcel (Proust, oui) qui jouait là aussi dans sa jeunesse) me revient cette image du boulevard de Belleville où on marchait et où j’appris que se donnaient, dans cette école “aux quarante quatre nationalités” où je vais voter quand je vais voter, des cours de dessin

Pendant que l’une chante l’autre pas – il y avait ce genre de croyance, elle était caissière et faisait passer un chiffre à l’as – ce qu’elle faisait, la Mairesse (mais c’est dans le Céline et Julie vont en bateau – longtemps j’ai confondu ce film d’Agnès Varda avec celui de Jacques Rivette – lequel nous a quittés il y a un moment déjà – en réalité, le cinéma (qu’il soit pornographique ou pas) trouve ici (cet ici est le même qu’au début) aussi cette fonction (le film est de 1974 – celui de Varda 1977) – cette décennie-là fait l’objet de l’attention mais j’ai vaguement le sentiment (mais mentent-ils toujours?) de ne pas pouvoir y parvenir)
Pendant que je compare ce film et cet autre passe dans le recoin gauche (ou droit) (mais plutôt gauche) de ma mémoire (mon côté gauche est celui de l’œil qui ne voit guère) le pli que j’ai déposé dans la boîte aux lettres de Rivette, ce jour de quatre-vingt, boulevard de la Bastille, qui marquait l’intention mienne de, sur les films qu’il avait réalisés, produire et réaliser mon mémoire de maîtrise (le pli a dû rester plier)
Pendant que je déplie ce souvenir parce qu’il se déroule dans un endroit que j’aime encore assez à cause de la passerelle qui enjambe (comme on dit) le canal le port le bassin (enjamber le bassin ?) se rappelle la tristesse de ne pas recevoir de réponse
Pendant que je pense à cette réponse non reçue de ce Jacques-là me revient le souvenir d’un autre du même prénom qui disait en souriant “c’est comme ça qu’on devient méchant”
évoquant ce type-là me revient aussi cette maxime de “mon”comptable (un comptable “n’appartient jamais à personne”) (comme disait le gros nanar) faisant “il faut que tout le monde vive”
et cette évocation s’attache à ce moment où, entrant dans la salle d’attente de ce psychanalyste, j’y découvris ce même comptable
Il y avait dans les feux de l’amour je crois bien cette façon de dire “elle a des sentiments pour lui” ou l’inverse qui voulait dire qu’elle avait des sentiments pour lui (ou l’inverse) (lesquels, c’est une autre histoire) mais ça voulait bien dire ce que ça voulait dire
Pendant que j’écris à même ma contribution, les tirets ne se forment pas comme il faudrait
Pendant qu’il marche, il ne pense pas à autre chose même si le pilote automatique est fatalement toujours opérationnel et branché, on pense aussi au reste du monde, un pied devant l’autre et le pilote a fermé la porte de la cabine et a précipité l’avion contre la montagne – cette mémoire des choses a à voir avec la découverte, la recherche, le fondement des choses, je refais du café
Pendant que j’écris ici je ne le fais pas ailleurs
Pareillement si on se demande combien de personnes naîtront pendant le temps qu’on écrit quelque chose de ce genre, on aboutit à « 280 personnes naissent et 109 personnes meurent par minute » sur cette planète-ci – de la même manière, ici, on a réponse à tout – je regardais hier tout à coup c’est apparu, il y a bien eu un nombre fini de transports, en France, on en trouve soixante-dix-huit vers des camps d’extermination – c’est notre monde, c’est là-dessus qu’on vit – la moyenne dans ces moments-là avait quelque chose de différent : mais c’est de l’humour noir je suppose – ni humour, ni noir ainsi que ni oubli ni pardon
Pendant que je ferais le montage de cette proposition pour aboutir à quatre cent quatre vingt signes plus ou moins dix disons (en fait 377), j’aimerai qu’on me dise combien de gouttes de pluie seront tombées sur la ville de Paris – zéro (merci)
Pendant la lecture des textes de la proposition neuf l’écriture de la dix reste en suspens

Pendant que je ne dors pas Paolo Conte chante alle prese con una verde milonga
Pendant que ça se bouscule partout ça se bouscule partout, le merveilleux et miraculeux bruit de ton silence
Pendant que tu me parles ce que j’aime c’est la lumière de tes yeux que tu caches
Pendant que j’efface tout et que je recommence j’entends derrière moi le bruit des paupières qui se ferment

9. au début c’était les dents, maintenant les yeux, c’est pas bientôt fini ? il y avait la réunion collective, les tombes les arbres les oiseaux les avions le type avec son petit bulldozer qui ramenait un tombereau de feuilles mortes – Maryse qui passait (j’aime cette image

) ce qu’on repousse, c’est ce “c’est pas bientôt fini” mais si peut-être un accident vasculaire cérébral ou pas, quelque chose qui empêcherait qui nous clouerait papillon épingle bestiaire – cette façon de se baisser de Kirk quand il flanque sa voiture décapotable sous le camion, au début de L’arrangement – partir c’est mourir un peu (une chanson d’Yves Montand), ce qu’on ne veut pas voir, ou qu’on évite, les corps dans la boue, membres arrachés sang retour à la poussière, dis qu’est-ce qu’on va devenir ? et les enfants ? l’avenir, l’âge des artères, la sécurité sociale, dis ça sert à quoi, tout ça ?

