Corinne Lovera Vitali | mini moi

« comme c’est le printemps des POÈTES ça me conditionne je me mets à penser à Michaux qui a tout dit de son grand corps »

un autre texte de la revue, au hasard :
Canan Marasligil | Les rémiges blessées
L’AUTEUR

Corinne Lovera Vitali s’appelle clv. Mais aussi 155, Centre de langue vivante, C’est la vie. Et d’autres noms sous lesquels elle publie sur son site où l’on peut naviguer entre son travail passé des quinze dernières années et son travail présent. Elle a publié entre autres chez Gallimard et au Rouergue, des romans pour les adultes et des poèmes aux bébés, des albums illustrés et de courts romans pour adolescents, des textes en revues comme L’Atelier contemporain ou Les cahiers de Benjy, des petites pièces graphiques et des cd faits maison avec NON, et beaucoup de textes parus en catalogues pour ses amis plasticiens. Sa lecture improvisée préférée est celle de Pute (tu es écrivain on peut t’insulter la vie entière…) pendant son bivouac sur Radio Grenouille. À force d’être questionnée sur sa place entre prose et poésie, romans et improvisations publiques, grand éditeur et petit, écriture et art, elle compte dire désormais qu’elle est écriviste, en espérant que ça se comprenne. Elle n’a pas de compte facebook ni twitter parce qu’il lui manque l’usage adéquat d’un bras mais elle propage quand même.

Bien sûr son blog Corinne Lovera Vitali.

LE TEXTE

Et si pour chacun d’entre nous il y avait ce que Maurice Roche, dans un livre emblème des années 70, avait nommé Compact, où il y a les routes, l’écriture, la relation, où il y a le boulot et les salles de classe, où il y a les ateliers d’écriture et les lectures du Printemps des Poètes, où il y a cette quête où on est à tâtons : après tout est question de rythme, tout est question de comment on pose la langue, et comment après cela ou à cause de ça c’est la langue qui vous pose. Et là, cette voix telle qu’on l’entend sur son Soundcloud, et partout à vif dans ce mini moi.

 

depuis novembre je sais que je suis invitée en Ardèche pour cette chose nationale brutalement annoncée à coups de canon PRINTEMPS des poètes – je suis invitée pour une résidence de deux semaines que mes différents interlocuteurs comme honteux appellent tous la “mini résidence” ce qui au contraire me maxi réjouit – à mon insu ce mot a dû toutefois me pénétrer de telle façon qu’aujourd’hui J moins 1 de la mini j’entends qu’il pourrait y avoir un lien entre l’argent qu’on me donnera et le travail qu’en échange je donnerai – et puisqu’il y a un lien entre l’argent et le travail alors c’est sûr c’est la couche du manque que la poésie partage en continu du printemps canon à l’hiver le plus sombre

 

le 3 ça commence bien je ne viendrai que le 4 – mal aux dents – puis envie furtive mais insistante d’épouser mon dentiste lorsqu’il me sauve de l’insupportable douleur logée dans les os de la tête – mal partout – comme c’est le printemps des POÈTES ça me conditionne je me mets à penser à Michaux qui a tout dit de son grand corps – mais Hemingway aussi – puis je pense que je n’ai pas lu les poètes – puis je pense que tout ce que j’ai aimé lire est poésie – puis je pense que ce n’est pas que j’ai beaucoup lu c’est que j’ai beaucoup lu les mêmes de façon que sidération + addiction me mettent en action – puis je me souviens qu’il y a des années à la suite d’une émission de radio comme c’est souvent le cas pour moi – seul un média ordinaire m’autorisant l’accès à des bribes de connaissance et à des surprises dont l’accès autrement me serait difficile – à la suite d’un film ou d’une série ou d’une émission de radio exactement comme à la suite d’une scène dans la rue ou d’une scène de famille j’arrive enfin autre part – j’échappe à ma destinée du jour – et ce jour-là je suis arrivée dans un nouveau chez-moi qui était pourtant improbable je suis arrivée chez Joë Bousquet au corps allongé – “Personne au monde ne sait – encore que deux ou trois hommes le soupçonnent – ce qu’il faut de qualités, de défauts inconnus, de barbarie, pour préserver l’œuvre d’un homme immobile et sans aucune source extérieure de renouvellement. Un homme sans lien avec le sol, avec le vent, avec l’espace, n’est plus que ce qu’il boit, mange, désire, mais que ce qu’il espère. Et cette espérance le fuit ou prend sa place. À la rigueur il reste la solution du rigolo de Scarron, qui refait toute sa vie le même genre de fausse gaieté. Mais construire une œuvre, bonne ou mauvaise, mais longue, sans personnage, sans emprunt, sans inspiration collective, sans impulsion physique, personne ne peut savoir ce que c’est. On dit ‘talent’, on dit ‘salut par la poésie’, ce sont des mots vides. N’importe qui, touché comme moi, aurait accompli une œuvre pareille – à la condition d’y mettre le prix. Je n’ai encore jamais rencontré un homme de qui j’aurais pu dire : celui-là aurait mis le prix.”

