A propos de Lisa DIEZ

Chercheuse polyvalente, sorte d'artiste tout-terrain. Site en construction : www.atelierdiez.com

#40jours #07 | Tombe

À Téhéran, ils passent, se cachent, transpirent, respirent d’épices en pots d’échappements, s’engouffrent dans les cavités depuis les aisselles poivrées, s’y perdent, retrouvent le noir profond des yeux, des drapés, paquets noirs de femmes, un jour ils descendent pallier après pallier vers le métro carrelé, impeccable, frais, perdent cette fois les odeurs du plein jour, filent, ils veulent voir le Continuer la lecture#40jours #07 | Tombe

#40jours #06 | qui dirigent

cartes qui dirigent, cartes qui civilisent, organisent, rangent, limitent, pas de cartes chez les rêveurs d’Australie, mais des dessins à l’ocre sur les peaux, les rochers, et des pistes qui chantent, les cartes c’est nous, peuples à repères, à signes bavards, à double sens, avec notre monde parlant à l’infini de notre monde en dessous, nos premières cartes sur des Continuer la lecture#40jours #06 | qui dirigent

#40jours #05 | son heure

Ses savates se collent, décollent du lino beige, annoncent un silence d’horloge, lumière de sieste à travers les stores à demi fermés, odeur de chaleur, odeur d’été, reste de poisson dans le frigo frôlé parfois en clapotis doux par les lanières du rideau dans le courant d’air fin, courant d’air calculé au millimètre qui agite à peine le ruban rose Continuer la lecture#40jours #05 | son heure

#40jours #03 | Camille Claudel, un centre

Abritant les anciens avec leurs noms d’arbres, les fous avec leurs noms de fous, les structures spécialisées sont aussi des centres avec un grand C : CMP, CMPP, CREHAB, CH, CHU… Camille Claudel avec deux grand C est un nom de centre avec un grand C, centre de jour surtout, 20 rue Gaudichaud par exemple, non loin du centre commercial Continuer la lecture#40jours #03 | Camille Claudel, un centre

#40jours #02 | tombent les nuits

Au long des années 80, le motif se répète, lancinant, je me revois tracer quatre lignes sur la page horizontale pour séparer les étages d’un immeuble à la façade invisible. C’est (toujours) Noël car j’aime dessiner les sapins, les cadeaux, les boules du sapin, la famille toute entière réunie. C’est (toujours) le soir. J’habite alors dans une cité à Sarcelles, Continuer la lecture#40jours #02 | tombent les nuits

#40jours #01 | en se dépliant

en se dépliant son fémur claque son bassin ouvert amorce une rotation externe son nombril profond à peine enveloppé de duvet tourne son pubis ordonne l’immobilité à ses cuisses larges mais le genoux dirige le pied qui rythme le carrelage blanc sous un mollet tendu car l’autre pulse avec les seins qui dansent sous les bras les mamelons regardent à Continuer la lecture#40jours #01 | en se dépliant

#40jours #prologue | blocs rapides

l’intérieur de la station RER Châtelet les Halles lumière blanche murs carrelés sols élimés une femme blanche à droite presque floue dans son tailleur noir se dirige quelque part vers les machines elle est loin derrière un homme fatigué qui pousse son cadis rempli de coussins couvertures tas d’objets en désordre aux coins noircis il ne bouge pas il regarde Continuer la lecture#40jours #prologue | blocs rapides

transversales#05 | écrire ou rêver d’écrire

Dans ma famille, personne n’a jamais eu de bureau à soi.  Je suis seule à avoir désiré un bureau, seule à avoir conquis une existence dont la condition est d’avoir un bureau. Je parle de la pièce, qui est aussi l’atelier où je dessine, brode, colle… Je parle de la table, immense. Depuis que je sais écrire j’ai une table Continuer la lecturetransversales#05 | écrire ou rêver d’écrire

vers un écrire/film #05 | les grottes n’ont pas de porte (et le chantier déborde)

soudain je veux saisir la domestique de Monet à cet instant précis où elle observe les gestes du peintre par la porte entrouverte de l’atelier, je veux saisir ce qui la saisit à cet instant précis où ses pieds évitent de faire craquer le parquet, où le pinceau mélange les couleurs onctueuses, où un rayon de soleil caresse la pièce, Continuer la lecturevers un écrire/film #05 | les grottes n’ont pas de porte (et le chantier déborde)