qui veut la maison de Gracq ?

page ouverte : et si on avait des idées à leur place ? (32 contributions)


Et vous, vos idées concernant la maison de Julien Gracq ? Lire ci-dessous les contributions reçues. L’ensemble de ces contributions sera mis en page et diffusé en livre électronique : on attend votre point de vue, possible rêver et inventer. Lire les derniers.

 

1 _ billet initial (29 juillet 2008)

Ceci n’est pas une fiction.

A lire chez Michel Brosseau, le premier à en faire écho (profitez-en pour visiter son blog), les aventures en cours du legs Julien Gracq : personne ne veut de la maison...

Lire donc attentivement Ouest-France, éditions de Cholet, le compte rendu de la séance du conseil municipal. Et merci collectif à Michel Brosseau (présent sur publie.net) d’avoir prévenu : ces affaires de notaire semblent un codicille au texte de Gracq sur le Béatrix de Balzac.

PS, pour les éventuels New Yorkais : en ce moment, au MET, une vue de Saint-Florent le Vieil par Turner en 1826 (ci-dessus), belle et improbable rencontre (et ampliation) de regard avec l’île Batailleuse...

1 bis _ pièces : Ouest-France, édition de Cholet, le 26 juillet 2008

Legs de Julien Gracq : la commune veut réfléchir

Jeudi soir, le conseil municipal s’est réuni en mairie de Saint-Florent-le-Vieil, sous la présidence d’Hervé de Charrette. Dès le début de la réunion, le député-maire a informé l’assemblée que la Fondation de France, légataire testamentaire de Julien Gracq, décédé en décembre 2007, avait refusé ce legs, « ne pensant pas avoir les moyens de porter le projet que l’écrivain aurait voulu ». On sait que Julien Gracq avait souhaité qu’après sa mort, ses biens, sa maison et les bâtiments de « l’ancienne gendarmerie », deviennent une sorte de « maison des écrivains ».

Maître Thébault, notaire de Varades, vient donc, après le refus de la Fondation de France, de proposer ce legs à la commune de Saint-Florent qui en devient ayant-droit. « La commune n’a probablement pas les moyens, seule, d’élaborer et de faire fonctionner un tel projet », estime Hervé de Charrette. Il propose donc aux conseillers de faire remonter ce dossier vers la Région et le conseil général, instances « qui pourraient aller loin dans le financement d’une affaire comme celle-là, avant de se prononcer sur l’acceptation de ce legs. « C’est à nous de donner une direction. On doit prendre le temps, peut-être confier une mission de préfiguration à des extérieurs », se sont mis d’accord l’ensemble des conseillers.

Ouest-France du 26/07/08, édition de Cholet.

 

contre-dossier : 200 projets pour la maison de Gracq

Et si on s’y mettait tous, pour leur donner des idées ? Transmettez-moi par mail votre projet en 10 lignes pour la maison de Julien Gracq, Possible rêver, recommandé d’inventer. Ordinateurs acceptés.

Et si on arrive à 200, alors on peut imaginer que ça les poussera un peu au derrière ? Ou, du moins, que sachant tout cela visible au grand jour, les manoeuvres riquiqui seront un peu moins permises ?

FB

Les projets pour la maison de Gracq seront mis en ligne à mesure de leur arrivée, et votre blog ou site mentionné si votre billet y figure aussi. Merci de donner un titre à votre projet. Regardez à nouveau les images du lieu. Envoyez vite (on peut envoyer plusieurs projets, mais à des dates différentes, merci !).

 


1 _ au plus simple

Pour moi, le plus simple serait le mieux. Assez de ces musées tristes, et délaissés. Ne pas refaire Gustave Moreau pour Julien Gracq (on pourrait compléter ici d’un inventaire des musées tristes).

Moi je donnerais tout à Corti, en remerciement du travail fait. On visiterait la pièce à vivre de Julien Gracq (j’aime la pièce à vivre et écrire de Louis Guilloux à Saint-Brieuc). Le reste de la maison serait consacré à une grande et tranquille librairie uniquement consacrée aux livres des éditions Corti, mais agrémentés d’images, documents, perspectives sur les auteurs et les textes, un peu ce que fait leur site, mais en vrai.