 

avant le col de l’Escrinet notre camionnette des P&T ronfle et rugit sous les commandes de T. sur le bandeau de route entre les terres asséchées – il me semble être en novembre ou au moins dans la pampa où tout est brun du brun qui ne voudra jamais reverdir mais avec l’enthousiasme du conducteur tout neuf T. propose qu’après l’Ardèche on aille directement à Bordeaux et même jusqu’à Nantes et je décide de ne pas m’inquiéter de sa conception personnelle du rapport de vitesses – nous casserons cette voiture il nous arrivera des aventures – arrivés au village nous suivons de nouveau le chemin que R. m’avait décrit il y a deux ans en bougonnant au téléphone et je n’avais compris que “chiffon blanc” – nous le suivons jusqu’au poteau où flotte encore ce petit chiffon blanc et je retrouve R. et M. – je retrouve les RM – ils portent un pull-over pour la première fois leur jardin est en mars pour la première fois

 

depuis maintenant six mois Orange fait n’importe quoi avec mes contrats Orange et bien sûr il ne m’est pas permis de répondre aux absurdes mails d’Orange puisque tout est fait pour compliquer la relation chez Orange – si vous me donniez votre nom et votre numéro de téléphone nous pourrions peut-être nous entendre madame Orange ? – sinon voici : je suis actuellement en MINI résidence et je vais m’employer à vous dénoncer publiquement – ça suffit se faire presser le citron – les dialogues à sens unique ça suffit – puis toutes les misères dont nous devons faire les frais jusques et y compris depuis notre mini résidence ça suffit maintenant – en effet il m’est apparu aujourd’hui que lorsqu’on est à peu près heureux on est capable de réclamer et de protester et on peut alors le faire très raisonnablement comme on n’y arrive pas d’ordinaire – on peut le faire avec mesure et discernement puis on peut tout oublier – de sa propre réclamation comme d’une éventuelle réponse – on peut tout oublier et filer s’asseoir sur une roche plate et blanche depuis la nuit des temps dans le Bois de Païolive puis filer au cinéma voir The Descendants – pendant tout le film je me suis demandé à qui de ma famille Clooney me faisait penser – pourquoi il m’était si familier – j’ai passé en revue tous les hommes de ma famille mais très franchement aucun ne lui ressemble – puis à la toute fin lorsque Clooney pleure j’ai su que c’était à Mastroianni que je pensais et là oui les hommes de ma famille – ceux de l’autre côté du Parrain – démunis et candides et pourtant ils avaient l’air solides mes ascendants