8.Travail (en cours -) terminé
David Voinson Antonia Charlotte des Granges Félix Radu Mélodie Fontaine Morgane Cadignan Ralph Fiennes Ana Taylor-Joy Nicholas Hoult Vicky Krieps Gaspard Ulliel Cannes Emily Atef Pablo Pauly (2) Roman Eck Hafsia Hefzi Venise Florent Gouëlou PioMarmaï Philippe Rebbot Camille Chamoux Moussa Mansaly Olivia Côte Le comte de Bouderbala Délia Espinat Dief Bob Marley Victor Hugo Louis Boulanger Mitsuyo Kaway Jean Roudillon Antonin Magne Jean Cailleteau dit Lassurance Premier Kayige Kagame Guslagie Malanda Alice Diop Inès Reg Inés Blumencweig Gisèle Freund Harry Saltzman Sean Connery Lotte Lenya Albert Broccoli Ian Flemming Pedro Armendariz Daniela Bianchi Robert Shaw Bernard Lee Lionel Bart Richard Maibaum Cécile Bernaille Derek El Zein

7. En me levant c’était un peu Romy et Michel, puis Stéphane et Claude – Jean-Luc et Anna pas trop – Bernadette et Françoise, sûrement, avec Antoine alias Jipé – alors Chantal, oui, Chantal mais surtout celle qui rencontre sa mère, Aurore dans la gare de Bruxelles – ces visages-là, Burt en Guépard, Kirki sous le camion, et elles, Tippi, Eva, Grace – et l’amie de Jimmy, Kim peut-être mais surtout Barbara – ce sont ces visages-là, Ingrid et Roberto, Giulietta et Federico – oui ceux-là

6.

Non personne n’aurait pu imaginer que tout ce qui s’est passé, toutes ces paroles, ces disputes, ces mots lâchés criés hurlés même parfois, personne n’aurait pu se rendre compte et comprendre combien ces cris, ces plaintes, ces rugissements même, ces gestes déplacés et ces invectives, ces regards meurtriers et enfin ces pleurs et ces gémissements, personne n’aurait pu imaginer, sinon moi, calme et presque quiet, personne n’aurait pu sinon toi

1. Le pire c’est certainement le bruit (un jour, elle m’a averti « votre invocant c’est l’oreille » je me souviens mais en rêve, je n’en entends pas) à moitié allongé, un bras sur l’accoudoir, le gauche, de l’autre côté le long du corps – devant les yeux des gants blancs et la lumière elle a un nom particulier, les outils sont d’acier chromé, et on entend « attendez un peu comment ça va » – à gauche la jeune fille porte des lunettes grosses transparentes – le pire c’est le bruit

l’homme au fez

2. Il faudrait retracer l’évolution et le parcours de ces choses-là – comment est-ce arrivé ? Sans doute dans la douleur je ne sais pas (“je ne sais pas” n’est pas une réponse – Y. disait la même chose de “non”) mais je ne me vois pas tellement demander à ma mère si elle m’a allaité combien de temps sucer les seins de sa mère n’a pourtant rien de spécial ou de particulier – j’ai vaguement le sentiment vu d’ici que c’est notre cas à tou.tes (d’abord elle est morte) (ensuite il y avait une négation ou un déni du corps lourd pénible) (et puis il y avait une affaire d’hygiène qui courrait toujours et partout dans l’enfance) – la première visite chez un de cette corporation (il avait une dénomination aptonymique il se nommait Vannier)

a du avoir lieu vers soixante-et-un ou deux puis d’autres ensuite tout au long de la vie – celui du bas du boulevard Raspail « en temps que coreligionnaire je vais vous offrir une réduction » (le type commençait son office) (cette présumée appartenance à cette religion ne fait aucun doute, pour personne, alors que je ne la revendique qu’auprès des antisémites) longtemps (très longtemps) chez celui qui avait son cabinet du côté de la rue de la Pompe puis vers cette place du dix-sept dont je retrouverai le nom (rue de Prosny)

place du maréchal Juin Paris 17

(holmésien, protestant, œcuménique, un ami pratiquement – un pari, un jour, sur le fait que la rue qui tourne autour de l’Étoile n’en est pas qu’une – Tilsitt (au 17) et une autre (Presbourg au 8)) chez celui qui officiait du côté du Champ de Mars sa femme pour assistante et leur amour et de la musique et de James Thierrée, puis dernièrement celui qui après l’épidémie d’opérette a perdu sa femme (peut-être du fait de cette maladie virale) et la tête (il m’a semblé) (j’en fait un zeugme pour me protéger) – (c’est une affaire entendu il faut soigner cet appareil sinon on ne peut pas vivre) parfois on m’envoya chez un confrère pour chirurgie d’extraction – il se basait dans ma mémoire rue du Bac j’y passe je vois je traverse je m’en vais