On viendrait de très loin pour quelques heures ici, et repartir avec L’anthologie du conte fantastique de Castex, ou simplement Lautréamont, ou Baudelaire, ou un Romantique.

Un arrangement serait trouvé avec la société d’autoroute pour le ticket de péage, sur la route des vacances : on ferait halte à Saint-Florent le Vieil pour les lectures de vacances, avant la Bretagne.

Un arrangement serait trouvé avec les éditions Corti, qui prendraient une part des bénéfices sur les ventes pour contribuer aux salaires des libraires et à l’entretien des lieux.

Ce serait calme, paisible. Il y aurait du silence et des livres. Compensation pour FB, puisqu’il accueille : une version intégrale de Julien Gracq pour Sony eReader ?

Maud B., bibliothécaire (Paris), pas de blog.

 

2 _ le verre pour l’imaginaire

Les familiers de l’oeuvre de Gracq se reconnaîtront dans cette idée : la maison de Saint-Florent le Vieil n’ayant aucun intérêt architectural particulier, elle sera intégralement remplacée par un volume découpé à l’identique et intégralement transparent. Les 13 pièces seront soigneusement respectées en dimensions et seuls les couloirs et escaliers seront traités en verre opaque (je ne connais pas cette maison). Chaque pièce sera consacrée à un fonctionnement particulier de l’imaginaire en littérature, et illustrera (film, montages son, dossier auteur) un de ces procédés techniques spécifiques, ô combien illustrés par Julien Gracq. Il y aura ainsi une pièce Edgar Poe, une pièce Gérard de Nerval, une pièce André Breton (grande), une pièce Lautréamont, une pièce Balzac et ainsi de suite, sans négliger d’éventuels auteurs mineurs discrètement signalés par Gracq (André Dhôtel ?). L’intendance sera dans les caves. On concède l’existence d’une librairie, et la préservation de la "pièce à vivre" de l’écrivain disparu, qui paraîtra bien étrange dans de telles transparences. On sortira de la visite aux frontières du réel, et agrandi de bien meilleures défenses contre les usages pauvres de l’imaginaire (télévisé, notamment). La littérature sera une confiance.

Bernard GB, Chambre 315.

 

3 _ un signe, un jour, des voix

Pour un signe fort, et reconnaissable : la maison totalement évidée de l’intérieur (les archives ayant dès à présent été confiées à la Bibliothèque nationale de France), les cloisons enlevées, pour ne préserver qu’un seul très grand volume, si possible de couleur sombre et doté de passerelles et d’échelles, de niches propices à la méditation. Les fenêtres étroites donnant côté Loire et côté village deviennent deux sources fortes d’image et de rêve.

La 2CV de la Presqu’île, rachetée en deuxième main par le traducteur Bernard Lortholary et actuellement stockée à Montolieu (les trois autres 2CV qu’a possédées Louis Poirier ayant disparu), sera appendue aux poutres et donnera un signe fort à l’espace.

Un jour par an, à date fixe (date d’anniversaire d’Edgar Alla Poe, ou date de formation du Bureau de recherches surréaliste – mais je pencherais plutôt pour date anniversaire du refus du Goncourt), on se réunit là pour la lecture à haute voix d’une oeuvre de Julien Gracq, chaque année une oeuvre différente.

Pour éviter tout frais d’entretien et gardiennage, un espace libre et protégé d’accès et circulation dans l’espace nu avec la 2CV est préservé à l’année pour les visiteurs, avec vue sur la pièce à vivre, et – je reprends l’idée – librairie dans les caves. Les enregistrements des précédentes journées actuelles de lecture sont diffusés à mesure, dans la suite des autres jours.

Les environs paysagers seront aménagés, en respect de la nature, du silence et de l’imaginaire, pour un parcours Gracq (Les Eaux étroites, l’île Batailleuse, Brévenay et la Presqu’île, etc...