 

je demande aux gens que je rencontre s’ils veulent bien écrire leur nom dans mon carnet de noms – il y a quelques mois j’ai acheté ce carnet qui s’appelle Today il est fait de pages crème lisses et veloutées – il y a quelques mois je pensais que l’écriture à la main m’avait quittée sans regret – que j’avais quitté l’écriture de ma main sans regret il y a des années déjà – le 6 il y a huit noms dans mon carnet de noms – je regarde l’écriture d’autres mains me dire gracieusement leur nom et bien sûr même si je ne les rencontre que brièvement je vois dans leur écriture ces personnes entières tandis que pour moi – clavier écran – écrire c’est au moins ne plus me voir – aux murs de mon atelier il y a des morceaux de papier déchiré où des morts ont écrit de leur main “Life will be less painfull” “La terre est immense et pleine de dangers” “Mia cara ragazza speciale” et je reconnais dans ces dessins de mots les personnes vivantes autant que dans leurs portraits accrochés aux mêmes murs et j’ai autant de peine à découvrir après des années une photographie que je ne connaissais pas qu’un petit mot – une simple liste de commissions un gribouillis un post-it pâlichon qu’un homme une femme un enfant avaient noté de leur main dans le secret de leur vie finie

 

derrière le miroir d’une salle de bains je rencontre une femme que je ne connais pas – elle craint le soleil elle craint la lumière elle protège sa peau et la peau de ses enfants d’une façon aussi effrayante que d’autres formes d’écran total que j’ai construits dans ma vie – je me sens proche de cette femme même si elle m’effraie – les peurs des autres si elles me font peur c’est parce qu’elle me font aimant – c’est sur la face avant du miroir de la salle de bains que ça se passe pour moi – se laver se laver se laver tout embuer en tout nettoyant – ce matin avec T. nous avons eu une discussion à propos de cet acteur nain de Game of Thrones et j’ai dit à T. que je n’aime pas les nains – je ne sais pas si c’est triste pour les nains que je ne les aime pas je ne sais pas si c’est super pour les nains qu’on me conseille de ne pas le dire – mais nous avons ici à traiter avec des cas autrement plus complexes – ainsi de nos propres vies comme de celui de cette femme à la peau claire et à l’écran total qui conserve également les tubes une fois vidés – ainsi de moi son espèce de sœur aînée qui sait si bien flouter mes traits comme à la tv – aussi ce n’est pas que je m’en fiche des nains des handicapés des estropiés des déformés c’est que nous qui sommes normaux nous avons de telles charges – je ne peux pas m’occuper des nains en plus

 

j’avais peur qu’en entrant dans l’école il y ait cette odeur – l’odeur des écoles comment l’appeler certainement pas l’odeur des enfants – je l’ai sentie comme vous dans toutes les écoles où je suis allée – la même odeur – celle qui contient l’odeur propre de quelqu’un que tu as respiré de près et tu ne peux plus l’en dissocier elle est à jamais effacée par celle de ces satanées écoles – mais aujourd’hui je suis entrée dans une classe ouverte sur la cour en plein mistral plein soleil et 21 petites personnes ont écrit leur nom dans le carnet de noms après presque trois heures passées pour moi à profiter de leur intelligence – leur corps se tortillant pour expulser les mots de leur intelligence sans qu’à aucun moment un adulte n’ait l’idée de simplifier le chemin de leur complexité – et on pouvait penser chacun et on avait chacun notre odeur

 

le 9 rien

 

Virginia Woolf qui a tellement écrit a aussi écrit “ce que je suis en réalité demeure inconnu” – connaître qui ne se dit pas est-ce plus facile – connaître un peu qui ne se dit qu’à travers ce que je vois est-ce plus facile – ainsi de M. qui se dédie corps et âme et pourtant garde corps et âme – pas de prétendu don de soi pas de cérémonie pas de sacrifice même si le vocabulaire dont je dispose pour dire cette chose simple je ne peux que l’emprunter au religieux ou au politique – se dédier se consacrer se vouer blabla militer défendre adhérer blabla – où sont les mots neufs qui n’appartiennent à aucun type d’église pour dire par exemple ce que fait M. et dire pour qui elle le fait – les condamnés à mort – cette désaffection des mots frappe mon pauvre esprit puis comme j’ai regardé la terre condamnée à mort explosée par la seule trajectoire de Melancholia je regarde autour de moi ici chez M. et quelle importance ici les mots – ici – sur le territoire couvert par M. ce ne sont pas les mots ni les actes ce sont les trajectoires qui importent

