mes souliers dans les prés

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2019.08.13 | 138 fois la 138

Ce n’était pas exprès : le soir tombait, on cherchait dans le cimetière. Là-bas, dans la boucle du fleuve, une brève tempête assaillait la ville. Un nuage qui semblait recouvrir toute la terre, et plus épais qu’elle. Le soleil se couchait sur la crête, en face, et les rayons, en diffractant sur le haut des forêts, devenaient soudain comme on est ébloui dans une éclipse, et le nuage, éclairé par dessous, devenait un instant orange, la terre mauve et voilà : on y était, devant la tombe. On ne savait pas, pour les souliers.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 13 octobre 2009
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Messages

  • nuit et jour, dans la cour et sur la ville, un vent qui veut tout emporter - et reins cassés pour remplir sacs de feuilles

  • Demande encore trop d’énergie d’aller montrer sa tête et prononcer quelques évidences.

    Voir en ligne : à chat perché

  • ...hier soir, sur le quai de la petite gare. On était rentré gelé. La soirée écourtée par un grog.

  • deux livres d’anniversaire ("Livret de famille" Patrick Modiano, prince de l’élégance ; biographie de Simone Weil, le roc, magnifique combattante), le jour qui tombe et le froid qui vient, revenir la tristesse, combattre, attendre, penser et parvenir (travailler, c’est souffrir... dlamerde !)(le truc c’est que demain, à cette heure-ci, ce sera déjà fini...)(en boucle, ; On Broadway, Georges Benson)(on pense à "’La Classe Ouvrière va au Paradis" et à Gian Maria Volonte #4 la FIAT)

  • le p’tit bonheur on le rencontre là au féminin naissant au bord à ras bord des lieux prioritaires, même pas en pleurs, c’est ça qui est grave .On le repère bien sûr, le p’tit bonheur, on cherche à répondre aux élèves adolescentes, on cherche à savoir, c’est le métier qui veut ça et il esquive tout le p’tit bonheur parce que les mots font défaut , c’est ça qui ne va pas et ces récits des adolescentes qui ne supportent plus d’être abordées à tout bout de champ avec des mots pas possibles à entendre par les refoulés de la zone, obligées qu’elles sont de s’habiller jogging et sans doute voilées pour cacher les jambes, les formes, et incrédules quand on leur dit qu’au temps Beatles mini-jupes aucun adolescent ne manquait de respect aux adolescentes dont on était et elles sont tristes elles disent madame vous avez de la chance d’avoir vécu ce temps-là ça fait très mal surtout quand elles rajoutent vous savez madame il y a des jeux vidéo pas possibles c’est à qui parviendra à violer le plus de filles -mais c’est illicite je dis de toutes mes forces -mais madame les jeux vidéos où on tue alors c’est illicite aussi -mais évidemment et je les rassure comme je peux - Félix je crois que le p’tit bonheur a du plomb dans l’aile et qu’ aujourd’hui tu trouverais ce q’il faut dire pour que le p’tit bonheur en grand danger au féminin retrouve voix, corps, respect, regard et pas détresse fructifiant en ville laide. Félix, bonheur, va falloir te chausser solidement. Peut-être même envisager les épaisseurs. Quand faut y aller...

  • J’avais rendez-vous au début du mois près du Père Lachaise avec une amie fervente lectrice de Proust. En repartant passer le voir.

    Au bord de l’après-midi, de retour d’un déjeuner rue Caulaincourt, passer saluer Verlaine. Sa tombe toujours en part faussement en part fraîchement fleurie.
    Se demander : mais par qui ?

    À part ça, peur de devoir prochainement prouver ma nationalité française, quelqu’un l’explique fort bien. Je remets chaque jour au suivant la démarche initiale, mais il ne faut désormais plus tarder.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • ce matin, pile là devant, le balai à la main, les yeux au ciel, Vous les entendez ? Bruit des voitures. Mon air perplexe. Les grues. Tendre l’oreille. Ah ! oui, les grues. Se sourire. Bonne journée. Bonne journée.