FB, tiers livre

 

4 _ faire se rejoindre les mondes physiques et virtuels

Rester sur l’idée d’une maison d’écrivain accueillant résidences
d’auteurs.

Aller plus loin : ouvrir une maison Gracq sur Second Life,
qui fonctionnerait en parallèle. Faire ainsi se rejoindre les mondes
physiques et virtuels. Demander aux auteurs résidents d’animer aussi
cette maison Gracq virtuelle, de l’investir. Les faire Twitter leur
temps de résidence, les faire bloguer, bref, rendre leur résidence
visible sur le net en temps réel.

Concernant leurs écrits, leurs créations, le temps de la résidence :
demander aux auteurs d’écrire via ordinateurs, sur une seule
plateforme ; enregistrer tous les états de leurs travaux à tout
instant sur cette plateforme ; permettre ainsi à tous de voir le
travail d’écriture, littéralement, en train de se faire, via cette
plateforme ; laisser ces états transitoires d’écriture à disposition
sur le net, sans limite de temps, afin qu’il soit possible d’étudier
et de travailler sur ces sédiments. S’assurer que les travaux
"définitifs" seront publiés en papier et en version électronique, sans
DRM !

PS : je ne suis candidat à rien.

Daniel Bourrion, Terres...

 

5 _ on commencera par la vider...

On commencera par la vider, puis on creusera des trous fort profonds dans le sol, au fond desquels on installera une table, une chaise et de quoi écrire. On camouflera alors ces trappes qui ne manqueront pas de se dérober sous les pieds des visiteurs. On veillera à condamner toute oubliette déjà occupée. Au bout de quinze jours, on débouchera les fosses pour récupérer les productions éventuelles. Voilà un moyen qui permettra efficacement de distinguer les écrivains professionnels des autres ; les premiers étant ceux qui auront noirci beaucoup de papier, et même un peu de la table, pour laisser quelque pensée définitive à l’humanité ; les seconds, ceux qui auront survécu en mangeant le papier, le bois ou leur main à plume.

Michaël Lugan _ Les Féeries Intérieures

 

6 _ condition une promenade journalière

L’aménager en galerie d’art impermanent.

Une exposition par saison, avec lectures et concerts.

Une petite chambre réservée à l’artiste avec comme seule condition une promenade journalière au bord de la Loire.

Une autre petite salle transformée en bibliothèque gratuite pour les habitants du village, avec beaucoup de livres pour enfants, afin de les amener pacifiquement à la lecture.

Voilà, c’est tout.

Sébastien Doubinsky (Aarhus, Danemark) _ face book

 

7 _ tardif

Tardif et un brin vain souhait de postérité. Laissons la maison aux
promoteurs et les lignes aux lecteurs. AMHA.

LYSP

 

8 — jeunes générations

Le projet que je vais vous proposer, est innovant, la maison de l’écrivain Julien Gracq devrait encourager les nouveaux auteurs, l’aile est de sa maison pourrait abriter un Café littéraire, en sa mémoire, car je suppose qu’un auteur comme lui aurait voulu que son legs serve à des jeunes générations d’écrivains.

Sa maison devrait abriter des ateliers d’écriture réguliers afin que l’on voit poindre la nouvelle Culture littéraire française. Des maisons d’écrivains comme la sienne devrait servir à propager et protéger la littérature française

L’installation d’ateliers d’écriture et un café auraient tout le loisir de se développer afin que son legs ne soit pas vain.

Je vous prie d’agréer l’expression de mes sincères salutations

Adrien Di Nicola

 

9 _ et les pêcheurs feront le reste

Des machines à écrire devant chaque fenêtre laissées à "l’appréciation"
du visiteur, en libre accès, desquelles sortiraient de longs parchemins
sans fin, tentative d’épuisement du regard de Julien Gracq sur... ; pour
ensuite rejoindre les eaux de la Loire et laisser les pêcheurs faire le
reste.

Sinon, je vote pour le projet n° 7.

Sophie M. programmatrice musiques actuelles, La Gare.

