distorsions sur Olivier Debré

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Peut-être ce n’est pas bien de le dire, je ne m’y connais pas assez en histoire de l’art, mais je sais que ma sensation est au même endroit si je suis devant Nicolas de Staël et devant Olivier Debré. Même sachant ce qui les sépare. Je sais que cette perception aiguë de la lumière mise en travail, indépendamment de ses formes, je l’ai aussi vérifiée à nouveau au MOMA en revoyant les Rothko, ou les noirs monochromes de Reinhardt.

Olivier Debré est aussi une histoire : ça compte, sur nos tout petits chemins de vie, de vérifier pour d’autres, devant, la rigueur, l’obstination longue. De la chute de vélo par hasard avec les toiles qui s’étalent en pleine rue, et le type qui l’aide à les ramasser qui l’emmène voir Picasso, ou les années d’enseignement aux Beaux-Arts, tout à la fin, qu’il n’en avait pas besoin. Ou d’avoir commencé par l’architecture. Ou la façon dont Ponge le traverse.

Ici, c’est encore autre chose : mouvement d’un homme vers l’eau et l’air, ou l’air pris aux bords des fleuves, dans les estuaires, près des lacs, et que c’est le nom du rivage, le gris de l’Hudson ou le blanc Baltique qui donnent à ses toiles ces titres-poèmes. Et encore plus sous ce ciel ici qui n’a pas plus de violence que l’eau, mais proposent d’eux-mêmes une fusion. On a des photographies où on le voit peindre à la brosse, longuement emmanchée. Continuant, la toile posée à même l’herbe, dehors.

Alors c’est son propre rapport à l’eau et à l’air qu’on met en lecture. Je ne reproduis pas des toiles : d’indiquer non le peintre, ni l’oeuvre, mais le travail. Juste ces détails qui nous emmènent vers elles, que vous alliez aussi les rejoindre (grande galerie de Chenonceau, visez les heures creuses : le soir, par exemple).



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 juillet 2008
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