dès dix mots le bruit
d’écritages avancés
entropie en vue
la brume des mots
brouille soupçon des idées
nébuleux périls
Nuager, verbe rare. Et si récurrent pourtant. Addiction sans nul doute. Combien d’heures, de journées, de nuits passées à nuager ou à être nuagé ? Combien d’années ? Comme à procrastiner la vie. Attendre le vent dissipant les brouillards.
dire sans sujet
pas le Verbe au début
dire sans objet
Au tout début, il y a ceux qui t’apprennent à lire. Comble lacanien, pour moi elle s’appelait Madame Langue et je rêvais de l’embrasser. Et puis il y a aussi ceux qui te font bègue, de nombreux autres, toute une foule à affronter. Et puis, cela arrive aussi, il y a ceux et celles qui te poussent à écrire. Jeanne, la stricte secrétaire d’un vieux notaire, qui frappe à la machine tes premiers poèmes, le maître, disciple de Célestin Freinet, qui te fait correspondre avec l’Afrique, le professeur, enseignant le français et le dessin au collège, qui lit à haute voix des extraits de ta rédaction à toute la classe. Et puis, et puis, et puis…au début on ne sait rien encore de l’égo en nous.
bien joli !
Ah, être lu devant la classe, c’est bon pour l’estime de soi… après ça place la barre très haut ..,
Madame Langue avec cette orthographe ? Embrasser la langue ne veut pas dire forcément avec .
Plus que joli ! Trop trop joli. (après qu’on a semé c’est bien quand ça pousse )
Et là ça pousse si délicatement
Une flopée de rencontres et un cheminement à travers les mots… lire, écrire, dire à haute voix.
Et puis Freinet…
On ne dira jamais assez le fouillis d’effets de la méthode Freinet. Merci d’avoir ouvert le bal sans verbe, rien qu’avec de la chair… ce qui me ramène à ce conte que tu connais peut-être à ton insu : https://www.lecafeeuropa.com/post/la-chair-de-la-langue
Rétroliens : #contruire #01 Élucidation des sources (…) – le Tiers Livre | écrire, publier, explorer
Merci pour ton texte Ugo. j’adore la chute : «au début on ne sait rien encore de l’égo en nous ».
Moi aussi.
Merci Daniele, Nathalie, Annick, Emmanuelle, Natacha de vos passages et de toutes vos écritures. Langue ou Lang je ne sais pas quel était la bonne orthographe du nom de mon institutrice. Mais je suis bien allé audacieusement l’embrasser sur la joue dans la cour de l’école à la fin de la contine « embrassez qui vous voulez ».
Me rappelle la maîtresse d’école de Brassens (chanson qu’il n’a jamais lui-même chantée)
Bel hommage à ces passeurs, ces éveilleurs. Des rencontres fécondes.
Merci Betty. Oui, des passeurs qui réussissent parfois contre les déterminismes, mieux que certains conseils d’orientation.
« elle s’appelait Madame Langue et je rêvais de l’embrasser. »
La mienne s’appelait Mme Silex (ou un nom approchant, que l’on déformait ainsi).
Merci Laure
…Nuager quel poétique verbe à ne pas confondre avec ennuager, activité brouillard d’ensemenceur de nuage… Merci!
Tiens nous avons navigué dans la brume tous les deux 😉
Comme c’est beau !
nuager nuager nuées nuage nager
fumer lente et haïku
la brume des mots touche