Billancourt

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Austerlitz anniversaire

Passé brièvement en voiture, lundi matin, avec Patrick Souchon, porte de Sèvres, quand on surplombe puis longe l’île Seguin. Je l’ai trop connue avec Renault Billancourt dessus, je crois que je verrai toujours le vieux paquebot d’acier. Assez désolé, cette île désormais plate et nue, tous les projets s’écroulant l’un après l’autre. Mais je ne savais qu’ils avaient gardé le portail. Je trouve toujours ça mesquin. Dans ces cas-là, du passé autant faire table rase.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 19 janvier 2011
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Messages

  • Foncé à la Grande Bibli, pourtant chez moi il y avait de quoi faire, mais la semaine sinon sans et ce besoin, cette nécessité, d’avancer coûte que coûte. Ne pas lâcher le vrai travail pour celui qui me fait manger alors même que l’énergie tend à se carapater et le sommeil vainqueur.

    Finalement pris le temps de répondre à Celui qui et qui est surtout celui qui va mal ces jours-ci.

    J’aime que du passé on garde une ou deux bribes. Quand il s’agit d’un lieu où tant ont souffert et rudement travaillé, je perçois la trace conservée comme un hommage plus que comme mesquinerie. Que leurs petits-enfants puissent au moins raconter, Tu vois le portail, là, c’est où grand-père a bossé si dur et passé tant de journées.
    Qu’il reste au moins un élément à quoi se raccrocher, duquel imaginer, ne pas réduire à rien du tout toutes ces heures peinées.

    Voir en ligne : traces et trajets

    • "leurs petits-enfants", j’en fait parti. J’espère pouvoir dire ce que me disait mon père "c’est là que bosser Mamie". Petite trace qui va disparaître : absent de la maquette de Nouvel. Mémoire visuelle, orale et écrite sont, à mon regard, les seuls qui pourront dépasser ces beaux décors de cinéma (après avoir détruit les studios de Billancourt, il fallait bien les remplacer).

      beaucoup d’amertume pour les retraités du Losange qui pleurés devant la démolition du symbole de "la forteresse ouvrière" qui enrhumé la France : l’île Seguin. Tout est jeté. Je cherche depuis plus deux ans les traces. Plus je cherche et plus je m’écarte du Trapéze et de l’île, arpentant et errant dans le ruisseau de Boulogne : Billancourt, là où vivaient les ouvriers.

      La question de savoir si cette exposition de façade suffit, la réponse ne va pas de soi mais j’ai déjà vu dans l’Est parisien la construction d’une résidence sur une ancienne usine où ils avaient gardé les façade le temps des travaux et rien d’autre.

      Les travaux sur la partie du Trapèze Ouest sont finis, il ne reste aucun éléments, la taille du musée en mémoire des travailleurs réduit de jour en jour et l’enceinte du Trapèze Est est là pour remplacer les palissades de chantier.

      La place Nationale demeure le seul lieu empreint de cette mémoire.

      Voir en ligne : http://aquelquepasdelusine.blogspot.com/

  • Tu vois, moi ce qui m’embête là-dedans, c’est d’avoir entendu le maire de Boulogne-Billancourt se réjouissant publiquement de ce que la Ville « a racheté la vieille sirène d’usine : nous pourrons la faire sonner ». À cette forme de barnum de la mémoire ouvrière, je préfère l’éradication pure et simple de ce qui lui tient prétexte, vulgaire pan de mur en définitive. Dans la même conférence de presse, Jean Nouvel se faisait toutefois un point d’honneur d’ajouter qu’être digne de l’histoire de l’île Seguin ne consiste plus à garder quatre bouts de mur, « le devoir de mémoire, entre guillemets, réside davantage dans la restitution à l’île d’une morphologie, d’une cohérence de silhouette, que dans la conservation de quelques restes de façade ». Ce n’est pas la pire des positions.
    Jérôme Wurtz travaille depuis un moment sur l’effacement de l’univers Renault. On espère d’ailleurs bricoler ensemble quelque chose à la hauteur.

    Voir en ligne : Urbain, trop urbain

  • (je fais tourner "Decade", N. Young) hier, il y avait du soleil et j’ai bossé comme un malade (le retard, la pesanteur, la fatigue) commençait à faire froid (le soir un jus de fruit : very nice)

  • j’ai fait pareil, je rattrape mon retard, j’ai fini, là, je vais courir vers la Bourse, j’ai pris cette photo en revenant taleur et j’ai même pas vu le type au milieu, c’est ça qui est bien dans les photos, je voulais juste prendre comme c’était beau cet propre (le type devait y être, c’est pas possible qu’il ne s’agisse que d’un fantôme) (ou alors, c’est moi le fantôme ?)

  • j’ai voulu garer la voiture : un incendie, les pompiers partout, la peur du feu, de la fumée, j’ai pris le sens interdit pour mettre la caisse au garage (on en a besoin pour la mezza des mômes) (en arrivant un message de MJ qui me dit être à l’hôpital parce que la partie "ventricule est encalminée"... parfois j’ai peur, tout à coup, que ça ne tombe dessus, je ne voudrais pas et tous les matins, je devrais être tellement content de simplement être vivant et toi aussi - c’est comme ça, la vie...) (avec toi)

  • que le premier soir de travail (1° juillet 1969, 8 heures du soir et quelques) en me disant que plus jamais de ma vie je ne serais ouvrier, j’avais sur le pick-up (ça s’appelait comme ça, dans ce temps-là) un disque 33 tours d’Atahualpa Yupanqui (ou alors celui de Los Incas je ne sais plus bien) et que cette musique fait revivre chaque fois ce moment-là, de ce soir-là (c’était un mardi - comme le 11 septembre 2001) : sur le quai de la 2, ce matin vers 11 heures, ce type-là jouait ce morceau-là avec sa flûte traversière