contribution auteur | Jérôme C.

hiver 2018, recherches sur la nouvelle

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Ses contributions à l’atelier ville.

Propositions 1 _ 2 _ 3 _ 4 _ 5 _ 6 _ 7 _ 8 _ 9 _ 10

proposition n° 9

apocryphe
Sortir sur la terrasse du chalet et voir la mer blanche qui vient s’effilocher en bas de la balustrade, se demander si vraiment subsiste, dans l’abîme, en dessous, la vallée, la ville, la route qui montait en zigzagant à travers les villages, et se raccrocher aux croupes qui émergent au-delà comme un cap fermant ce golfe né pendant la nuit. Alors partir vite. Fuir l’avalement, monter, monter encore plus haut derrière, traverser les forêts pour atteindre les alpages avant elle. Avant cette marée de nuages. Bientôt, elle va tout ensevelir. On sera déjà là-haut, avec lui, vers les neiges éternelles à attendre d’être engloutis, ensemble.

apocryphe
« il est possible de rêver les photographies sans avoir à les prendre. »
Parfois aussi, pas eu la force de déclencher la prise de vue. Elles m’habitent encore ces photos fantômes. Les écrire pour les fixer et les partager. La série s’appellerait « les Échouées ».

Photo 1 :
Début de soirée. Une femme fume une cigarette sur le trottoir attenant à l’entrée d’un café branché. Son visage est éclairé en alternance par la lumière blanche des phares des bagnoles qui circulent sur la chaussée en contre-haut. Des cernes sous les yeux, elle semble exténuée. Elle écoute les bruits de la ville, à mesure que la cigarette se consume.

Photo 2 :
Elle n’est pas très sûre d’elle sur ses talons aiguilles. Elle tient la rampe d’escalier. Un bibi est posé sur sa coiffure punk. Sa robe assortie à son chapeau lui arrive au—dessus du genou. Elle lui sert la taille. Ses lèvres sont gourmandes. Le reste de son visage semble nettoyé par des larmes.

Photo 3 :
Une femme est assise sur le banc du petit parking du bout de la presqu’île. Un goéland s’envole de la jetée. Elle n’a pas bougé. La pluie fine lui colle les cheveux au crâne.

apocryphe
Mur d’Hadrien, mur de Berlin, muraille de Chine…

Il existe différents points de vue sur ces murs de l’histoire : le premier est extérieur, il voit le mur comme une protection contre les barbares vivant de l’autre côté, il s’agit de les empêcher d’entrer, de s’en protéger.

Le deuxième point de vue est intérieur, les murs sont là pour empêcher de sortir, pour que les nôtres restent les nôtres, qu’ils ne passent pas à l’ennemi et ne nous laissent pas seuls. Le mur est là pour qu’on puisse faire leur bien, au besoin contre leur volonté, pour ceux des nôtres qui n’ont ni notre savoir, ni notre sagesse.

Troisième point de vue, celui des militaires, des architectes et autres grands stratèges. Un mur peut aussi être un chef—d’œuvre, un système de défense grandiose et magnifique. Un défi au temps, un témoignage de grandeur.

Quatrième point de vue, celui des artistes. Les murs pour toile, la nuit pour atelier, la rue pour galerie. Le rêve multicolore de l’art pour tous, par tous, partout. L’interdit, l’éphémère aussi et puis la machine à haute pression ou le coup de peinture.
Le point de vue de l’oiseau n’est pas suffisamment terre à terre. Excluons-le.

Devant, derrière, dedans, reste le point de vue historique. La question du pourquoi des murs, alors qu’on sait tout de leur chute. Ici intervient le goût de l’absurde qui pousse à empiler des pierres en attendant qu’elles tombent, tout en espérant qu’elles ne tomberont pas.

En chaque bâtisseur de mur sommeille un absurde Sisyphe. En chaque nettoyeur aussi.

proposition n° 8

Jean—André Chorier est au bout. Au bout de son désespoir. Sa mère est morte depuis un an maintenant après une lente agonie. Célibataire, il vivait avec elle depuis toujours, dans leur grand appartement parisien. Les voisins, le médecin et les commerçants du quartier le décrivent comme une personne discrète, polie et très dévouée. Il y a fort à parier que les mêmes qualificatifs auraient été utilisés si, l’un ou l’une des employés des services administratifs de la grande banque de dépôt où il travaillait avant sa retraite s’était souvenu l’avoir côtoyé. Dans les archives, au siège, ne restent que sa vague présence sur quelques photos de différents pots de départ —dont le sien— et son nom dans les registres du personnel. On ne lui connaît donc ni collègue, ni ami. On ignore surtout quand JAC est entré en écriture. On sait par contre qu’il a beaucoup lu. Non seulement ses notes l’attestent, mais aussi la notice établie après le dépouillement approfondi des livres de son imposante bibliothèque. Les plus anciens d’entre eux portent, tamponnées discrètement sur la première page, les initiales AC, sans doute celles de son père André, dont on ignore tout, sinon qu’il fut porté disparu suite à la Seconde Guerre mondiale. On se souvient par contre dans quelles circonstances fracassantes fut découverte l’œuvre de JAC.

