la Terre est morte à Buffalo | l’important c’était le toit à soi

une avancée indiscutable vers un référent habitation unique


Dans la ville, tout le monde n’avait pas logement : il suffisait de se promener centre-ville ou bien, au pieds des grands échangeurs, près des marchands d’essence, d’entrer dans une des enseignes de bouffe toute prête – qui, parmi toutes nos villes, pourrait prétendre à l’utopie ? Mais quiconque en gros accomplissait ses obligations scolaires, traversait sans barguigner ces zones sas des petits boulots d’apprentissage, entrait enfin dans la vie stable, le numéro qui servait dès atteinte la majorité aux assurances sociales, greffé peu à peu sur la base de données des impôts, celle de la justice, et qui vous servait à voter, à gérer même progressivement vos banques, était en même temps attribué à une maison et ça devenait la vôtre. On procédait ensuite par échange, un bureau administratif les entérinait : on déménageait bien sûr, mais votre nouvelle maison portait comme référence (réseaux d’eau, électricité, Internet et télévision, plan d’occupation des sols, attributions automatique des places de crèche en fonction des occupants) ce numéro que chacun savait évidemment décliner de mémoire. Vous l’entriez sur le localisateur d’un véhicule (global positioning system), votre voiture, votre taxi, ou bien sûr le téléphone portable de vos amis affichaient l’itinéraire d’accès – même plus besoin d’adresse. Ce qui faisait la force de la ville, une si grande concentration d’habitations, et que la vôtre vous soit d’emblée réservée, tenait en bonne partie à ce système d’identification dit à référent unique.

 


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responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 4 mai 2010
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