j’irais à Venise rien que pour ça

voir Keith Richards en photo à Venise


Juste l’annonce d’une expo. Et d’ici fin mai, peu de chance que je sois un matin à l’aube sur l’esplanade devant la gare.

Ça m’est arrivé souvent autrefois, du temps de la Villa Médicis et échapper à ses pesanteurs, prendre le train de nuit, et dans l’hiver (même la neige, une fois), débarquer à l’aube dans la ville du silence pour à nouveau s’y perdre.

Je ferais le voyage rien que pour cette photo de Keith par Anton Corbijn, et sur ma page Stones, une biographie, en streaming, il y a 18 minutes de lui et Ron Wood en studio, grognant, chantant, au temps des Woodoo Sessions, une perle.

Au fait, Keith Richards, il a 6 ans de plus cette année... Bizarre qu’à Venise ce soit au Palazzio Fortuny : comme en écrivant ma biographie, par ce nom Fortuny voilà Proust qui se glisse à nouveau à égalité parmi les Rolling Stones.

A Venise, la dernière fois c’était dans le creux du mois d’août, par surprise, parce qu’il faisait mauvais temps sur l’Autriche, la décision soudaine des 6 heures en voiture pour montrer Venise aux enfants, et finalement on y était resté, en improvisant le séjour et achetant sur place des brosses à dents et tee-shirts de rechange. Je n’ai su faire que des photos de touriste (sauf peut-être cette série au cimetière). Au vrai, je n’avais pas encore complètement le réflexe numérique. Il reste dans le souvenir cet énorme orage en pleine nuit, et d’avoir dû à ce moment-là faire l’aller-retour de la gare à la voiture dans son parking, un Venise de ciment et béton, où l’eau et le ciel étaient aussi noirs tout en haut que tout en bas, et même devant les yeux myopes dans la pluie en rideau. Il reste le bruit absent des rues désertes, la musique particulière à Venise, qui fait qu’ensuite on reprend Henry James...


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1ère mise en ligne et dernière modification le 8 mars 2005
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