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Après ces 5 jours US, toujours cette question d’échelle dans ce qu’on perçoit, et notamment ces bâtisses industrielles de briques totalement évidées : la taille n’est pas un antidote à l’écroulement. Impossible aussi, dans les heures sur l’interstate 95, de ne pas s’interroger sur comment ils n’ont pas vu venir la chute de leur industrie automobile. Leur reste les banques, et ce gigantisme de l’espace. Retour à nous-mêmes : on fait le tour des nouvelles, des blogs spécialisés, des infos en cours. Dans l’industrie du livre, on dirait que tout est tétanisé par l’Internet, mais qu’ils s’y prennent constamment à l’envers, sans comprendre ce qui se passe sur le réseau, et donc avec des réponses techniques qui ne peuvent qu’accélérer la cloison de fer. A l’inverse, côté web, là où on serait prêt à travailler avec eux, pas de réponse à des projets précis : ils préfèrent développer des monstres en interne, que faire la moindre confiance. Je découvre l’existence d’un Syndicat des distributeurs de loisirs culturels : pourquoi pas, mais c’est bien typique de ce qui ne peut que s’écrouler. Ce qu’on trouve ici, ce n’est pas du loisir. Même sous l’écrasante domination industrielle (ô symbole de cette prise USB absente avec provocation de l’iPad – outil à consommer du web), Internet reste aussi le lieu où combattre l’idée de loisir, comme on le faisait dans livre et revue, du temps que livres et revues étaient autre chose qu’une industrie. Il y a pensée, il y a esthétique, et ce qu’on a appris depuis longtemps c’est qu’en temps de mutation ça passe par l’expérience. Nous expérimentons donc. Bien sûr pour nous aussi, réduits à situation de quasi mendiants pour tenir, c’est difficile. Seulement, l’impression d’être dans le juste : funambule c’est pas si grave, quand le câble est accroché des deux côtés. Pour ce qu’on a laissé en arrière, université ou édition papier, obtus de cette façon pour Internet, c’est le même exercice funambule : ils sont sur la plate-forme, en tenue, et ils dissertent. Seulement y a plus de câble.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 2 mai 2010
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