2014.03.11 | l’hommage de la centrale de Chinon à Fukushima


Revenant de La Devinière pour tournage avec Didier Galas, comment, en ce jour anniversaire des 3000 morts du tsunami de la côte nord-est du Japon, avec le désastre toujours non clos de Fukushima, je ne me serais pas joint à ce poignant hommage des habitants de la région – et des travailleurs de la Centrale, à leurs collègues japonais, et tous ceux qui sont contaminés aujourd’hui pour toute cette année de labeur sans fin à colmater fuite après fuite ?

Poignant, oui. Dans les anciennes serres à proximité immédiate de la Centrale, dont il reste les arceaux de fer sous le nuage de vapeur, que surplombent les trois réacteurs gris passé, voici en noir et blanc ces nylons déployés comme autant de linceuls.

Un paysage entier en noir et blanc sous le soleil voilé. Sur un panneau, affichés, les 3000 noms des victimes transmis par le Japon. Et autant d’alignements de nylon noir qu’il en faut pour les figurer au pied de la Centrale même, tous à plat sur la vieille terre rabelaisienne.

J’ai lentement marché, comme les autres, le long de l’éphémère mémorial. Il est peu probable qu’EDF laisse longtemps sous ses murs, à les toucher, l’hommage muet.

La solidarité au peuple du Japon, le témoignage fraternel dressé par les ouvriers de la Centrale nucléaire de Chinon à leurs collègues contaminés de Fukushima, tous ici s’en souviendront. Tous ici s’honoreront de ce monument dressé à quelques centaines de mains en un seul dimanche – la Terre un instant en noir et blanc, et l’image des nylons noirs froissés comme autant de linceuls, 3000 linceuls.

 


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 11 mars 2014
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