J’ai navigué sur les dossiers de ma mémoire, le froid toujours, le blanc des matins, le soleil énorme qui s’enfuit qui ne reste pas pour réchauffer la terre, écrire pour dire, pour me dire, pour me lire, pour retenir, pour devenir, et puis ne pas savoir quoi écrire, passer par le rien, poser les points d’interrogation, capturer les réponses, se laisser étourdir par leur impossible, ouvrir les fenêtres, regarder, s’émerveiller, se tétaniser de tant, rester à l’ombre des mots sans rien décider, les laisser glisser dans le temps, les ramasser partout, sur les couleurs de l’horizon, celles de l’ennui, de la nostalgie, parfois les ampoules au plafond bougeaient, la voix du père grondait à l’heure de la sieste, il fallait se taire, fermer les portes, imaginer les secrets des armoires sur le papier, garder le cœur ouvert de l’enfance, chanter les oiseaux, courir dans le petit chemin, retrouver le début, l’apprentissage, le geste, pour écrire les mots, la capture d’un instant, d’une image, trouver le seuil du livre rêvé.
8 commentaires à propos de “#construire #01 | Trouver le seuil”
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Merci Marie pour ce texte qui me touche, qui me parle… du seuil
Merci à toi Raymonde pour ta lecture et tes mots qui me réconfortent.
le recours à l’infinitif, puis à l’enfance, puis encore… (merci c’est bien beau)
Merci Piero pour ton passage ici. Très touchée par tes mots.
« les laisser glisser dans le temps, les ramasser partout » Merci pour ces évocations Marie. Je voyais la brassée dans les bras d’une enfant, et s cueillette glissant au fil de ses pas et les yeux brillants
Oh merci Rebecca, pour y avoir vu l’indicible. Ravie de ton passage ici.
Si beau ce seuil à trouver et le texte aussi. Merci, Marie.
Bonjour Anne. J’ai bien failli ne pas publier et je reçois tous les commentaires comme de vrais cadeaux. Merci