 

10 _ pour respirer

Puisque c’était son souhait final (déjà en 1960 dans Pourquoi la littérature respire mal) – penser à restituer sa respiration à la littérature : alors, résidence d’artistes, nécessairement, en forme de promesse tenue et dette à son égard.

A l’arrière de la maison, immense verrière qui couvrirait la façade, parce qu’on n’écrit que devant une fenêtre. La fenêtre aurait remplacé le mur, sur toute sa surface, c’est tout. La résidence accueillerait autant de musiciens que d’écrivains – en plus d’écrire et de composer, les écrivains apprendraient à jouer d’un instrument et les musiciens tiendraient un journal, qu’ils laisseraient en partant. Sur les murs, il y aurait des bibliothèques, et chacun y déposerait cinq livres à son arrivée, en legs. La bibliothèque se formerait peu à peu d’une part de chacun des résidents. Sur les murs, il y aurait également des cartes, d’immenses cartes, des cartes réelles à différentes échelles – et des cartes imaginaires, que chacun des résidents aurait à dessiner pendant son séjour.

On serait là pour lire, pour écrire. Et respirer.

Arnaud Maïsetti, Contretemps.

 

11 _ à plusieurs

On se met à plusieurs, on la soulève très délicatement, sans rien casser, sans rien bouger, sans faire de bruit, on la prend sur nos épaules et on lui faire faire le tour du monde, des eaux, des presqu’îles, des forêts, des collines, des villes qui ont une forme et de celles qui n’en ont pas.

Martine Sonnet, L’employée aux écritures.

 

12 _ l’ancienne gendarmerie

Puisqu’il s’agit de deux bâtiments, le domicile de Julien Gracq et « l’ancienne gendarmerie », pourquoi ne pas consacrer la maison familiale à une sorte de « musée » de l’écrivain (où donner à lire, entendre et voir, sous toutes les formes possibles : projections de films, lectures publiques, conférences, débats…, l’œuvre et ses fondements, de Jünger à Nerval) et faire du second un lieu où mêler résidence d’écrivains, ateliers d’écriture tournés vers les scolaires et autres, et enfin recherche universitaire : les voisins de l’Université d’Angers ne demanderaient sans doute pas mieux que de valoriser le « fonds Julien Gracq » institué il y a une quinzaine d’années par celui qui m’a fait découvrir l’œuvre, Georges Cesbron. Un espace librairie bien sûr, consacré à Gracq mais aussi plus largement aux écrivains de la Loire.

Michel Brosseau, A chat perché.

 

13 _ désacralisons

Si cette maison devient un musée, alors oui, nous sommes bien dans un pays dont la littérature est une langue morte.

Désacralisons l’écriture, démocratisons sa pratique et transformons cette "maison des écrivains" en vrai projet novateur centré sur l’écriture contemporaine. Avec, à l’intérieur, des gens vivants. Des gens comme toi et moi, avec des boyaux et des doigts tachés d’encre et un besoin furieux de décortiquer les mots et d’écrire des histoires.

Mon idée : 3 pôles.
1- Une bibliothèque.
2- Une résidence d’écrivain, un peu à l’écart.
3- Une école. Une école où on apprend l’écriture.

Je sais, ça choque. En France, on dit que l’écriture ne s’apprend pas. C’est d’ailleurs le seul "art" qui n’est pas enseigné. Les arts plastiques ont leur Ecole des Beaux Arts (et bien d’autres), le cinéma a la FEMIS et Louis Lumière (et bien d’autres), la musique a ses conservatoires et ses universités de musicologie, la photo et Arles... devrais-je continuer ? Vous l’avez compris, il n’existe aucune formation en matière d’écriture créative.

Prenons donc exemple sur les pays anglo-saxons qui ont instauré depuis longtemps des cursus universitaires de licence et de master de "creative writing", dirigés par des écrivains passionnés et convainques que la littérature n’est pas une science hermétique, qu’elle se transmet et s’enseigne, que la démystification du processus d’écriture est une bonne chose, et qu’il ne faudrait jamais se moquer d’un poète de 20 ans en lui demandant s’il se prend pour Rimbaud. Les ateliers d’écriture sont un excellant début, mais cela reste encore de l’ordre du "hors cadre", dans la marge d’une vie professionnelle ou étudiante.