Bibliographie indicative et peut-être non exhaustive du prolixe abbé Pourcher (1831-1915), établie grâce au travail mis en ligne en 2008 par le bibliophile Bertrand. Merci à lui !

Mois de Marie des pauvres paysans ; Devoirs de piété envers les morts ; Heures pieuses pour les fidèles nobles et villageois ; Acta Sanctae Virginis Enimae ; Merle et seize cents prêtres massacrés ; Antéchrist, son temps et ses œuvres d’après l’écriture sainte et les saints pères ; Saint-Sévérien, premier évêque de Mende et actes de Saint—Privat ; Saint-Pierre de Chavanon ; Essai historique sur la ville de Langogne ; Dictionnaire explicatif de quelques maladies critiques et de prognostics dangereux rédigés en maximes, approuvé par la Faculté de Paris ; Histoire de la confrérie des cordonniers, savetiers, cuiratiers et marchands de cuir, suivie d’autres actes inédits concernant la ville d’Alais ; L’Épiscopat français et constitutionnel et le clergé de la Lozère durant la Révolution de 1789, le tout tiré des authentiques ; Histoire de la bête du Gévaudan véritable fléau de Dieu, d’après les documents inédits et authentiques.
La plupart de ces ouvrages ont été imprimés par l’abbé lui—même, avec des caractères sculptés dans du buis.

Fin du printemps ou l’été, il déboulait avec son auto pétaradante dans tous les coins. Il a bien failli en embrocher des bestiaux avec sa rapide. Il venait souvent le dimanche, le jour où on mettait les beaux habits. Lui aussi gringalet avec sa fine moustache, son beau costume clair et son canotier pour remplacer le casque de cuir et les grosses lunettes contre la poussière de la route. Il demandait de prendre la pose, c’était bizarre de faire comme si le travail des jours mais avec les beaux habits. Valait mieux pas salir ou trouer, sinon encore une bonne raison d’en prendre plein la tête. Nous on l’aimait bien avec son auto, il nous emmenait aux près où dans le paysage avec la montagne ronde derrière. Il installait son appareil bizarre. On y croyait plus trop à son histoire du petit oiseau et qu’à la place cette grosse lumière qui t’éclate dans les yeux. On rigolait de ceux qui savaient pas, pour qui la première fois. Après il distribuait des pièces en chocolat mais le mieux, c’était quand il revenait avec de ces fameuses cartes postales avec nous dessus, et nos beaux habits et les bêtes et le paysage. Il parait que les bourgeois ils aimaient bien ça, s’envoyer notre paysage et nos têtes du dimanche par la poste. On le regardait manger son pain blanc de la ville et boire de son vin de la vallée, qu’était pas le râpeux d’ici. Il partageait et nous on partageait les repas du soir des moissons s’il était là et on l’écoutait tous nous raconter le voyage de nous sur ses cartes postales.

proposition n° 7

S’enfoncer. S’enfoncer dans le sombre, dans le sombre de soi. Les volets déjà fermés sur la nuit, la ville repoussée dehors. Juste une petite lampe bureau allumée là sur la gauche, à côté du pot à stylos, du bocal à marqueurs fluos et du taille-crayon globuleux. Au moins vingt-deux heures. Fermer la porte à la gueule du quotidien. Casque Sennheiser PX-100 increvable pour déverser la playlist Youtube de rock indé. S’isoler présence des autres, seul avec soi. Alors, sur le long plateau du bureau bibliothèque, le cahier très grand format premier prix pour baver le journal d’écriture au Bic M10 —comme celui du grand—père—. Pour les autres textes, direct sur le grand écran via clavier ergonomique à côté de l’unité centrale. Toujours de la nuit autour et toujours-là, sous la page virtuelle, la photo comme vraie du pays de Faulkner. Quand loin du bureau-bibli-ordi-nuit, petits carnets 9x14 cm Clairefontaine 192 pages, couverture à carreaux, pour jeter mots et images. Parfois, toujours ailleurs, si petit recoin sombre clos dans la nuit, le dos de feuilles volantes à coller ensuite dans le cahier principal. Quand soudain on se prend à écouter la musique qui tape dans le casque alors, signe qu’on remonte de l’écrire et que rien ne viendra plus. Remettre la pelure du quotidien et de sa nuit sur les épaules.

