nuit bruit

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Sont arrivés hier soir 20h, camions qui vident la chaussée du boulevard et l’interdisent aux voitures, et puis c’était très beau dans la nuit : gigantesques machines à fraiser par bandes de deux mètres, camions rouges clignotants pour évacuer le bitume, etc. Mais pourquoi un vendredi à huit heures du soir ? A six heures, ce matin, il y a eu une brève interruption, tout d’un coup l’immeuble ne vibrait plus (les klaxons des engins en marche arrière). A six heures et demie ça a repris. Il avait quoi, le boulevard ? Les voitures y roulaient à toutes heures sans demander mieux. Il y a d’autres urgences : l’état des hôpitaux, au Québec, on n’en revient pas, nous les petits Européens, tant c’est délabré vieux décrépit. Me semble que tant qu’à jeter leur gigantesque argent par les fenêtres, ça aurait été mieux vers les hôpitaux que vers la sainte-Automobile. Mais on comprend pas tout, du Québec, loin de là – même à dix mois de présence. On garde les fenêtres fermées, mais même comme ça, au premier étage sur boulevard, le bruit est à hurler. Ça y est, ce matin 7h34 le boulevard est entièrement fraisé. Ils font des marques pour des tranchées. Quoi faire, où aller, où fuir. Bibliothèque, Starbuck, on peut emmener son ordi partout, mais pas après une nuit sans dormir.


écrit ou proposé par François Bon _ licence Creative Commons BY-NC-SA (pas de © )
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 mai 2010
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Messages

  • ils sont en train de changer la destination de la boutique (c’était une boucherie) (à moins que je ne me trompe) (c’est juste à côté d’un immeuble en construction : il n’y a encore rien terrain vague, devant affiches de concert...) (à droite de l’image, la porte dont on a gommé les graffitis)

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  • on a visité des ateliers dont les portes ouvertes laissaient entrer et admirer les oeuvres d’artistes diversement enclins à l’esthétisme (ceux de la Forge continuent à se battre et c’est tant mieux) (c’est à la rue Ramponneau, et on peut se renseigner et soutenir ici : http://www.laforgedebelleville.fr/) et j’ai croisé ce matin une conjugaison du graffiti d’hier (c’est la photo) (je crains qu’il ne s’agisse des actions des abrutis de l’association « traces » inféodés à la municipalité et à son adjoint à la culture - dont l’inanité en ce qui concerne la gestion, au hasard, du 104, n’est plus à démontrer- (d’autant qu’il émarge aussi - peu importe le cumul hein...- chez un fabricant d’objets de luxe - c’est juste à vomir, mais c’est un communicant : ça pue)

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  • On a fui le bruit en prenant le 26 jusqu’à la gare du Nord, 1 heure 30 de train, 20 minutes de voiture pour oublier le 26, justement, huit ans de sirènes, de cris, de camions, de scooters, de basses, ces vibrations qui nous traversent, nous épuisent, vivons avec des casques (casque pour la télé, casque pour l’ordi, casque du baladeur, casque de chantier anti-bruit que je porte, là, au moment d’écrire).

    Sur le chemin, dans l’après-midi, un chat nous suivait, nous dépassait, nous attendait. Se retournait pour vérifier notre présence.

    Voir en ligne : Fenêtres open space

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  • Dennis Hopper était mort mais qui le savait, une belle brochette d’amis malgré les écarts d’âge et justement palpable : je suis de la génération qui sait qui cet homme-là était, mais pas très bien comment traduire Easy Rider en Français, parfois les mots sont si précis, si parfaits au sujet comment les transposer ?, des mariés heureux, mais ne l’est-on pas toujours ce jour ?, des pères pesants, le sont-ils donc forcément ?, un photographe trop présent, la première fois que j’en vois un comme ça, une maire accorte qui fait du zèle que c’en est amusant, un cadre de rêve, un DJ efficace, ça a bien dansé, le dîner bien dosé, nous autres blogueurs comme des voyous dans un monde filtré, les messages de Celui qui en contrepoint, comme s’il fallait en permanence une absence à ma vie, la sensation d’être enfin guérie de celle de V., mais est-ce vraiment certain ?

    En plein milieu de la noce, en plein mitan de la nuit, le texte en cours ne lâche pas prise, même en dansant. Dédoublement.

    J’ai beau encaisser à chaque fois, aimer ne se regrette pas. J’aurais connu de grands amours même si d’immenses absences aux nuits (impa)vides.

    Voir en ligne : traces et trajets

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  • « les filles sont allées dire adieu à leur mère » : j’ai regardé le ciel plombé comme il sied à ces moments-là, même si leur mère, je ne la connais pas, j’ai mis mes lunettes de soleil, je suis allé à l’église saint Joseph qui est là, rue de l’Orillon (ça craint un peu, un tatoueur vient de s’installer), j’ai casqué trois cierges, les ai installés dans la petite chapelle à ce saint-là et je me suis dit que de cette liturgie-religion-là sans doute étais-je plus proche que de celle à laquelle mes parents m’ont fait appartenir (sans d’ailleurs jamais ne m’y initier : grâce leur soit rendue, et paix sur leurs âmes comme sur celle de E.)

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