Il nous faut plus. Il nous faut une école, tout simplement. Des programmes par correspondance avec un "tuteur", des programmes sur place avec des écrivains qui viennent de partout dans le monde, des workshop tous les mois ou toutes les semaines avec d’autres étudiants, des cours à la carte sur toute l’année, un système d’échange avec des universités où l’on pratique l’écriture créative (Columbia, NYC, l’université de Londres, de Toronto, de Montréal etc...), il nous faut aussi une petite maison d’édition et un magazine littéraire avec des nouvelles et des poèmes et des trucs hybrides dedans. Bref, une MAISON DES ECRIVAINS VIVANTE.

C’est possible ? Non... bien sur que non. Je parie 100 balles (parce que c’est tout ce que j’ai) que cette baraque deviendra un musée que l’on visitera en famille le dimanche en admirant la vie d’un écrivain que l’on prendra pour Dieu, de l’autre côté du miroir fumé. On emmènera le petit qui pleurniche et la grande qui aime bien écrire des trucs dans son carnet et qui se dit, en se regardant dans ce même miroir, qu’elle n’a décidément pas l’étoffe d’un être aussi balèze que ce Julien Gracq empaillé qui, du haut de son perchoir, compte le nombre de vocations perdues comme autant de lumières qui s’éteignent.

Sara Fleury, Minuit Dix.

 

14 _ vendez tout

Vendez tout !

Et filez le fric aux pauvres.

Merci pour eux.

Antoine Brea, http://antoinebrea.blogspot.com

 

15 _ lagatjar

La démonter pierre par pierre et la reconstruire à Argol, en hauteur. Sur le Menez an Driden par exemple (vous savez, en breton, "driden" = trois personnes...). Les beaux jours, depuis la petite fenêtre gauche de la salle de bains, on devrait ainsi apercevoir les beaux restes de la maison de Saint Pol Roux, sur Camaret, près du Lagatjar (vous savez, en breton, "lagatjar" = l’oeil de la poule)

Cordialement

Philippe Cou

 

16 — on transforme les murs

Une « maison des écrivains » classique se transformera en musée malgré elle. Parce qu’en regardant ses murs on se dira : c’est là qu’il vivait. C’est là qu’il écrivait. C’est là qu’il respirait. On n’osera pas les toucher, les murs. Et la maison se figera. Elle sera morte.

Il ne faut pas qu’on puisse regarder les murs comme lui les regardait.

Alors on les transforme.

On fait venir des peintres, des sculpteurs, des plasticiens, des écrivains.
Les peintres n’emportent pas de toiles. Ils peindront sur les murs, le plafond, le carrelage, ils peindront tout ce qui se peint.
Pour les accompagner, des sculpteurs sculpteront dans toutes les pièces des pierres trouvées dans la rivière, du bois dénichée dehors, tout ce qui se sculpte.
Des plasticiens plastiqueront tout ce qui se plastique.
Et des écrivains écriront leurs mots. Pas sur des feuilles, pas sur leur PC, mais sur les murs repeints, sur les sculptures des sculpteurs, sur le sol, sur le plafond. Les mots seront sauvages, ils seront partout.
Alors, on ne regardera plus les murs comme Gracq les regardait.
Alors sa maison sera une œuvre d’art à elle toute seule. Elle sera vivante.

Aena Léo _ Looking for them

 

17 _ conciliabules

Je réagis. Au contraire, je voudrais un aérosol qui permette de tout garder en l’état, les tapis usés s’il y avait des tapis, les photographies, les factures dans les tiroirs, les mauvaises peintures aux murs (puisqu’il paraît qu’il n’aimait pas la peinture). Les chambres où il n’entrait plus (puisqu’il paraît qu’il n’ouvrait plus les volets). Des bocaux dans la cuisine, choses entamées. Et on le garderait intact : pas comme un musée, non, mais peut-être ne faisant circuler de l’argon, dans les périodes où il n’y a personne, on assurerait cette conservation. Elle s’étendrait à la rue qu’on voit descendre au fleuve, au petit jardin avec ses plantes.