une consultation au centre du coin (la femme était portugaise, mais ça n’a pas collé) et puis en parler ici ou là, et voilà qu’après une marche joyeuse on passait devant ce centre-là – c’est là me dit-elle – j’ai pris mon téléphone – ce sera tout peut-être (personne ne connaît l’échéance) – mais cette pulsion, orale, ce désir pour se nourrir, broyer les aliments, couplé au sens et aux sensations, quelque chose de vraiment érotique, je ne sais pas jusqu’à quand ça m’a tenu, l’annulaire et l’index gauche, peut-être vingt-cinq ans (la date où il a été décidé de ne pas faire partie de ce système), sous les drapeaux, cette façon de refuser la nourriture (les magnifiques colis que TNPPI m’envoyait – makrouds manicottis pâtes d’amande – et que je distribuais aux voisins de chambrée) ou cette façon de manger dans les resto U ou les sandwichs qui les gâtent, voilà où nous en sommes ces jours-ci, je suis de ce monde-là, un univers où se nourrir à table ou pas est l’essence même du monde et non un lieu où se parlent et se discutent les avenirs, il est certain qu’il y en eut trente deux, mais sans doute (je ne compte pas, non parce que c’est comme quand on aime, non je déteste souffrir comme c’est le cas à présent, mais parce que ça a tendance à m’effrayer) un quart – je passe je m’en vais

3. La rue monte pour aller au marché c’est comme ça et si on se cache en été du soleil dans l’ombre propice du côté gauche en hiver on passe côté droit pour s’y réchauffer – c’est l’inverse mais ça n’a pas d’importance, le téléphone, les mains froides, le sac en boule dans la poche, la liste dans la tête légèrement – le poids du côté droit, l’absence des deux (tu sais que chacune porte son numéro, quatre fois huit, mais on n’y trouvera ni les chiffres ronds ni les comment dit-on des chiffres qui se terminent par neuf ? on ne dit pas) (la quarante huit et la trente quatre – non la trente-cinq) – c’est moi qui appelle, souvent ou toujours, je l’imagine qui vit sur son boulevard au troisième étage d’un immeuble qui n’en compte pas plus, du côté de la Côte d’Azur, la chaleur est bonne aux vieux os, ses deux petites terrasses où il cultive quelque plante, le jour où il est parti de son appartement d’ici (enfin juste contiguë cette petite ville, on pourrait la nommer mais pourquoi faire ? le type qui en était maire (il a clapoté) (ça s’appelait un godillot alors) commandait ses chemises (trois douzaines) pour les soldes de janvier chez Charvet (la boutique fait le coin – même dans les « beaux » quartiers, il y a des coins aux rues – j’ai pas mal de peine de penser au Pinçon qui nous a quitté)

– la ville paye des amendes parce qu’elle ne veut pas construire d’habitations à loyer modéré dans son enceinte – ça arrive fréquemment mais ce n’en était pas à l’ouest de la capitale pour autant) (en même temps, les images reviennent : il y a une avenue du général De Gaulle fatalement – il y vivait (en face il y avait une banque et une librairie) il avait vendu son appartement

était-ce il y a trois ans dis-moi, je ne sais plus, il avait pris un taxi les déménageurs étaient dans l’appartement (il y a peu de gonzesses dans cette corporation) j’y allais en retard j’ai vu passer le taxi, prendre l’avenue perpendiculaire, passer devant l’agence de ces voitures allemandes partir – une camionnette noire et laide le même genre de laquelle descendait Lara Fabian (c’est une chanteuse de variétés comme on dit) un soir où elle venait pour je ne sais quoi j’enquêtais j’avais autre chose à faire que de détailler le nombre de ses gardes du corps – j’aurais du prendre mon téléphone, t’appeler, te dire attends que je t’embrasse mais entre homme ça ne se fait pas trop – hier matin je l’ai pris j’ai appelé on a ri on est amis depuis qu’on a seize ans quinze pour toi et puis – un prince des monte-en-l’air ou quelque rat d’hôtel (tu te souviens Cary Grant ? avec Grace Kelly ou je délire ? je me souviens oui, je me souviens) est entré a pris ce qui traînait là, tes clés ta carte bleu du pèze peut-être bien et s’en est allé – toi tu dormais…

aparté (addendum) : tu vois, ce que j’aime, mais vraiment beaucoup, c’est que le texte s’écrit tranquillement, tout est vrai comme dit l’autre, et que lorsque je cherche l’illustration de cette chemiserie (on y trouve boutons de manchettes et cravates, la moindre liquette ne se négocie pas en dessous de quatre cents, ne te fais pas de bile) dans l’image passe le taxi où se trouve mon pote qui s’en va – j’adore ça

