Oublier la panne d’écriture, que je voulais écrire. Alors, quitter le canapé, le canapé d’écriture pour aller préparer le dîner. Éplucher les légumes, ne plus y penser, soudain, y penser, elle est là, l’anecdote, bien réelle.
Je panne
Tu pannes
Elle panne.
En panne d’écriture Quitter son canapé, sortir, marcher. Comme du temps de l’écriture des rapports professionnels, les laisser reposer jusqu’au lendemain, obscurs, illisibles ces écrits sur les paysages remarquables du Périgord, oublier, aller marcher dans les lieux, arpenter les paysages, dormir et le lendemain ne pas reconnaître son texte, ses mots.
En panne, en manque d’inspiration, en ce mois de septembre vingt-cinq. Se fixer une contrainte, tous les jours écrire sur les nuages. Poster le texte, parfois juste quelques mots, une photo sur son blog et les réseaux. Pour être sûre, sûre de s’y tenir. Tous les jours, lever la tête, observer les nuages, écrire, aller marcher en bord d’océan, écrire, s’étendre sur le sable, écrire dans sa tête. Toujours, l’océan sera inspirant. Sa force, les sacs et ressacs des vagues, l’air iodé, le giclement de l’eau sur la peau, les cheveux au vent et les marches pieds nus sur le sable.
En panne d’écriture, sortir, marcher, écouter un podcast sans lien direct avec le projet d’écriture du moment. Un podcast d’artistes parlant de leur création. Au retour souvent les mots sont venus, les pages se sont écrites.
En panne d’écriture, alors écrire sans réfléchir et parfois les mots se re-connectent au projet en cours. Pas toujours.
En panne d’écriture alors se lancer dans ce projet un peu fou, initié par Juliette d’écrire un haïku par jour pendant un an.
En panne d’écriture s’asseoir sur le sable, fixer la ligne d’horizon, la ligne de rencontre du ciel et de l’océan. Ne pas penser à son projet d’écriture, rêver, photographier. Plus tard, des fragments de texte s’écriront, avoir confiance.
En panne d’écriture, se dire que l’on écrira plus jamais. Se dire à quoi bon ce projet d’écriture. Et puis écrire juste pour soi.