Alors, à intervalles rares, et sous réserve d’avoir fait ses preuves dans tel domaine artistique, ou d’avoir bénéficié d’une autre résidence dans un autres dispositif artistique, même en Seine Saint-Denis (j’ai bénéficié d’une résidence d’écriture en Seine Saint-Denis après avoir publié un livre), on se retrouverait là à quelques-uns.

On déjeunerait à l’auberge tout près, à la table qu’il aimait réserver ("la table de monsieur Poirier"), puis on entrerait, à trois, à quatre, dans la maison. On aurait jusqu’à la nuit tombée. On aurait le droit d’allumer alors les lampes, mais bientôt (à l’heure des informations, sur la télévision de Julien Gracq), on devrait partir.

Tout ce temps qu’on y serait, on n’aurait droit de parler qu’à voix basse. De parler à ceux-ci, qui vous accompagnent, en groupe ou en privé. On circulerait indépendamment les uns des autres. On évoquerait ce qui concerne le risque, le secret, la peine. On s’attacherait à ce que les mots qui fondent ces conciliabules soient pris à l’oeuvre de Julien Gracq. Liberté grande. C’est tout. La seule contrainte.

On saurait, bien plus tard, si la maison s’est chargée de ce qui y fut chuchoté.

Le projet serait économique, on pourrait louer l’ancienne gendarmerie aux gendarmes pour amortir les frais.

Bernard GB _ chambre 315

 

18 — chambres pour lecteurs

la maison de Gracq : une bibliothèque mais

avec des chambres pour les lecteurs éloignés - et une salle pour des rencontres décontractées

avec une grande pièce genre scriptorium où ils passeraient un certain temps chaque jour à mettre en ligne des textes jusqu’à faire une bibliothèque virtuelle de belle ampleur

avec une petite maison d’édition pour des résidences (trouver le moyen de marquer la différence dans le choix des invités ?)

et un studio d’enregistrement pour des lectures, ou de mini-fictions inspirées de l’esprit du maître du lieu

Brigitte Célérier, Bridgetoun.

 

19 — la vie à deux

Le principe serait d’instituer, chaque deux mois, une résidence inamovible de trois semaines. Soit six résidences annuelles.

Le mois intermédiaire serait consacré par l’équipe réduite de la Maison de Gracq (ou en partenariat avec d’autres équipes actuellement en place et pas débordées de travail), à la préparation progressive de la résidence avec les deux candidats sélectionnés.

La maison ne disposera d’aucun moyen de communication, si ce n’est d’Internet. Une heure chaque soir, les deux résidents auront accès à Internet pour s’informer, communiquer, et produire en ligne un bref compte rendu de leur journée : thèmes des discussions évoquées, en particulier.

La cuisine et le nettoyage seront effectués en commun. Le ravitaillement sera assuré conjointement, et exclusivement selon le budget alloué, et dans les commerces locaux (supermarché accepté).

Les livres, temps de lecture et d’écriture, seront séparés, mais feront l’objet entre les deux candidats d’un temps d’échange, chaque matinée, sur les lectures et travaux.

La durée de trois semaines est fixe et irrévocable, les candidats reçoivent leurs proches chaque semaine à jour fixe (le dimanche par exemple). Les promenades à pied sont recommandées au quotidien : soit ensemble, soit séparément, mais en ce cas sans communication verbale.

Le mercredi midi, et seulement ce jour, les deux candidats, l’équipe mandante, et deux invités conjointement décidés déjeuneront à l’auberge qu’affectionnait Julien Gracq, sa table leur sera réservée.

Dans chaque résidence, un des candidats sera écrivain de littérature (la démarche de Julien Gracq nous semblant exclure les universitaires, de toute façon rémunérés à vie, et les auteurs spécifiquement liés à un genre, bande dessinée, roman policier, littérature dite de jeunesse, qui ont déjà beaucoup trop les faveurs des bibliothèques). L’autre candidat exercera des responsabilités dans la société civile : élu et exerçant des responsabilités territoriales (assemblée régionale, assemblée nationale, chambre européenne, maire) ou financières ou industrielles (directeur d’établissement industriel, membre de conseils d’administration, etc.).