4. viens on avance on s’en fout – oui mais sur quel chemin ? Il y a toujours un objet au texte, aussi bien une adresse, c’est toujours à quelqu’un qu’on écrit, quelqu’un qui lira sans doute sans trop savoir qui a écrit ces mots – viens, on avance on s’en fout – tout à l’heure, c’est cette moto qui est apparue, m’est réapparue – sans connaître le modèle comment tu fais pour la retrouver ? Le modèle

– (P25 ou P50 – la firme dispose d’un symbole ailé ainsi que le lion de Venise, est-ce coincidence ?) il est trois heures et demie c’est dimanche il y a sept ans, ça s’était passé vers neuf et demie (développer ici) (non) du soir – il y a le souvenir de Brie-sur-Marne, la gentillesse de la maquilleuse – les gens qui disent merci aux coiffeurs, ceux qui les ignorent, je me souviens de Simone rue Fontarabie, ses cheveux mauves comme ceux de ma grand-mère (celle qui nous offrait des glaces à la violette, dont les yeux comme aujourd’hui les miens, pleuraient un peu, me disant allongée sur le lit, dans la chambre à Fabert « mais qu’est-ce que je fais encore ici, mon amour, pourquoi encore ici ? » – le mon amour elle le disait en arabe) – et PWG chez le coiffeur qui souriait, disait merci à la coiffeuse, je ne me souviens plus si on a parlé de Fuller ce jour-là, au téléphone quand il répondait il invectivait immédiatement son assistant « mais qu’est-ce que tu me veux encore ? » non, disais-je c’est moi – c’est un quatorze juillet, cette année-là, quatre-vingt ou un je ne sais plus bien si tonton était au pouvoir, je ne sais pas, (81, c’est 81) mais le téléphone sonnait rue PB, « non, je ne peux pas mais adressez-vous à PWG » et son numéro de téléphone immédiatement (et plus tard, son soixante-six du boulevard « enfin un vrai appartement » disait-il) – non sans doute pas de portable je ne crois pas – ce monde-là, et si le monde n’en avait que deux, des côtés, celui des « cochons de payants », et l’autre – dans le petit film de Périphérie, Gabin dans French Cancan (Jean Renoir, 55) (persuadé que c’était en couleurs…) (« y’a du monde hein ce soir – ouais » fait-il…)

(c’est en technicolor) – on avance on s’en fout le film d’hier était dans les limbes, ce visage qui n’exprime rien, cette femme qui ne joue pas, non à la guerre on ne joue plus – on avance viens, il y a un certain nombre de carnets qui sont là, voyages, trente-neuf quarante-cinq, c’est là, ça traîne – non, ça va encore, tant qu’on avance (il y avait cette phrase aussi, chez CJ. qui faisait (je n’ai pas de nouvelle, et ça fait que ça ne va pas) cette phrase qui disait « faire c’est la solution à tout » – parfois il y a quelque chose d’important dans les phrases) – je laisse, il est quatre heures, j’ai sommeil je crois bien

la lumière indique qu’il est tard, et des paroles de chanson immédiates « je préfère le son des rabouins et les solos qui n’ont pas de fin »

et aussi ils disent la bonne aventure pour des piments et du vin doux
quelque chose des colons, il semble –
et aussi, celle-ci (la relation de gadjo au vladjé de Maryse) reprise ici (c’est pas d’hier) et tu vois, cette petite “boule rouge” je l’ai retrouvée chez mon ami

(c) Denis Pasquier – cette photo-là oui

5. Il y a du TEC (ou du WIP si tu préfères) dans l’air – une image toutes les heures (14 occurrences) (c’est aussi bien la question : pourquoi toutes les heures ? viens on s’en fout on avance) – la première date de 6.25 (elle est déjà au journal – je suppose qu’elles ne seront qu’ici mais qui peut savoir ?)

TEC1/5 : 6h25

* s’il me fallait faire de l’entrisme je remonterai l’affaire, puis posterai à nouveau ce carnet – faire savoir et savoir faire – mais non, je suis fatigué de ces choses – je suis (de suivre, pas d’être) la consigne (j’aimais rendre ces bouteilles au Familistère ou à la Coop pour me faire de l’argent de poche (il y avait aussi la Ruche), rare début des années soixante – zan et bonbons) (toujours personne sur le répondeur)

TEC2/5 : 7h25

ça va demeurer laiteux (ça a tenté une incursion vers spermeux mais ça n’a pas pris – sauf par parenthèses – ultra contemporain : déposer ses humeurs aux pieds de ces altesses que sont les lecteurices dit-on…) – les arbres devraient devenir somptueux (c’est un peu leur heure, dernières lueurs couleurs éclats avant la chute) (je travaille au générique- si j’en termine il faudra penser au lien)

