C’était haut, haut même pour une taille d’adulte. Un rectangle qui avait vue sur le ciel ou le ciel qui avait vue au-dedans comme percer les ténèbres. De là tombait la seule lumière et c’était sur un damier de dalles blanches et noires disposées en losanges au sol du long couloir. Une surface vitrée inaccessible et close à jamais d’un mastic beige que le soleil ferait fondre à force d’étés répétés, que le gel craquèlerait en hiver. Depuis les pieds sur le tapis persan qui recouvrait les marches avec l’angélus du tableau figé au mur à gauche, quand la rampe en bois s’offrait à la main droite, l’œil anticipait cette ouverture. C’est par là que la grille du jardin de devant entrait dans la maison, celle qui grinçait déjà à l’époque à cause des pavés bombés excavés en secret par quelque racine mystérieuse, et qui raclaient le bas des barreaux du temps où Finette attendait Edmond, qu’il pousse enfin cette grille puisqu’il venait d’être libéré. Depuis ces quelques marches du bas de l’escalier et malgré sa petite taille, elle aussi l’aurait vu pousser la grille par cette vitre en hauteur qui surplombait la lourde porte d’entrée derrière laquelle ils avaient trouvé refuge et hospitalité. Quel besoin avait-il eu de sortir ? Et c’était arrivé.
une menace sourd derrière cette fenêtre haut placée… Tout ce que l’oeil voit nous le dit, merci Anne
J’aime bien vos retours, ils m’ouvrent toujours une dimension autre ou un résumé et tout cela m’est souvent étonnement. Merci, Catherine.
…. la grille du jardin de devant entrait dans la maison, celle qui grinçait déjà à l’époque… Vraiment réussi. L’atmosphère est là.
Ah, j’ai aimé comment ça a travaillé, à la lecture, entre mon imaginaire et mon oeil !… Et finalement mon oreille aussi…
« Un rectangle qui avait vue sur le ciel ou le ciel qui avait vue au-dedans comme percer les ténèbres » ça parle fort cette image et ce mystère de vies
Je n’avais pas remarqué avant ton commentaire que c’était le même procédé que pour le nom qu’on leur a donné, où j’avais écrit un truc sur regarder par le trou de la serrure dans la description du projet. Tu as raison, similitude. Merci, Nathalie.
Et la lumière qui tombait par la lucarne sur les dalles blanches et noires du long couloir, et le tapis persan qui recouvrait les marches, et la rampe en bois qui s’offrait à la main droite…puis l’ébauche…
On est prêt pour l’histoire!
Merci de ta lecture et de ton encouragement, Monika. Il n’y a plus qu’à… 🙂