 

aujourd’hui je voulais raconter une histoire qui m’est arrivée en Italie mais j’ai passé la journée allongée à écouter le vent – le bruit qu’il fait dans les feuilles cramées de la laurette est le même que le froissement de mon cœur quand je l’écoute de trop près – amplifié – insupportable et fascinant – je n’ai pas mis un pied dehors aujourd’hui je n’ai pas ouvert les volets brutalement je n’ai pas ouvert mes paupières brutalement et pourtant ma blessure à l’œil s’est rouverte aujourd’hui d’une branche souple qui l’avait fouetté il y a des années aussi laissez-moi vous le dire une bonne fois à ne faire qu’écouter le vent l’œil même peut en souffrir

 

bon des fois j’écris des choses explicites d’autres fois non – parfois c’est correct parfois non – c’est jamais le pareil qui me vient à la bouche et c’est souvent le contraire de la veille qui me vient ce n’est pas nouveau je me fais la propre contradiction je me fais le dialogue je me fais change de cap et change de disque stp clv – je sais bien qu’on croit que je ne change ni de cap ni de disque ni de rien mais c’est là un mensonge éhonté ou c’est là être sourd – d’ailleurs porter son handicap de sourd muet aveugle sans même le savoir n’est-ce pas crier qu’on préférera toujours le mensonge – tandis que parler écouter regarder – aujourd’hui qui est venu après hier où la main noire m’a clouée à écouter se rouvrir la blessure puis à l’agrandir jusqu’à l’évanouissement dans un sommeil de tombe dont T. m’a sortie comme autrefois ma mère Déméter non pour ma renaissance mais pour ma temporaire reconnaissance via sa temporaire reconnaissance – aujourd’hui j’ai passé quelques heures avec O. et avec zéro handicap – à la place : tout aigu – j’espère que O. m’écrira comme elle me l’a promis j’espère qu’elle m’a crue lorsque je lui ai dit que parler écouter regarder je ne l’ai pas avec grand-monde – il y a un poème – “je ne peux écrire que ce que j’ai vécu / quand le téléphone sonne moi aussi j’aimerais entendre des mots qui me soulageraient” – ce poème de Bukowski qui porte comme titre son numéro de téléphone il porte aussi le mien – 0686 973 564

 

c’est pas pour dire un truc par jour c’est pas pour l’écrire il n’y a pas d’obligation c’est que les journées qui s’enchaînent à un moment s’accrochent au filet de l’écriture c’est incontournable c’est inévitable et quelquefois ça suffit que ça se passe dans le secret du rêve ou de la réminiscence privée et d’autres fois je veux que ça se pose – que ça se pose là – aujourd’hui nous avons roulé dans la campagne du Gard que je pensais aussi être une rivière mais la dame de l’office de tourisme d’Uzès où j’ai trouvé les toilettes publiques m’a dit “Rien à voir la rivière c’est le Gardon” d’accord madame – la semaine dernière à la piscine de Lablachère un balèze tatoué que j’ai cru être un Anglais m’a dit aussi qu’il était “Rien à voir Irlandais” ok man – qu’est-ce qu’ils ont tous avec leur roots leur savoir local leur coin leurs traditions leur culture leur parler et compagnie et est-ce que je fais pareil – j’aime manger mon manger qui est maintenant celui que T. tente de faire sur mesure pour mon estomac délicat et j’aime dormir sur un matelas qui doit avoir certaines caractéristiques essentiellement pour soulager mes membres et j’aime aussi disposer d’une salle de bains et de toilettes privées tout ça c’est confort c’est pas culture d’accord mais c’est pareil – toutes ces opinions ces points de vue cette culture la politique l’ardeur à défendre tout ça de tous côtés entre l’Irlande et le Gard l’Ardèche l’Isère Marseille Barcelona Modena e tutti quanti ça pourrait bien n’être que confort et avoir une opinion comme avoir des toilettes privées – je vais être un peu fière là – dans la campagne du département Gard au bord de la rivière Gard où nous avons dressé la liste de nos différences avec T. et de nos opposés et même de nos ennemis puis de nos complémentaires ? de notre pareil ? nous avons oublié que nous avons surtout en commun une espèce d’absence de confort d’opinion – pas pour les mêmes raisons – dont quant à moi même mini je suis fière