TEC3/5 : 8h26

je suis en retard – passe le choucas en criant – c’est ainsi, nous autres paranoïaques voyons dans ces apparitions un signe de la faveur du ciel, de l’acquiescement des dieux, quelque chose qui nous serait supérieur et qui nous accorderait son onction – très con et pourtant, l’oiseau est passé
souvent me trouvant ici la question se pose de savoir ce que j’y fais

TEC4/5 : 9h25

il commence à s’agir de vérifier le cadrage – meurtrière bord cadre en bas – donner sa place au ciel et la leur aux nuages – réaliser des images au format carré (le jeu des 7 erreurs ce devait être dans un wtf canard, style jours de france ou son concurrent fucking choc images/mots – qui renvoie indirectement à la belle ferronière (il s’agit d’une espèce de bar-brasserie dans le 8 – un coin de rue – à la fréquentation assez sujette à caution, donc) où, paraît-il un jour de cinquante huit ou neuf, Jean-Luc Godard (que la paix s’il se peut demeure sur son âme) en vint aux mains avec son producteur Beauregard ou quelque chose) et directement au travail/projet DF inabouti encore) et contraindre le contraste et vérifier la saturation l’exposition les ombres et autres salades

TEC5/5 : 10h25

comme dirait l’autre c’est niqué pour les nuages (add.de 11.39 : pas tant que ça)
ce n’est certes pas civil (non plus que militaire)
On va faire remonter et on verra plus tard de quoi il retourne pour ces quatre cent quatre-vingt signes

TEC 6/5 : 11h26

“ce sacré soleil me donne la fièvre” chantait Salvador non ? “aujourd’hui peut-être ou alors demain”, je me souviens des vacances à la Croix-Valmer (ou alors c’était une enflure qui chantait ça, peut-être bien finalement, ou alors son père ? plutôt – soixante-et-un, quatre et six dont une fois avec la grand-mère boulevard Jourdan – une autre avec l’oncle blond et sa famille – ça jouait aux cartes jusque pas d’heure) et donc il y a eu, vers 11h26, un soleil qui m’a vaguement surpris – et ça pourrait continuer comme ça toute la journée – j’étais en train de recopier (l’imprimante a mourru) (ou seulement l’encre qui vaut un bras et une jambe) le texte pour Maryse que je lis demain –

TEC7/5 : 12h25

Ils passent, des augures – ils disent la bonne aventure, pour des piments
et du vin doux
et aussi (ici) j’aimais déjà les étrangères quand j’étais un petit enfant tout ça

TEC8/5 : 14h22
TEC9/5 : 17h25 (quand est-ce qu’on s’arrête putain)(viens on avance on s’en fout)
TEC10/5 : 18h25 (dernière)
TEC11/5 : 22h25

