préliminaire Nord


dimanche20 décembre 2009

Etrange de penser qu’une moitié de l’année Québec est déjà attrapée : toute mangée par les apprentissages, et cette sorte de travail de fond qui s’entame en soi à lire leurs auteurs – ou découvrir qu’ils n’auraient pas été accessibles sans l’expérience directe de ce que change ici l’espace, sa raucité, son élargissement. Travail dont on sent l’élargissement en soi, mais sans que soient remises déjà les clés. Peut-être, juste, le mode d’emploi est plus simple pour pousser une porte, se risquer. Avoir supporté aussi que malgré le déni apporté par tous les Québécois (non, sauf un, pas Jean Désy – et conversation entamée) à l’imaginaire Nord, c’est cela aussi qui s’ancre, dans le lien le plus solide à la littérature, y compris par l’austère, la rigide Gabrielle Roy avec laquelle je suis loin d’avoir fini, ou les dérives automobiles dans l’hiver Moncton par Hérménégilde Chiasson (oui oui, je sais qu’il n’est pas Québécois, mais jamais je n’intérioriserai cette étroitesse qu’ils ont ici à se recloisonner – là encore, heureusement, des exceptions) – ou le très dense et rapide et aiguisé (mais inaccessible) Éphémérides de mon voisin de bureau, Jean-Noël Pontbriand, découvert à l’arraché cette semaine, ou ces livres sur Anticosti, collectés chez les bouquinistes, ou... Peut-être c’est maintenant, avec l’hiver et six mois de débarras préliminaire, que s’ouvrir au Canada.


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