Derrière mes paupières closes
Une falaise, une falaise qui déboule, dévale, tourne sur elle-même, s’enroule dans la forêt, attaque le phare et finit épuisée sur la place du village, derrière la maison du pêcheur qui ne pêche pas
un garçon qui fait des châteaux de galets
une fille qui regarde la mer
un corps au sol
un vieil homme qui joue aux cartes
les arbres qui plient sous le vent
le gardien de phare avec ses rides aux yeux
des enfants dans une cour d’école qui forment une ronde
un jeune homme qui veut monter dans une barque
une femme qui coupe des fleurs
un fou – pourquoi pas ? il y a toujours un fou quelque part
un gosse qui court sur le chemin qui descend au village
un homme qui sort en colère de sa maison à la vitre brisée
un goéland qui ne peut plus s’envoler
et le vent qui s’engouffre
toujours les mêmes éléments en boucle, comme un tirage de carte de tarots qui s’échinent à dire la même chose – on ne sait juste pas le déchiffrer