c’est déjà demain – laisse

TEC12/5 :00h25
TEC/ : nuit (personne d’autre que moi n’aurait pu remarquer)
TEC0/5 : 05h25
2. la question reste de savoir si on "implémente" (cette horreur de mot comme celui qui fait "procrastination" ou celui qui argue "sérendipité" - cette pourriture contemporaine) ou si on poste à la suite - on fera comme on voudra certes - en tous les cas (j'ai le sentiment que ETLC devient une topique ainsi que TNPPI CLCDLD - ou OSEF) il faudra choisir
creuser du côté des lieux dits peut-être seulement en image
des options à prendre et un carnet du carnet à laisser en entrée
ou à retirer
15h: sur 23 contributions 4 adoptent l'implément (ajout en début);12 l'addition (11/11/22) 
3. (il doit y avoir quelque chose comme un habitus dans le fait de poser ses trucs à l'entrée - pour les autres ils restent enfouis on s'en fout : typiquement notre monde  - sans passé - sans à venir - ni avenir on verra on s'en fout viens - non, mais on n'oublie rien et certainement pas l'enfance) (numéroter ? poser le titre de l'exo ? de la propal ? l'argot ? le langage châtié littéraire ? la bande son (là c'est L'ombre au tableau mais je vais mettre Antonio Rua da Emenda) 
(attends comment tu fais ? lire et (penser hier ? mais demain enfin aujourd'hui aussi alors, penser regarder chercher se souvenir ?) d'abord dans le librofficewriter pour les tirets longs et le nombre de signes (ça veut dire quoi, compter les signes ?) puis copiécollé ici relire compléter changer diversifier recoller décoller recommencer - illustrer - choisir copiercoller dans le mail - envoyer (il y en a plus) 
même chose pour la publication du "carnet individuel", il faut le faire "remonter" : on y pensera ? on verra - on en reparle oui
jte parle même pas du "codicille" - ni des commentaires - 
4. écrite avant - dormir de 4 à 8 - chanson - non mais on s'en fout on avance
"faire remonter" semble au fond une manœuvre inconnue de pas mal - ça a quelque chose de secret, on peut continuer comme ça pas mal de temps sans savoir, juste des mots jetés là - c'est sans lien vers la chanson dont j'adore le début pourtant - et apparu le fait que l'attente avait quelque chose à faire avec tout ça - je vais faire du café
5 : * & bande son Willy DeVille Stand by me - 9h41 Horses Patti Smith - Don't have to be so sad Yo la Tengo (pris d'ici) (c'est vrai, y'a aucune raison)  - Invitation to the blues Tom Waits
8 : preuves par l'image (on s'en fout un petit peu OSEFU2P, certes)
9 : ne pas s'attarder relire les 1, 3, 6 pour y découvrir quelque chose mais quoi ? ne pas s'y attarder 
10 : je les numéroterai bien mais je trouve ça indélicat
11 : non rien - enfin si mais de la cuisine en se demandant ce qui prévaut du carnet ou de la compilation du soir (espoir) (où est-on plus clair ? plus explicite ? où commence l'explic(it)ation ? Enfin tout ça
12 : rien non plus - encore que pas mal quand même en ce qui concerne le codicille qui tente une certaine réflexivité - encore qu'on pourrait sous chacune des images posées ici indiquer "beau"(après les 5 premiers tableaux) ou "vilain" (les 5 premiers) suivant les goûts exprimés
13 : paroles de "puisque tu pars"
14 : sans paroles (les chansons de Goldman et la mort de son frère)
15 : dès le matin quelques textos (beau jour pour en avoir 73) (blues du businessman) ( - 
16 : joker - je ne fais pas remonter - ne suis pas un bon camarade en réalité j'ai mes têtes mes frissons mes haines et mes désespouars (comme dirait Alex.) - pas envie de parler chiffon - "je pars destination bahia" chantait un nicolas peyrac de je ne sais plus qui à un moment ici moi non pas à Bahia mais c'est en fin de semaine que je pars - là où je vais est un endroit blanc l'internet n'y passe pas ou mal ou peu ou cesse tout à coup puis reprend - me fait braire -je pars braire - back on sun/mon/day
17 : en vrai (connexion interrompue)
18 : oublié perdu, de retour je m'atèle 
19 : quelque chose d'autre (il y avait au courrier ce message de carrefour, et de battre mon cœur s'est arrêté) - ce qui est trivial, ce qui ne l'est pas - comment choisir ? "excusez-moi d'être trivial" disait-il, il levait un peu l'index comme pour prendre la parole en classe - ou quelque chose de différent, ce dialogue "le monde est un chaos, qui s'engouffre dans un vortex dont on ne sait pas dire s'il en est un seul d'entre nous qui en réchappera" - ou exécuter le "il faut vivre pour l'instant présent, sans passé sans avenir, juste maintenant et au plus ce soir" - plutôt quelque chose de poétique, plutôt que cette littérature et cette velléité toujours présente
20 : entreprendre autre chose, peut-être - mais ça a toujours été une erreur j'ai l'impression - ici l'image de la petite auto vient de la marche du matin, posée là en même temps - n'en rien attendre sans doute - la chanson magnifiquement magnifique de Jean-Marie Tête (comme il se présentait, ce soir-là, à l'Alhambra, et que Erri De Lucca venait faire du bruit et battre la mesure avec une petite feuille de papier) comme on a ri, comme elle est belle cette ville, avec toutes ses couleurs, et toi qui me tenait, comme elle est belle - mais sans toi... tenir e questa pioggia chi scende giù (voir 18bis) (un vrai labyrinthe)
21 : c'est une apparition, elle a sonné au portail et je suis allé la chercher, elle était là à chercher le numéro, elle portait aux épaules ses deux sacs lourds et noirs, brune lunettes avec quelque chose de l'or sûrement sur son masque bleu, parka noire sigle pantalon de jogging orange vers le rouge, basketts orange sourire j'ai ouvert la porte et l'ai laissé passer
add.un peu avant la suite : le lien chez CS vers le carnet de DGL à la faveur des textes sur l'argent, le paiement par carte chez le psychanalyste (jamais mais quelle horreur jamais malheureuse! naaan mais c'est juste fiscal (un peu comme parfois - est-ce hasard? est-ce coïncidence ? ça n'existe pas ? concomitance alors - le mariage) (vers mi-juin, c'était mieux mais maintenant...) , sait-on que le fisc impose cette corporation ainsi que celle des respectueuses chez qui le paiement par carte ... ? ma foi je ne sais
add. 10h49 : un truc avec les commentaires (il y a beau temps...) une certaine langueur - ou fatigue ennui dépit je ne sais dire - mais c'est là (faire de l'esprit ou simplement s'amuser - désamorcer sûrement)
22 : le texte envoyé parle de Pas pleurer de Lydie Salvayre (deux i grecs) (comme à mon nom deux h : je le tiens de ceux dont je parle) - je me suis trompé, ce roman que je n'ai pas lu il s'agit d'un autre, peut-être BW ou encore autre chose - l'autre, celui du carnet, est en souvenir de mon grand-père et d'un ami que je n'ai pas connu (ça peut exister, il suffit de lire les livres qu'ils écrivent (tiens donc justement) : par exemple de Marceline dont j'ai lu les livres, je l'aime beaucoup c'est une amie; de son mari dont j'ai vu tous les films, je l'aime aussi beaucoup - bien que le genre documentaire ait une certaine tendance à me fatiguer) qui, ensemble sans le savoir je suppose, au début du mois de février quarante quatre du siècle précédent - le titre du premier évoque cet épisode : quant à l'écrit du second, tant pis 
23 : il y avait un truc qui était intitulé comptage, on était en bas des escaliers à main droite un compteur, main gauche planchette à laquelle est assujettie une feuille de papier portant un tableau - cinq heures du matin, gare de Lyon en sous-sol - et quand un(e) clampin(e) passe on appuie sur le levier - le truc compte - toutes les dix minutes on reporte le chiffre qu'on lit sur le petit regard (six rouleaux des dix chiffres,tu peux aller jusqu'au million avant de revenir à zéro- à droite une mollette qui remet les compteurs à l'heure)sur une feuille de papier(jte parle de ça qui avait lieu en soixante-quinze hein) - à la presse évidemment (entre 7 et 9 et entre 16 et 20) le truc est assez sportif - on peut encore se marrer si on est deux (un pour l'escalier fixe, l'autre pour le mobile) mais seize heures d'affilée (deux fois cinq minutes pour aller pisser) ça commence à faire braire - gagner sa vie pour la perdre ? 
bis.du "à quoi tu penses ?
24 : je n'ai gardé que l'attente, une ou deux secondes d'attente, l'intégrale sera peut-être au journal (je ne crois pas) l'effet est ici porté comme le souligne gentiment g@rp - l'entièreté est trop intime je suppose (on a de ces réticences et de ces pudeurs tu sais) (et c'est très bien) (je te le ferais lire si tu veux) 
l'implant des images de Venise (deux livres qui en parlent) est resté un peu à plat - mais OSEF2UP au vrai mais le titre m'était apparu comme quelque chose d'un peu étrange - un homonyme (je n'ai pas lu celui de Jipé (trois tomes quand même, remarque ça aide à vivre ce genre de longueur) (tu me diras celui-là non plus, certes mais enfin ça me disait quelque chose et ce quelque chose était Sartre, sa mère au quatrième et son goût du piano)