La commission de candidature sera elle-même mixte, et n’hésitera pas à solliciter les candidats du côté politique et économie, voire à le leur imposer. La structure privée ou publique liée au candidat sélectionné assumera les frais de la résidence, y compris l’entretien des lieux, la rémunération de l’équipe accompagnante, ainsi que la rémunération et la gratification de l’artiste. La Maison de Gracq ne sera ainsi qu’une charge faible pour ses mandants.

Il y a beaucoup à attendre de trois semaines en un tel lieu, pour de tels binômes, les conséquences à terme qui en découleront, et enfin commencer en ce pays à doter d’une conscience culturelle, minuscule, mais concrète, ceux qui interviennent dans ses rouages.

X.

 

hors numérotation _ ActuaLitté : la mairie par téléphone

Un billet de Cécile Mazin reprenant le sujet sur ActuaLitté, incluant coup de téléphone à la mairie de Saint-Florent le Vieil, pas bavarde !
Et de nombreuses reprises ou commentaires sur les blogs cités ici, des différents contributeurs.
FB

 

20 _ et le linge sera lavé

Projet :

Le corps de bâtiment secondaire sera transformé moyennant quelques travaux au demeurant pas si coûteux en laverie automatique. Touristes en saison, habitants sous-équipés ravis de n’avoir pas plus loin à aller, locaux dont la machine serait tombée en panne, assez de personnes en auraient l’usage.

Au rez-de-chaussée de la maison, on ouvrira un débit de boissons, à l’occasion dépôt de pain (pour dépanner) et fournisseur de menue monnaie pour les clients de la laverie. On pourra l’hiver y boire du thé bien chaud, pendant que les draps se feront essorer.

Aux clients sympathiques et curieux de l’endroit ou bien des livres, le tenancier révèlera qu’habitait là autrefois un des plus grands écrivains français du XXème siècle, qu’il signait Gracq, Julien Gracq et qu’il était des plus discrets. Certains connaîtront son nom et ses livres, on peut imaginer qu’il seront passé exprès. D’autres, non. Mais, on leur racontera. On leur donnera envie. On leur laissera le choix entre une liseuse électronique, télécharger sur la leur ou bien d’étranges volumes non découpés et un vieux coupe-papiers. Les plus jeunes adoreront, mais trouveront les mots petits et les images absentes. Ils liront, un peu, au moins. Pour se faire une idée. Quelques-uns, sidérés et séduits, ne repartiront qu’à la nuit (1).

A l’étage, bien sûr, un cyber-endroit. Connexions internet haut débit, ordinateurs en bon état, pas nécessairement si nombreux, mais permettant aux clients de la laverie de meubler leur attente, aux gamins du coin de venir jouer en réseau pour pas trop cher, aux chômeurs de passer envoyer leur CV et consulter les offres, aux passants pressés de relever leurs mails, aux blogueurs de bloguer, aux écrivains de publier (en ligne, désormais).
Il ne sera ainsi pas cessé d’écrire, en ces lieux habitués. Aux dimanches, on fera des lectures au café.

Et le linge sera lavé.

Des temps d’avant subsisteront un vieux carré de papier peint sans indication de rien et quelques meubles pratiques dont on taira l’origine mais qu’on respectera.

C’est trop long je sais, en plus que sur le blog c’est encore pire, j’ai enrobé.

Je n’aime pas cette manie collective que souvent on a de faire parler les morts, surtout ceux qu’on ne connaissait personnellement pas (du monsieur je ne suis qu’une lectrice heureuse et fraternelle), mais cette impression persistante qu’il n’aurait pas aimé encombrer par son legs comme par rien d’autre, et que les choses étant ce qu’elles sont il aurait préféré qu’au moins on s’en amuse. Non ?

(1) Penser à ouvrir un hôtel, pas très loin, aussi, si le village n’en possède pas au moins un déjà.

