journal | mort à l’attaché


C’était fascinant ces trois nuits à dormir dans la Guest House du campus de Berkeley, avec ce brouillard permanent de San Francisco qui rendait les silhouettes si fantomatiques, et chaque matin ou chaque soir toute cette traversée du vieux dédale pour aller retrouver le RER local. Tout au long des allées du campus, cette signalétique : pas neutre – les étudiants qui y sont représentés, dans leur diversité ethnique en particulier, ne sont pas du tout significatifs de l’homogénéité des facs US (hors, à Berkeley, la présence asiatique : sur la rive Pacifique, plus d’un tiers des étudiants viennent de l’autre bord de la mer, pile en face). Mais aussi parce que, nouvelles consignes obligent, on veut garder une sorte de fake d’écriture manuscrite (ça fait plus personnel, plus intime, plus spontané), mais on le fait avec la nouvelle norme, celle qui interdit l’écriture en attaché. Alors pourquoi ne pas mettre ça directement en affichage SMS ou clavier ? Pourtant, à Madison ou Chicago, où on a fait atelier d’écriture, c’est bien en attaché qu’ils écrivent, et pas en bâtonnets. Cette signalétique n’est donc pas convaincante, pas du tout. En attendant, moi, pour les formulaires à remplir ou les adresses sur les enveloppes j’ai de plus en plus de mal avec l’écriture manuscrite. Pourtant je renchéris plutôt sur l’attaché : en gros, je dessine ce qui ressemblait à l’écriture. Mais j’aime plus trop ça, vraiment plus trop. Le SMS c’est vraiment mieux.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 novembre 2013
merci aux 511 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • (je ne sais pas, si c’est de la poésie sur le tarmac, l’ambiance assez spéciale qui règne sur ces lieux, j’ai toujours quelque chose avec) (à l’image, deuxième plan, le vol air france en provenance de Paris qui arrive) (au premier plan à droite, le vol vueling qui d’Orly vient d’arriver) (bon la place vaut le double, mais tu n’y croiseras pas alain minc tiens) (je parcours la rue, je note les noms des rues en regardant le plan je continue mes affaires) (celle des tarmacs vient quand même d’assez loin, si j’y pense)

  • (c’ets juste le boulot, en même temps, mais c’est quand même dégueulasse- formations ; ou alors vacances ; réunions ; oublis ; laisser faire et aller ; penser à autre chose ; avoir autre chose à faire ; laisser tomber ; passer à autre chose ; et faire l’étonné ensuite : tous les 24 ou 25, le salaire est sur le compte, ça va bien, merci) (le reste a-t-il vraiment de l’importance ? voilà Noël, les cadeaux, les enfants, les lumières et les repas) (en attendant, l’immeuble de la bataille commence à prendre vie)

  • la nuit Paris (du pont de notre dame) (il fait gris, c’est la nuit qu’il fait encore beau : ça tombe bien, elle dure de plus en plus longtemps) (ce soir je lis un bout de soixante) (je vais sans doute aussi voir M.) (et déjeuner avec A.) (plus ça va plus le travail me pèse : c’est que je n’en ai pas...) (hier je suis allé voir ma nièce au théâtre une pièce pour enfant où elles jonglent avec la lumière - elles sont trois ; passé le pont à Choisy) (je suis fatigué, c’est la vieillesse je suppose aussi, et plus les hivers iront, plus ils seront pénibles je le vois bien)

  • de la rive droite à la rive gauche, vers la gare (je monte la lumière en vrai y’avait de la bruine dlamerde- et les gens marchent, traversent, courent vers la gare)

  • la femme du plombier : "non mais elle m’a encore flanqué un comprimé alors ça me malmène les muscles vous comprenez, je prends l’asmorel 150 un comprimé le matin, et un autre le soir, c’est pour ma tension, hier j’avais 20, et maintenant un autre comprimé de comporel 20, j’en peux plus, je suis fatiguée, ça peut peut-être me faire redescendre à 18... (on ne sait jamais sur qui ça va tomber) (mais la journée sera belle) (je vais commencer par aller bosser, ça va me plaire, ça) (impression devant la gare Saint Lazare) (j’adore)