 

c’est la première fois que je participe à un atelier d’écriture avec des adultes “non handicapés” – ça devient compliqué de dire les choses – et c’est plus ou moins moi qui dois le “conduire” – donc j’arrive et je dis à toulmonde “Je n’ai jamais fait ça” et personne ne me répond et je demande à toulmonde “Et vous : pourquoi êtes-vous ici ?” et tous me répondent et tous ont une bonne raison d’être ici ça c’est certain – aussi quand ils commencent à écrire ces adultes calmes et attentifs je me demande et je me réponds à moi-même : personne ne m’a demandé pourquoi j’étais ici – pourquoi je suis ici ? pourquoi j’ai dit oui ? peut-être que toulmonde croit que je suis ici pour l’argent mais l’argent je l’aurais eu en ne rien faisant – si les personnes nouvelles sont comme les mots cachés – pleins de promesses pleins d’espoir et si excitants un temps – alors que vont m’être ces personnes nouvelles qui souhaitent écrire – je n’ai jamais fait ça je n’ai jamais accepté de conduire un atelier d’écriture pour les adultes j’ai toujours travaillé avec des adultes très-tonchés ou les petits qui ne savent ni lire ni écrire parce que je ne veux pas conduire – je ne veux pas recevoir les bombes que tous pourraient déposer devant mon long canon pendant que je conduis le tank et je ne pourrais pas leur dire Allez déposer vos bombes ailleurs c’est chacun sa guerre ici – et parce que avec les petits les bombes se larguent en se gondolant à l’intérieur du tank en playmobil et on se soigne sans savoir qu’on le fait ce qui est tout autre chose

 

le 15 j’ai passé deux heures dans une classe l’institutrice en a profité pour corriger ses copies ça faisait longtemps que j’avais pas vu ça – je suis restée j’ai travaillé avec les enfants – j’ai même serré la main de l’instit en partant – elle a pu croire que je lui souhaitais bon courage avec “cette classe” – ce sont ses mots – les enfants de cette classe c’est à vous que je souhaite bon courage – continuez surtout à bavarder – bavardez bavardez même si vous vous prenez des croix des triples croix des punitions de toute façon la croix pour vous c’est cette maîtresse vous devez bien le savoir aussi tâchons de puiser dans vos beaux bavardages la source de votre colère à venir

 

le 23 à Bordeaux la mini est finie et je pense à toi R. – c’est spécial comme je pense à toi ce sont toujours des images pas des mots ni des moments même si évidemment nous aussi nous devons bien en passer par là – toi aussi – dérouler à ta façon la parole et les temps partagés – mais je pense à toi avec des images et elles sont d’une telle précision elles viennent sûrement par-dessus d’autres images elles sont sûrement faites de couches et de couches superposées au calque d’origine peu importe je m’éloigne de plus en plus de l’origine de jour en jour je me vois m’éloigner du focus d’origine et désormais d’autres focus peuvent exister pleinement et tu en fais partie R. – en ce moment tu es en train de lire sur le rocking-chair en fumant lentement je connais ce silence particulier de la littérature juste pour soi et je l’envie à travers toi qui sais me parler de ce que j’écris en quelques mots – eux aussi sont les seuls qui me restent Grand Manitou

 

 



Tiers Livre Éditeur, la revue – mentions légales.
Droits & copyrights réservés à l'auteur du texte, qui reste libre en permanence de son éventuel retrait.
1ère mise en ligne et dernière modification le 5 janvier 2014.
Cette page a reçu 1924 visites hors robots et flux (compteur à 1 minute).