proposition n° 6

Sa casquette. Toujours quand il sortait même sur cette tignasse connue seulement par les photos d’avant. Donc souvent remontée haut sur le front quand il se reposait assis au soleil ou à l’ombre suivant la saison. Par contre visière basse, comme résolue, pour se coltiner le travail de la terre lourde et noire. Dans le souvenir toujours la même cette casquette, plutôt marron et beige, à carreaux, en laine sans doute. Parfois, pour les sorties estivales du dimanche, une en tissu uni gris clair ou peut-être même crème, plus légère, comme quand toute la famille réunie et les problèmes tenus à distance le temps du repas. Sa fille lui les achetait régulièrement au marché du samedi, là-bas. On peut encore en trouver. Comprendre que c’est lui qu’on cherche quand on lit. Et on le retrouve, dans chaque paysan de Depardon et on le lit chez Michon, chez Bergounioux, chez Sylvère, jusque chez Faulkner. On aurait pu d’ailleurs lui en offrir une de ces casquettes baseball US quand ado, on a fait le voyage au pays des ranchs, des tracteurs et des avions. Jamais su s’il est enterré avec une casquette. Pas eu la force du dernier adieu.

proposition n° 5

C’est le vent du début d’après-midi, il nous apporte leurs blocs de mots, et l’école, surtout ça, on les observe depuis la petite fenêtre sombre sous la montée de la grange, face à nous, ils sont assis tous les deux sur la marche la plus haute de l’escalier en béton qui descend dans la cour, le gosse en anorak bleu et le vieil homme dans son chandail gris, la casquette repoussée haut sur le front, ils prennent le chaud du petit soleil de fin d’hiver, ça va, leurs mots autour d’eux comme ces grosses mouches velues qui ont survécu au froid sous le tas de fumier, on le sait maintenant combien avec le temps ça lui coûtait au vieux paysan de revenir à ce français de l’école, l’école, lui était à l’aise avec ses mots abeilles de ce patois qui tinte proche de l’occitan, à l’adolescence le gosse lui trouvera la douceur ronde du portugais, tu travailles bien, mais le patois le gosse le savait pas, ou juste le nom des animaux de la ferme, le chat, tu connais Félix, le chat celui de la télé, en dessin animé, oui, et les jurons de l’oncle aussi quand le coq lui volait dans les plumes, noir, il parle bien ce chat, le prochain ce sera Félix, ça en partage au moins et aussi, si tu croises un loup en allant à l’école, tu prends tes sabots et tu les cognes très fort l’un contre l’autre, c’est le vent du début d’après-midi, il nous apporte leurs blocs de mots.

proposition n° 4

Sur le plateau. Le vent bleu, vif, froid. Vert sombre, le petit bois de pins noueux, tordus. Les murets de pierres sèches avachis. Les prés d’herbes hautes en ce début d’été. Fleurs jaunes, d’autres violettes. Au bord de la route, cette lourde maison de pierres volcaniques noires —basalte ?—. Son toit, avec ces feuilles de pierre, les lauzes. Ouverte au public pour montrer la charpente, comme une coque de navire échouée si loin de la mer. Les murs épais, froids, exposent les agrandissements d’une série de cartes postales anciennes.

Ces deux gosses à nous agripper le regard depuis le seuil du XXe siècle. Ils posent, longs bâtons en main, des vaches derrière eux. On voit un de ces murets de pierres. La légende indique « Jeunes paysans du plateau ». On sait les longs hivers d’ici, les villes lointaines. Ils rigolent pas. La violence de leur vie. Les machines arrivent sur le plateau avec celui qui photographie. Quoi leurs rêves ? Ils finiront dans la boue sanglante de Verdun ? Dans la nuit des années noires ?

Dans leurs regards sombres, c’est lui qu’on voit. La ferme proche du plateau. La communale qui oblige le français, encore la ferme avec, seul voyage, l’hôpital militaire pour brancarder et la promotion que ça a été, vers la fin, de conduire l’ambulance après ces années de viande charriée. Et puis, retour pour toujours à la ferme et tout faire pour que ses enfants, il les arrache à cette terre. Cette dette et le souvenir de lui maintenant qui sombre dans l’oubli. Jamais pu lui dire.

