la prison dans les champs


Je repasse souvent devant l’ancienne prison (un de mes premiers ateliers d’écriture, en août 1988), je la savais fermée, mais n’étais jamais passé devant la nouvelle. Le pays est grand, il y a des collines et des bois : ce qui m’a choqué c’est de la mettre comme ça directement au bord de la route. Bien à l’écart de tout, sauf des regards. Architecture nulle, on ne va pas le leur reprocher. Lignes droites, surveillances, symboles. Est-ce que c’est mieux, pour eux, la vie aux champs ? Est-ce qu’ils en voient seulement quelque chose ? Ou bien finalement si le moteur des 35 tonnes, dans le silence de la nuit, leur fait petite nostalgie ? Se dire que via le rail de la N10 à 4 voies on est un peu en prison aussi ?



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 juin 2012
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Messages

  • Je passe devant très régulièrement (Poitiers-Ruffec...) ;
    Souvent, des ficelles tendues entre deux fenêtres. Je me demande quelles ruses mises en place pour améliorer le quotidien. Communiquer avec l’autre ? échanges ? ça rappelle les téléphones-pots de yaourt de quand on était gamins. Sauf qu’ici, ça s’apparente peut-être à de la survie, fut-elle mentale. Vivonne, son mirador, son grillage dérisoire derrière le mur de pierre. Et ses ficelles.
    (y’a quelques années, j’avais fait ces photos là : http://urbietorbi.canalblog.com/archives/2006/10/23/2980602.html )
    Fçois

    Voir en ligne : http://irregulier.blogspot.com

  • Je lui dis que ça me fait penser à Brazil, il me répond "Mon oncle", j’objecte "Couleur de saucisses". Puis concède que Oui, Brazil.
    Il faut dire que ce tube nous est quasiment tombé sur la gueule (et celle du chien) du haut d’échafaudages de ravalement, lors de l’un des nombreux jours de pluie de ce printemps.

    Malgré ses étranges dangers et ce quartier qui me rappelle les westerns - bienvenue au saloon -, j’aime ce gagne-pain que j’ai.

    PS : Quelque chose dans ce billet m’a serré le cœur - son auteur me dit mais non c’était tout calme -. Je ne parviens donc pas à savoir quoi. Est-ce parce que je suis à fleur de peau entre un foutu chagrin d’amour déjà ancien mais qui refuse de s’atténuer et cette étrange expérience d’avoir appris 20 ou 30 ans après un secret familial fondé sur de la discrétion et de la bonté ? Le texte est tonique et volontaire et moi perturbée.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • Cette photo m’a fait penser à la prison de Loos-lès-Lille (après la sortie, en direction de Dunkerque).

    Il faudrait que je recherche dans mon disque dur externe celles que je fais régulièrement en passant devant le bâtiment, un peu plus éloigné de la voie rapide, mais avec un mirador dans lequel il n’y a jamais personne (les caméras de surveillance ont dû permettre d’économiser la fonction, si on a pu leur rajouter un fusil dans l’axe optique).

    Il y a un parking pour les visiteurs : je ne l’ai jamais utilisé.

    (A propos de prison : retrouvé une photo prise le 5 juin, en passant aussi sur le même pont célèbre de Paris où tu as capturé le couple de mariés... qui sait, le même ?)

    Voir en ligne : Le Tourne-à-gauche

  • je me souvenais parfaitement de cette image-là mais c’était il y a deux ans... l’année dernière, je ne sais pas... cette année, je sais bien, l’un des tordus présents a fait semblant de ne pas me voir (les gens sont cons, si ils nous regardent, ils estiment qu’on ne peut en faire autant et détournent les yeux) (celui-là est particulièrement atteint, c’est vrai) j’ai bu du champagne, et je suis revenu par saint sulpice (j’ai un peu rigolé, une fille m’a dit en parlant du speech de la ministre "c’était horrible, horrible...", le nouveau président portait une cravate verte(j’en parle même pas) et la plupart des convives se la pétaient grave) (faut quand même parler de son temps, ça ne peut pas faire de mal)

    • panne de feuilles blanches pour terminer travail écrit aujourd’hui, pars dans bâtiment en face demander : - lui : ça va ça va ne vous justifiez pas, celles là ça va - moi : euh non des A4 si vous avez - lui tenez ( m’en tend un gros paquet - moi : oh c’est trop - lui : excusez ce tropisme ( pars en rigolant ) - billet comique pour journée comique

  • juste une image volée chez PdJ (©donc, intitulée 20120313) le couscous ce soir (jamais je n’annonce à l’avance, mais voilà) (saisie, saisie saisie) (tropisme : très drôle)

  • je continue (j’ai vu l’expo richter à beaubourg c’est juste une merveille) (floue, certes) (merci encore) (je saisis mais je fatigue)(sinon l’été vient, je me dis que les programmes, les déterminations, les résolutions, ça a quelque chose de bon) (mais aussi de nul : ça ne va jamais) (déménagement hier, la voiture qui tourne, je nettoie, j’attends, on charge, on emporte trois guitares, un violon, une chaîne stéréo, quinze sacs de fringue, une valise énorme de fringues, une autre pleine de livres : l’aînée rapplique ; les choses changent, restent semblables) (la construction de l’immeuble de la bataille : ils en sont au rez-de-chaussée)

  • le 2, c’est dit, téléphoné à A. qui lui même avait appelé A. et il paraît que c’est en bonne voie (fait un texto à V. pour lui dire de resserrer l’escroquerie permettant à l’un de ses héros de couler des jours tranquilles à Trieste) (fait des photos dans Greenwalkstreet) (jme marre, c’est pour mon vazco) c’est une photo de nuit, elle a été prise avenue S. Bolivar, Paris 19, le soir tard, le Virage est encore ouvert, on y voit un poivrot qui cuve attablé sur le trottoir (le Virage est très bizarrement fréquenté : un soir, un poivrot s’est fait sortir de ce genre de lupanar manu militari il a emporté avec lui l’un des battants de la porte de verre, le type qui l’avait viré voulait lui faire une grosse tête au carré, le poivrot s’en est allé titubant, Paris 19 minuit quarante) (je mets la photo du Virage en prime de début juillet)

    • voilà tout, c’est ainsi, le soir le photo a été prise à minuit vingt huit, sans doute probablement début juillet nuit de samedi à dimanche (vu la Part des anges de Ken Loach) (j’aime le wisky) (je me disais il ne va quand même pas faire un film en Ecosse sans pluie, quand même, non, hein, hey...) (et non, il y en a) (un peu) (et des kilts aussi, et des types à poil dessous etc.) (le film est bien on recommande- mais on recommande les films de Ken Loach, c’est comme ça, on l’aime)

  • hier soir, presque pleine lune et sous le pont de Sully coulait la Seine (ça fait un moment que ça dure) (et c’est pas là de s’arrêter) (je suis allé voir "tu ne peux pas imaginer", je lui ai porté des fleurs, ma soeur m’a dit "tu ne (sous entendu implicite à la con : me) dis pas au revoir ?" j’ai dit "je n’y tiens pas" elle m’a dit "t’as tout faux", je n’ai pas dit "pouffiasse" mais je l’ai pensé, je suis parti)

  • Hier, heure de pointe, une sorte de folie prend la ligne d’eau.

    Voir en ligne : Fenêtres open space