# construire # 07 | inventaire

des paragraphes de relecture (à un moment j'ai arrêté mais il se peut que ça continue si j'y trouve plaisir ou joie ou utilité)- en réalité la consigne est tournée, puisqu'il ne s'agit plus de construire - mais plutôt de déconstruire comme aime à le proclamer notre doxa plus ou moins passée à la vulgate - la même eau disons intime de situer les diverses enquêtes ou propos : c'est l'objet des paragraphes  - ça n'avance à rien, sinon à cheminer de concert, sans trop de commentaires mais avec des lectures - et donc des écritures - amicales amies ou proches mais éloignées virtuelles quelque chose - j'ai été surpris hier soir lisant sans le savoir un article d'un supplément du canard (sur le téléphone) qui traitait d'une artiste de moi inconnue et de sa vie formidablement domptée et vouée à sa peinture et ses autres œuvres disons (Tracey Emin) surpris de découvrir qu'en effet le collier porte trois rangs - quelque chose de non su ou d'oublié mais fondé donc sur la réalité - une certaine réalité - je ne pose pas ici (j'ai pas le droit mais c'est au journal) cette image qui ne confirme que le rôle de silhouette exercé ou tenu par un personnage qui ne reste pas dans les premiers rôles (elle apparaît en gras; les premiers rôles derrière les → )

Cent vingt deux passagers et cinq membres d’équipage
un gros type marchand d’armes qui boit du champagne
une hôtesse de l’air brune qui pense au commandant de bord
une hôtesse de l’air blonde qui pense à son mari qui n’aime ni les avions ni les aéroports
une starlette en beige qui pense à son mari producteur de cinéma
une bijouterie sur la promenade des Anglais
une bijouterie dans la rue principale de Jersey
→ un type aux yeux bleus la cinquantaine habillé de beige, sur ses genoux un panama
quatre enfants ou cinq qui se chamaillent un peu pour la place à côté du hublot
deux femmes, trente-cinq ans à tout casser mères de ces enfants-là
un commandant de bord troisième d’une fratrie de cinq autres frères
un second qui tchèque la liste
un steward plus ou moins homo plus ou moins blanc plus ou moins autre chose sans doute
deux barbouzes encostumés armés vigilants moustaches chapeaux
un jeune type dans les vingt ans à qui manque un crayon
un vieux mec qui a peur de mourir dans le crash du décollage
un aéroport, Orly, et un autre, celui de Nice Côte-d’Azur

→ une vieille femme aux cheveux ras et blancs maigre quarante-deux kilos chétive déterminée
→ un vieillard immobile assis sur un rocking-chair dans une véranda
quelque part entre les deux tropiques probablement, une ville proche de la mer, une lagune
un quartier aux rues toutes semblables qui se croisent toutes à angle droit
deux maisons mitoyennes voisines séparées par des jardins à l’abandon, l’une bleue l’autre verte
une femme rousse et enceinte voisine un peu éloignée
une infirmière que ne cesse de mater le vieillard notamment l’échancrure de son corsage
une femme de ménage ou bonne à tout faire noire de peau une incisive en or au sourire ravageur
un voisin toujours présent sur les lieux sauf quand il va à la mer ce qui est rare
un épicier qui pratique les livraisons à domicile

un employé de banque, chargé de comptes, maigre sec à moitié chauve
une employée de consulat ou quelque chose qui livre le matin tôt une enveloppe dans un parking des Champs Élysées
un chauffeur de place qui conduit une merco noire à cent soixante sur l’autoroute du Nord
une employée d’agence immobilière internationale
un enquêteur qui cherche à identifier comment le locataire de la maison bleue
→ un tueur à gages tout de noir vêtu
un concierge d’un hôtel international

une avenue qui descend vers la lagune, des arcades, des colonnes, des magasins de l’ombre et le soleil qui cogne
→ un type en beige jusqu’au panama lunettes de soleil qui descend l’avenue
à gauche le cinéma Le Parnasse, à droite une ambassade protégée par un véhicule blindé
un vendeur à la sauvette de jouets pour enfants chiens qui jappent ou voitures qui roulent et clignotent
un bijoutier sur le pas de sa porte – des colifichets en faux or ou faux argent ou vrais verres de couleurs
un type en costume froissé mais croisé épaule contre une des colonnes de l’avenue qui regarde passer le temps
un chauffeur de taxi appuyé sur l’aile avant gauche de sa skoda ou toyota jaune ou noire et rouge
trois femmes en noir en manteau de fourrure
un glacier
un vendeur de jus d’orange un autre de journaux

un hôtel Excelsior, un autre Golf Royal, un autre encore Le Calife ou Le Pacha
deux femmes vêtues de robe de même facture l’une au fond mauve l’autre au fond verte
un jeune type casquette lunettes de soleil joint probablement ou cigarette seulement assis sur le dossier d’un banc peint en bleu adossé à une grille de la même eau
un chef de gare qui lève son drapeau et souffle dans son sifflet
une locomotive à vapeur qui entre en gare stationne et part
des quais de gare et des policiers qui patrouillent

A propos de Piero Cohen-Hadria

(c'est plus facile avec les liens) la bio ça peut-être là : https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article625#nb10" et le site plutôt là : <a href="https://www.pendantleweekend.net/ les (*) réfèrent à des entrées (ou étiquettes) du blog pendant le week-end

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