être tragiquement (Calvino)


Je suis de moins en moins attaché au support sur lequel j’ai mes lectures, alors que la disponibilité matérielle du texte et la possibilité d’y faire des recherches plein texte m’est de plus en plus vitale. J’y pensais tout à l’heure, dans le luxe de s’octroyer, sur ces grands bancs de sable que la Loire laisse à nouveau émerger, dans ce premier soleil de l’année, avec d’un côté le lourd tome des textes critiques de Calvino, et de l’autre le petit Kindle tout léger mais voilà : pas de Calvino accessible. J’y lisais cette phrase : Telle est la leçon : construire en art et construire dans la vie, bannir ce qui est voluptueux de l’art comme de la vie, être tragiquement. Et Calvino de s’embarquer en intime et en frère dans cette phrase du Journal de Pavese, le 20 avril 1936. La lecture reste vitale, une tâche qui se construit, et qui va aussi avec le soleil, le loisir accordé. Avec le livre papier, je peux feuilleter, visualiser de façon probablement plus synthétique que sur le Kindle ou l’iPad, mais comme j’aurais aimé faire une recherche immédiate sur les autres occurrences du nom Pavese, de l’adjectif tragique. Avec ces appareils qui nous multiplient la bibliothèque, c’est au tour du livre imprimé d’être devenu la contrainte, l’atteinte au plaisir ou à la densité de lire.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 avril 2011
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Messages

  • c’est les vacances, on s’en va, la campagne, les ciels légers, les "sentiments profonds" (Jean-Louis Murat, que je n’aime pas spécialement, son "Col de la Croix-Morand", avec ces chiens qui aboient là-bas, avec cette intro qui ressemble à une musique de James Bond...), "je te garderai..." (photo mc©)

  • tout le monde s’est tiré en vacances, je reste un humble travailleur (un peu de boulot, je ne peux pas refuser) et je regarde passer le monde (sauf le lundi), je m’interroge, je m’achète deux chemises (aux manches courtes, une blanche et une bleue, 15 euros les 2, avenue de Clichy), ma tante est tombée, sa jambe lui fait mal, (je l’appelle tous les jours) elle ne peut guère marcher, mais elle ne sait pas me dire où (elle est tombée dans l’escalier, lorsque ma mère, sa soeur donc, est partie en septembre il y a deux ans), j’essaye de garder le moral, je fais des photos (vu aujourd’hui le film rétrospective de claude lelouch - on appelle ça un jubilé je crois dans le monde oecuménique) (je ne sais pas bien pourquoi il m’arrive si souvent de parler de la religion alors que je l’agonis) (principe de Peter sans doute) (lequel a à voir avec lelouch pour les scénarios calamiteux qu’il parvient à pondre de temps à autre) (tout le temps, c’est vrai) (mais il est assez sympathique tout de même avec son "enthousiasme" marqué au coin de la maniaquerie et de la dépression) (dommage il truque tout le temps)

  • ça y est ça déménage au boulot (le genre de truc qui fait profondément) (discuter avec J. qui dit que K. a du se battre comme un damné pour avoir ce bureau duquel on m’envoie paître)(pour ce que j’en ai à faire, de K, de J. et des autres)(je poserai une photo du truc, ça vaut la peine) ; je regarde le monde, il y a des choses qui entrent en détestation (mes contemporains, par exemple, assez fréquemment, surtout lorsqu’ils portent leurs habits professionnels) et puis voilà, on bazarde les trucs dans des cartyons ou à la poubelle (c’est le truc encore appréciable des déménagements) et on tombe sur cette couverture (cinéma du réel de la bpi, 2008) alors je me souviens de la station palais royal où un clochard faisait la manche à la place que j’occupais, entre onze et quinze, j’attendais avec ma boîte noire, dans laquelle la morris sur fond rouge, un type passe, je penche vers la cloche, glisse un billet de 500 francs sous son soulier et s’en va, sans rien dire... professionnel, oui, voilà... (la première chanson fut "Desolation Row", ce jour-là, je me souviens)

    • "un type passe, se penche vers..." pas "je" ; cartons sans "y" non plus ; enfin j’avais fait des corrections, mais je ne les ai pas enregistrées... mes excuses (je mets une image du film de lelouch pour la peine : c’est vrai qu’il y a la date et que ce long plan séquence à toute allure dans les rues de Paris, vers 6 heures du matin, grillant feux rouges et priorités à droite, c’est risqué : le truc, c’est de mettre du faux son-on l’entend- le truc c’est de faire un film chronologique et de poser en prégénérique ce plan-séquence "risqué" comme la métaphore de son travail de cinéaste : c’est au spectateur de trouver "ça" risqué, pas à lui, je pense...) (je la mets parce qu’elle est sur le bureau, j’en ai pris une vingtaine des acteurs-que d’acteurs- quelques unes manquées)

    • son cours terminé , allongée sur le sol elle dit , on pourrait rester là tout l’après-midi , sans bouger sans rien faire

  • il y a parfois des trucs qui s’amoncellent et qui s’accumulent, on n’y fait pas attention, et les voilà qui déboulent (on appelle ça aussi le retour du refoulé) (quand on sait) (sur la photo au zoom, c’est l’erreur, entre le déclenchement et la prise de vue - ce qui est important, c’est la prise ou c’est la vue ? - il doit se passer deux ou trois secondes, je suppose car je la voulais sans personnage : l’un s’enfuit, l’autre se demande ce qui lui arrive) (ça travaille au faubourg, mais ça cesse à 4)(spécial perso : reçu un coup de fil d’une de mes soeurs) (un journal c’est fait pour se souvenir) (aussi)

    • paraît que c’est demain que les cartons se tirent (même pas fermé le mien) (tiens j’avais posé une jolie photo de photos, elle a disparu) (en même temps, aussi, on s’en fout allègrement) (ça doit être ça, le truc : mes contemporains, ce qu’ils ont dans la tête, ou ce qu’ils expriment, c’est la matière du boulot) en attendant, je continue le bazar, je range ou j’essaye, je tente de sérier, j’installe doucement et je fais le ménage, la lessive et tout le bataclan ("man needs a maid" disait neil young : c’est bien l’amérique du nord, ce type de réflexion) (ce qu’il y a de bien, avec l’été- c’est l’été, là, faut pas déconner- c’est que les photos sont surexposées directement, ça me plaît ça)