13.11.10 | de la chute des satellites

le satellite Goce a entamé sa descente vers la terre – source : MyTF1News


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13.09.24 | cosmos aller simple

1 _ COMPRESSION

Une tonne, cinq mètres de long, et seulement quarante-et-un kilogrammes de xénon liquide brûlés pour tenir quatre ans dans l’espace, tournant autour de la terre pour en mesurer la gravité et maintenant voilà qu’il est repris par la gravité, explosera à une altitude de quatre-vingts kilomètres environ, se dispersant en quelques centaines de fragments dont la plupart – mais pas tous – se consumeront avant d’atteindre le sol. On nous dit qu’en cinquante-six ans de propulsion spatiale il n’y a jamais eu d’accident, qu’il retombe sur terre presque un engin par semaine, et que la probabilité d’être touché par la chute d’un satellite est 65 000 fois moins grande que celle d’être touché par la foudre : seulement, nous connaissons tous des individus (ou des arbres, ou des maisons) touchés par la foudre.

 

2 _ RENVERSE

Toutes les semaines, il revenait sur terre un de ces satellites en fin de vie, dont nous avions peuplé les orbites géostationnaires pour la commodité de ces conversations téléphoniques toutes si utiles qu’on entendait dans les trains, ou les séries américaines dans vos télévision, ou l’Internet qui vous permet de lire en cet instant cette ligne. On disait qu’ils se brûlaient à leur entrée dans l’atmosphère, qu’il n’en parvenait au sol ou dans les mers que quelques fragments. Mais en multipliant ces fragments par la quantité de ces écrasements, un par semaine maintenant, on en remplirait des caisses. Ce grand cylindre d’une tonne, cinq mètres de long, propulsé au xénon dans la nuit sidérale où, pendant quatre années pleines, il avait gravité à une vitesse linéaire inaccessible à notre expérience sensible, qu’avait-il vu du monde, le nôtre et l’autre, immense, qui nous entoure ? Qu’avait-il compris ? Et ces poussières qui s’y étaient accrochées, ces ondes et signaux qu’il avait captés, que racontaient-ils ? La probabilité d’être touché par un fragment de Goce était faible, presque infiniment faible. Mais elle n’en existait pas moins. Quelqu’un, quelque part, pouvait recueillir, tombé devant ses pas (à moins qu’il ne lui ait percé le front) un fragment déchiré et brûlé de métal qui recèlerait en lui une de ces clés inaccessibles, l’explication même de la nuit. Nul ne pouvait en exclure l’infime probabilité, ni que ce soit vous-même.

 

3 _ SOURCE


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françois bon © Tiers Livre Éditeur, tous droits réservés
1ère mise en ligne et dernière modification le 10 novembre 2013
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