#Boost 11 – Egarement.

Nous décidâmes de nous mettre en mouvement, nous, moi, toi, mon ombre et ta silhouette. Est-ce toi qui me poussa en avant ou moi qui t’incita à, ou avions-nous pour commun accord de nous ébranler ensemble ? Le fait est que nos pas débutèrent sur ce chemin où chacune de nos empreintes s’effaçaient dans l’obscurité. Allions-nous tout droit vers un mirage en avançant ainsi dans les ténèbres et savions-nous seulement où nous nous rendions ? Nous nous déplacions, sans dérèglement, ni ébranlement, un pied après l’autre, évitant de tomber sur les bas-côtés mouillés qui longeaient notre trajectoire. Mais avions-nous un but réel ? N’étions-nous pas en train de nous égarer tout droit vers une utopie, une fiction, une histoire bien ficelée que nous aimions à nous créer ? L’opacité nous fît perdre tout discernement et même le scintillement de la lune nous aveugla. Nous arrivâmes à la croisée des chemins sans avoir réussi à toucher autre chose que nous-même. Et pourtant il eut été sage et bon de tendre les bras, d’attraper la noirceur, de palper la matière, d’écouter les bruits, de sentir l’air frais, de contempler le firmament et de frissonner à la nuit mais nos pensées et nos esprits englués dans notre questionnement nous empêchèrent de percer le brouillard.

A propos de Clarence Massiani

J'entre au théâtre dès l'adolescence afin de me donner la parole et dire celle des autres. Je m'aventure au cinéma et à la télévision puis explore l'art de la narration et du collectage de la parole- Depuis 25 ans, je donne corps et voix à tous ces mots à travers des performances, spectacles et écritures littéraires. Publie dans la revue Nectart N°11 en juin 2020 : "l'art de collecter la parole et de rendre visible les invisibles" voir : Cairn, Nectart et son site clarencemassiani.com.

4 commentaires à propos de “#Boost 11 – Egarement.”

  1. J’adorerais que tu développes ta belle idée de donner une définition du nous (nous, moi, toi, mon ombre et ta silhouette.) Je vais d’ailleurs m’y essayer moi-même tant cette première phrase m’emballe. Merci Clarence.

    • Merci les filles, Françoise et Emmanuelle pour vos lectures et vos retours. Vous me donnez des pistes pour la 11 bis. Bon dimanche.

  2. dans la même mouvance qu’Emmanuelle pour la mise en branle… superbe
    et puis le fantastique s’annonce avec « chacune de nos empreintes s’effaçaient dans l’obscurité », j’ai ressenti comme une pointe d’angoisse, le récit pour moi était lancé…
    tentative d’égarement ou mirage ou désir d' »attraper la noirceur » ?

    • Merci les filles, Françoise et Emmanuelle pour vos lectures et vos retours. Vous me donnez des pistes pour la 11 bis. Bon dimanche.