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iPad et peaux de lapin

Hier, dans cette belle journée organisée par le Centre régional du livre des Pays de Loire (merci Guénaël Boutouillet et toute leur équipe), accueillie par la BU d’Angers, moment d’échange important entre deux visions différentes du monde des bibliothèques, entre Olivier Tacheau et Silvère Mercier, les répercussion twitter en portent trace. Ce qui n’empêchait ni le respect ni l’amitié. Parlant de l’impact social de la mutation numérique de l’édition et de la librairie, Olivier Tacheau a lancé : Il n’y a plus de rémouleurs ni de marchands de peaux de lapin. Même si je suis plus vieux (d’un bout) qu’Olivier, on a derrière nous même ancrage. Aussitôt j’ai revu l’entrepôt de Philippe Gaignard à Civray, et comment ce gars qui la portait beau, façon cow-boy, changeait de D 21 tous les ans, la voiture qui allait le plus vite, avec toutes les options. Et qu’il renouvelait aussi régulièrement ses trois camions, des Citroën aussi, modèle 350. Comment ça existerait encore, les peaux de lapin Gaignard à Civray, vais demander enquête... Voilà, c’est tout. Aucune projection mécanique. La complexité, Olivier Tacheau a su nous y embarquer : Un bibliothécaire qui ne serait pas intime avec le numérique aujourd’hui, c’est comme un bibliothécaire qui n’aurait pas aimé les livres il y a 20 ans, ou bien : La bibliothèque peut et doit se faire la Cantine numérique de sa ville. Et beaucoup et beaucoup d’éléments (vidéo dispo en janvier nous a-t-on promis), sur les niveaux d’appropriation de la complexité, sur le paradoxe que tout, en numérique, peut s’apprendre tout seul avec le web etc. Je ne sais pas si d’autres que Daniel Bourrion et moi seront restés sur cette image du marchand de peaux de lapins disparu, Bergounioux saurait probablement très bien lui aussi à quoi cela fait référence. Au moins regardait-on la complexité en face, si violente qu’elle s’annonce dans ses effets. Ai-je envie encore d’acheter un livre papier, et qu’est-ce que cela induit pour ceux dont c’était la tâche, mais une tâche qui était le substrat et non pas la finalité ? Quand Antoine Emaz est venu au micro, hier soir, pour conclure l’heure de lecture, lui aussi avait à la main un iPad.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 décembre 2011
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