
Oui, ça a commencé ainsi : des flocons. Ça tombait du ciel. Alors trouver un café avec large vitre. Voir tomber ça en étant abrité. Voir le jour se lever en même temps. Essayer de reconnaître l’individualité des flocons traversant l’epace incertain entre le ciel enténébré et le tapis de la neige rehaussé par les phares des voitures. Dessiner ça et se demander. Dans la langue qui faisait régulièrement intrusion, au temps de l’enfance, on ne disait pas que la neige tombait. On ne disait pas : il neige. On disait : avem la nèu. Nous avons la neige. Pas d’action pour les flocons. L’ici-bas gratifié d’un don. Et moi, je dessine, assis contre la large vitre du café, Alésia. Pourquoi pas, après tout ?