Après la cuisine #construire #06

Des gants, il faut des gants qui supportent encore le gras, c’est-à-dire qui n’en aient pas trop déjà de collé dessus à relarguer mais qui ne soient plus assez propre pour la simple vaisselle. Mieux les vaut bleus ou verts que couleur de rose pour ça. Parce qu’il faut lisser, bord extérieur de la main avec son effet ventouse, lisser en ramenant vers soi. Oublier qu’il faudra refaire à manger demain matin pour les même douze, oublier qu’ils n’en ont pas repris, comme si ce n’était pas assez gras, justement. Alors qu’il y a des picottements multiples sur la cuisinière, qu’il va falloir trouver une éponge assez sale mais pas trop quand même parce qu’on est sur une surface qui peut toucher des aliments, alors, faire gaffe. Des aller-retour avec la main en pince, poignet bien vertical, tenant l’éponge bien horizontale, une action d’effacement qui doit être ferme mais pas brusque. Ouvrir le flacon de liquide vaisselle pour le réconfort de la sniffette mais pas possible d’y aller directement avec, ça gaspillerait trop. Et puis d’abord, mettre à l’écart tous les ustensiles. Pas possible de les passer à la vaisselle tout de suite, le bac est trop rempli mais les mettre dans la grande cuvette et les sortir, hors de la vue ! C’est là que le sol se fait remarquer. De grandes tâches de sauce tomate. C’est vrai qu’il y a eu quelques sursauts à l’ouverture des boites et quelques doigts entaillés aussi. Bien embêtant, il y a des grains de riz qui sont tombés dans certaines flaques rouges, ça fait du relief. Il va falloir y aller d’abord au sopalin pour enlever la matière, geste subtil du poignet qui doit sentir le moment d’un relevé preste pour entraîner la matière et puis ensuite à la vieille éponge pour achever la tâche. Achever la tâche mais ce n’est jamais fini. Jamais fini.

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