Lutter contre ça. Ce serait un texte au récit. On pourrait envisager lire sur vidéo paysage du plateau d’aujourd’hui puis diffusion internet. On filmerait un de ces murets de pierres remontées de la terre retournée, et empilées par lui enfant. Le plan de fin montrerait aussi la décharge sauvage de gravats entassés le long du chemin de maintenant. On filmerait encore ce pin rabougri et toujours là lui, où il s’allongeait pour profiter du soleil, un œil sur les quatre cinq vaches. On pourrait les faire parler toutes ces traces de lui avec en tête, les sapins de Ponge et surtout, plus vers l’ouest, les minuscules de Michon et les petits noirauds de Bergounioux. Pour épigraphe : « J’adore la littérature et je ne cesse de la détester comme un paysan sa terre. » Pierre Michon. On pourrait.

proposition n° 3

Plusieurs versions fondées sur les témoignages de l’époque prétendent nous éclairer sur l’apparence de la bête du Gévaudan. Les variantes les plus anciennes sont les plus rassurantes. Elles sont apparues dans le sillage des sciences naturelles alors naissantes.
Selon la première de ces versions, écrasante, royale, la bête serait simplement un très gros loup.

Selon la deuxième, plus réaliste au vu de la géographie locale, il s’agirait bien de loups mais, en meute.

La troisième, toujours très marquée par les sciences naturelles, évoque un possible croisement entre un chien de guerre et une louve ou une chienne de guerre et un loup.
Selon la quatrième version la bête serait un fauve exotique tel une hyène échappée d’une ménagerie.

Fin des hypothèses animalières, place aux tenants d’une bête humaine.
Ainsi, la cinquième variante se demande s’il ne s’agirait pas plutôt d’un chien carapaçonné dans une cuirasse en peau de sanglier et dressé pour accomplir une vengeance funeste.

D’après la sixième, nous pourrions avoir à faire à une bande de ruffians particulièrement dépravés et adeptes de chaire fraîche.

A rapprocher de la septième, plus contemporaine, qui envisage la bête sous les traits d’un ou plusieurs tueurs en série déguisés de peaux de loups.

La dernière version nous fait basculer dans le fantastique puisqu’elle estime que la bête n’était autre qu’un vulgaire loup garou. On doit cette dernière variante à un membre du clergé qui, comme nombre de ses congénères, considérait ces événements sanglants comme un châtiment divin destiné à punir ces pêcheurs de paysans.

De ces paysans croqués, déchiquetés par la bestiole velue, l’Histoire a justement retenue les noms et les paroles, au lieu de les avaler. Et, quand un petit craquement se fait entendre dans les forêts du vieux Gévaudan, un frisson de peur rôde encore.

proposition n° 2

et toujours rien qui vient. Soi paralysé par la peur de dire lourd cliché, de sonner creux. Prendre son tour et attendre. La séance se tient à l’extérieur, sous un auvent blanc, à l’abri du soleil d’automne, devant la médiathèque. L’effort sans doute pour lui d’être là depuis quelques heures à subir. Dans la salle d’exposition de la médiathèque, il a déjà écouté une universitaire forcément un peu ennuyeuse nous apprendre qu’il était l’inventeur d’un nouveau topos en littérature. Puis il a dû répondre aux questions du chroniqueur animateur littéraire inévitablement un peu histrion. Dévots tous les deux, émoustillés par l’espoir de récupérer un peu de la poussière d’or qui tombe de la bouche du maître. « Ce qui importe dans la poésie ce n’est pas la forme mais la force ». À nous maintenant les lecteurs de défiler pour en avoir un bout, chacun pour soi, du grand auteur contemporain. On ne forme pas une communauté, on ne se reconnaît pas, on ne se parle pas. Lui il sourit, loin des jeunes libraires qui papillonnent autour en veillant à ce que chacun règle bien ses achats. Désolé, mais pour le lecteur midinette ce qui reste, c’est l’image du vieux bonze zen. Et maintenant, on est devant lui. Il signe pour la cousine admiratrice aussi. Et puis s’entendre lui dire combien touché par son premier livre comme si les vies des miens écrites dedans. Et lui de prendre mes mains entre les siennes, sans mots, avec les yeux…

proposition n° 1

La ménagerie d’un petit cirque. Un enfant, de dos, anorak marron et cagoule difforme qui lui mange le visage. Il regarde, face à lui, une cage montée sur roues, toute peinturlurée de rouge. Derrière les barreaux, un vieil hippopotame macère dans une eau sombre.

Encore la steppe. De l’herbe rase, pelée et jaune. Un vent sombre et froid qui s’enroule sur les nuages et se nourrit de sa propre vitesse. Rien ne l’arrête, surtout pas la nuit.

Un vieil homme dans son appartement, une valise à la main. Il s’avance vers la fenêtre toute grande ouverte sur la nuit de novembre. Au loin, la cloche d’un tramway tinte dans la pluie.

Oulan-Bator : des orangs-outans déboulent sur la ville. Ils sont armés de lourds gourdins.

Un long mur gris. Buter, buter contre. S’écorcher au rugueux du crépi. Chercher une issue. Soudain, une petite porte s’ouvre. Un personnage émerge du sombre ; ses yeux jaunes et globuleux.



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1ère mise en ligne 23 décembre 2018 et dernière modification le 16 février 2019.
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