< Tiers Livre, le journal images : 10.04.30 | ordicrâne

10.04.30 | ordicrâne

À Providence bien sûr on est entré dans 2 librairies, une indépendante de petite taille, où vu par exemple The Loop, traduction de La Boucle de Jacques Roubaud, et où on a été les seuls clients un bon quart d’heure, et l’après-midi le Borders du centre, où on a acheté évidemment des bouquins, c’est ce qu’on voulait, des livres en anglais, mais assez impressionné par toute l’armada de la circulation commerciale : livres soldés si encore en stock au bout de tant de semaines, livre offert si on achetait tant d’autres (j’entends : titre choisi par Border’s pour être offert, et par conséquent l’auteure devenue auteure de livres offerts), le petit stand Sony bien triste, boîtes en carton accrochées à un présentoir, et la pesanteur massive des rayons Romance en haute couleur, des rayons Horror (là que j’ai trouvé Lovecraft, c’était sa ville, mais même pas une des bios ou essais) et ainsi de suite. J’ai fait plein de photos de l’intérieur de la librairie mais je ne les mettrai pas ici : c’est trop à la dérive, trop désormais vers le produit. Et pourtant quelles belles choses dans le rayon Literature, plus la wi-fi gratuite dans toute la librairie. Reste qu’on était bien peu de clients, aussi, pas plus dans toute la librairie que dans son petit coin café. On avait besoin des livres pour tout ce qui était hors de notre perception sensible. On ouvrait le temps pour un travail d’imaginaire vers ce qui était l’objet du récit, et seul changeait le statut du représenté par rapport au réel : Lovecraft en savait parfaitement jouer. On a l’ordinateur, maintenant, pour cela. D’ailleurs, même pour trouver ses maisons, à Lovecraft, mieux valait donc l’ordinateur que la librairie. Et même aujourd’hui pour prolonger, étendre. Revenu à Québec, trouvé 2 essais sur Lovecraft, une espèce de monstruosité collective datant de 1999 et remplie de de psychanalyse de bazar, et le très digne et inspiré livre de Houellebecq, de vers ces années-là aussi. Mais ces livres ont passé dans trop de mains : je n’aime pas les livres de bibliothèque, et je n’en ai guère empruntés, même si venant souvent m’y installer avec l’ordi. C’est donc l’ordi l’ancien travail du crâne : un statut qui a changé dans la documentation du monde, et la temporalité d’accès à cette documentation. Comment on ne se réjouirait pas d’essayer, tenter, avancer ici ?


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 30 avril 2010
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