2008.01.22 | marcher dans Beaubourg vide

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Bourdais et les géants

Journée commence étrangement en sortant du métro pour aller au Seuil, la place Saint-Germain noyée de monde, un bon millier de personnes, et policiers, camions avec paraboles, je pense « un tournage de film ». Difficile de traverser, les policiers sont nerveux, nous repoussent brutalement. C’est un enterrement. Dans la petite rue avec la sacristie de l’église, spectacle hallucinant de quatre-vingt grosses motos et d’autant de photographes armés de zooms d’un mètre. On enterre Carlos (chanteur).

Puis à 14h30 comme prévu à l’entrée personnel de Beaubourg fermé le mardi, sandwich mangé en traversant la Seine, les vigiles pas cool : « C’est spécial, aujourd’hui. » On vient me chercher. Le grand sous-sol est rempli d’immenses ballons blancs. Beaubourg loué à un grand couturier pour l’après-midi, ça renfloue les caisses, la république en est là (d’ailleurs, le même jour, la Sorbonne aussi via SC)....

C’est ainsi qu’on s’en va traverser la bibliothèque vide. Je n’avais jamais marché dans Beaubourg vide. On parle informatique, avec des idées généreuses. En plus, j’arrive à suivre. Il y a ainsi des moments riches. On s’assoit brièvement devant un des claviers pour visite base interne.

Puis descente et éjection. La rue entièrement bloquée de limousines. Ces gens viennent en taxi noir, et font attendre deux heures le taxi à la porte. Mardi dernier, à Paris aussi, c’était la tempête, et une jeune femme de 32 ans, mère de famille, s’est fait tuer d’une branche de peuplier arrachée : c’était dans le Val d’Oise, dans une casse automobile elle récupérait des pièces de rechange sur une machine à laver jetée.

Le conflit des deux mondes qui ici coexistent est de plus en plus âpre, et, lorsqu’il investit les lieux qu’on voudrait de résistance, on a un peu plus de dégoût. Vive la mode.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 janvier 2008
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Messages

  • Je passais, je ne pensais pas m’attarder, quelques regards sur le livre d’Éric Vigne, mettre word en marche, je pensais à ce qu’il fallait faire. Vous savez, toutes ces phrases qui se bousculent dans nos esprits, toutes ces phrases qui commencent de la même manière, ou presque, il faut, il faudrait, il fallait…, toutes phrases qui nous bousculent.

    Par hasard j’arrive à votre texte, à vos images. Les enfants jouent dans l’appartement. Le thé fume dans la tasse. Il y a un rayon de soleil et quelque chose qui vient de vos phrases, comme un grand calme : un endroit où trouver le grand calme que ces endroits ne nous donnent pas toujours. Je voulais partir au bord de l’océan cette semaine, je n’ai pas pu, mais il y a quelque chose que je cherchais et que vous m’avez donné.

    Une protection du vide, du silence autour de moi.