A propos de Piero Cohen-Hadria

(c'est plus facile avec les liens) la bio ça peut-être là : https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article625#nb10 et le site plutôt là : http://www.pendantleweekend.net/

118 commentaires à propos de “#carnets individuels | Piero Cohen Hadria”

  1. j’ai traversé aussi, passée en sensation interne. “L’invocant c’est l’oreille” – qui fait départ d’images – dans mon carnet parfois à partir de choses entendues. Je me sens un peu perdue entre le carnet et le carnet du carnet mais je connais ton goût des enchevêtrements. peut-être incrémenter en plaçant le dernier billet en haut de page, pour une lecture plus facile ?

  2. Merci pour cette question, l’addition me semblait une suite logique mais l’implément propose au regard la dernière parution. ne sais plus quoi faire maintenant. J’ai appris un nouveau mot, bien utile: sérenpidité. merci

  3. ( le pire c’est souvent le bruit ) La lumière scialytique ? “(holmésien, protestant, œcuménique…) intrigant. “Chez nous ” ça n’allaitait pas : tétine goût Javel à tous les étages ! ” Tiens l’auriculaire de la main gauche me dit quelque chose ce matin.
    C’est plein de chemins et de portes par ici. ( on y croise des cambrioleurs qui sont souvent un peu acrobates)

  4. hello de la nuit, je fais moi aussi la traversée, non de Paris mais des paris, et pensais ta liste dans une revue de cinéma avec de la pub pour d’autres choses, finalement c’était le grand catalogue des rues et des métros, on caracole et ça c’est l’effet capitale ! je vous envie toute cette ressource, même si elle est épuisante, et répétitive, quand on la sale autrement, elle devient …capiteuse,

  5. oh!!! l’image!!! jamais pensé à me demander si c’était un effet pour tous ou juste pour moua…tous verraient comme ça par moment? j’ai essayé de regarder juste de l’oeil virgule zéro zéro deux, rahhh…j’attrape pas. Quand je m’endors? Allongée? j’aime bien cet effet, en fait. Un autre, quand je ferme les yeux, parfois, je vois “le négatif” de la dernière image…sauf que quand je rouvre les Zyeux, c’est pas du tout cette image là. C’est une d’avant. Alors je referme les Zyeux, mais non, c’est toujours “l’autre négatif”…comme gravé, lentement, mais sûrement, tous les détails sont là.

    P.S.: Négatif pour dire “en creux”, à l’opposé de. Merci pour l’espace pour “el— ???—le”.

    • tsais quoi ? parfois la nuit quand je ne dors pas j’écris – il n’y a plus rien au réveil – des fois je me lève (plutôt en été, c’est vrai) et ça s’en va – mais oui, la photo elle est pour toua (comme pour les zautres, évidemment) (en picard on disait “c’est pour ché zotes”) Merci à toua

  6. Merci merci Piero pour tes mots, tes phrases que j’aime à prendre le temps de lire, à m’y perdre, prendre le temps de remonter un peu plus haut ou plus bas pour retrouver mon fil, ce fil pointu que tu ne lâches pas, toute à tes mots, et à ce que tu leur fait dire. Merci et joli dimanche.

  7. J’aime « Mon âme s’est dissoute poussière était mon nom… le burlesque/tragique, j’aime le tragique (pas si éloigné du burlesque) … et la chanson avec palétuviers que je découvre. Les bleus de Szafran (les ombres en escaliers, les distorsions, le pastel sur calque et la soie qui s’aquarelle) toutes les images et le poème peinture. cette 12 est un sacré voyage en tout cas. Merci Piero

    • des fois (par exemple “Revoir Paris” – où il retrouve sa mère qui pleure – ou encore “Que reste-t-il de nos amours” qui a vraiment quelque chose) il est pas mal – il a trouvé le moyen de nous fausser compagnie quatre jours avant que je le contacte – bah c’est comme ça – merci à nouveau

  8. tout est regard : encore une façon bien à toi de répondre aux propositions
    le carton à chapeau, la plume, la barbe, les billets le regard
    et la scène de départ le matin et gracias à la vida et le regard de terreur de P
    encore merci pour ce plaisir de lire
    sans oublier les sourires de ces deux femmes que j’aime

  9. C’est vraiment étonnant ce style c’est difficile à qualifier ce que ça trame
    (et tous ces trésors photographiques !) ah alors
    je dirais que
    vous écrivez comme à la seconde près, un coup d’oeil ultra précis, mais aussi comme la vraie vie qui glisse et toque, un peu en circulation continue comme du sang, sa vie circulatoire
    du sang à la seconde près
    j’aime beaucoup cette vie tapante-là
    Merci vif cher Piero, vais revenir vous voir de très tôt

  10. “d’accord c’est le bazar”, on était prévenu, ça fourmille, d’images, de mots, de films de musique, de chansons datées, de chapeau à plume. Je regrette de ne pas avoir ici de lecture ordonnée et quotidienne. Noyée.
    Mais cette acuité ! Cette écoute, ce regard.
    Et les pendant, touchants. Si je n’en gardais qu’un seul “Pendant que ça se bouscule partout ça se bouscule partout, le merveilleux et miraculeux bruit de ton silence”.
    Pas tout lu, il me faudra revenir…

  11. l’intérêt du carnet y revenir toujours même bien après – j’ai apprécié les 14 occurrences photographiques de la 5 “et on verra plus tard de quoi il retourne pour ces quatre cent quatre-vingt signes” (pas compté les signes) (j’ai regardé l’heure)

  12. on les voit bien ces livres sur l’étagère… – le jeu de la pioche c’était joli- “tout dépend du noir des nuages” ça c’est vrai quand ils sont noir clair on respire mieux. J’aime la citation et j’aime marcher… à Londres, je m’en souviens il n’y avait pas de montagne, la pluie oui.

  13. Scroller dans ce carnet profus devient d’un compliqué mais pas grave, e tombe sur ce que je tombe, et souvent sous le charme des citations ( pas toujours comprises) des philodendrons de Sam Szafran, des sous-entendus en parenthèses, de l’humour, des ciels sur béton, de Joan Baez avec Mercedes, un vrai marathon, un format sur mesure pour vous… Va falloir en faire quelque chose c’est trop bien

    • @JLuc Chovelon : il (me) faut quand même peut-être bien faire attention (mais non) avec cette profusion (il y a quelque chose entre la qualité et la quantité tu vois…. quelque chose qui les oppose, parfois) – mais je ne fais pas attention tellement non plus (pourtant je devrais…) Merci de passer (et content que ça vous plaise aussi)

  14. donc tous les souvenirs n’étaient pas mauvais. Moi j’ai de bons souvenirs de Nanterre mais comme public et plus tard du temps de Jean Pierre Vncent (et du gentil chauffeur de la navette qui avait prévu pour ma jambe dans le plâtre une année un oreiller avec taie bridée, mais c’est un détail… et puis des gosses du lycée qui était d’un autre monde)

  15. Pour le plaisir d’être le 101 ème commentaire, je suis en admiration ! Mais j’ai la bouche trop douloureuse pour te crier BRAVO – Alors j’écris à mon tour, pour te dire, que l’autre jour, j’étais dans le métro, je crois bien que c’était sur la ligne 12 et en marchant, je suis passée dans toutes les affiches que tu avais prises en photo, toutes et dans l’ordre, je me suis imaginée que j’étais exactement à l’endroit où tu les avais prises et cela m’a rempli de joie. C’est bête mais c’est comme ça. Une jolie sensation de se relier à toi et à ton carnet à ce moment inattendu. Et j’aime que tu souhaites la bienvenue à celui/celle qui entres ici, ça donne envie.

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