Gilda Fiermonte _ Traces et trajets.

 

21 _ inculte en ce domaine

Bien que n’étant pas particulièrement versé dans le style littéraire de l’auteur, ma fibre entrepreneuriale me pousse à apporter ma modeste pierre à cet édifice !

Je pose bien entendu comme liminaire que soit menée une étude marketing pour assoir une analyse sans compromis de la situation réelle. Les services de l’Etat peuvent aider la municipalité dans cette démarche. Je vois cette maison destinée à recevoir, outre le "musée" de Julien Gracq, une maison du surréalisme, un genre littéraire qui gagne sans doute à être connu. Complètement inculte dans ce domaine, j’en serais donc le premier visiteur !

Dans la mesure où l’on doit de moins en moins compter sur les subsides de l’Etat pour subventionner entièrement ce projet, il faudra sans doute réunir des investisseurs privés (libraires, éditeurs) et des mécènes. Un contributeur a évoqué le concours des Editions José Corti, qui sont en quelque sorte l’oasis des suréalistes.

Afin de glaner un public large, je n’hésiterais pas à adjoindre un pôle restauration, genre guinguette puisque nous sommes au bord de l’eau. Prévoir aussi un parcours ludique pour intéresser les enfants.

Pierre Rissoan, Carnets de Pierre.

 

hors numérotation _ Pierre Assouline : patate chaude

Le point de vue de Pierre Assouline, rien à redire (voir son Pour saluer Louis Poirier et Julien Gracq en décembre...).

 

22 _ le grain du papier peint

Il y a trois ans, lorsque je suis allé (j’allais dire en pèlerinage… ) voir la maison de Beckett à Ussy-sur-Marne, j’ai eu la surprise de rencontrer la propriétaire. Gardienne du petit havre de paix pendant ses absences, le grand Samuel lui avait vendu de son vivant quand il ne fut plus en mesure d’y habiter seul.

Je suis resté une bonne heure avec cette dame sympathique qui avait fini par laisser la maison à ses propres enfants. Elle était là par hasard et a évoqué quelques souvenirs tout en arpentant le jardin avec moi. Il y avait des jouets d’enfants, un tricycle devant la remise que Beckett avait construite de ses mains. Il y avait aussi les arbres qu’il avait plantés, les poteaux de béton qu’il avait peints, jusqu’à la boîte aux lettres qu’il avait pendant quelques temps condamnée au facteur, des oiseaux y ayant fait leur nid, m’avait-elle dit. Je regardais les jouets, je pensais qu’avec elle, tous ces souvenirs s’effaceraient, ses petits-enfants grandiraient, on repasserait une couche de peinture sur la peinture de Beckett. Un orage finirait par détruire un arbre, on en planterait un autre, la remise s’écroulerait de vieillesse, on en reconstruirait une. C’était à nouveau une maison vivante.

J’aimerais un destin similaire pour la maison de Julien Gracq. Dans son grand âge, il devait bien y avoir une femme de ménage, un voisin serviable, un jardinier zélé, quelqu’un que la littérature laisse de marbre mais qui s’est occupé de lui. Donnons-lui la maison, les dépendances mais avant, que l’on photographie chaque pièce, chaque recoin, chaque herbe de l’allée, le grain du papier peint, que l’on enregistre le grincement du plancher, des escaliers et que l’on disperse tout cela aux quatre vents d’Internet.
 

Thierry Beinstingel, Feuilles de route.

 

23 — ministère de la page blanche

Peut-on envisager la maison et son terrain rachetés par le superministère de la création littéraire pour en faire un lieu de vie et de travail collectif ?
Y seraient régulièrement organisés des ateliers d’écriture, animés par une équipe tournante rattachée au ministère de la page blanche.

On commence par proposer publiquement un abonnement gratuit à la Maison des Bords de Loire , site internet qui permet à chaque abonné de s’informer du programme à venir : thèmes des ateliers, animé par Untel , de telle date à telle date. On peut ainsi se porter candidat pour participer à l’un des séjours.

Le ministère du fer à cheval organise chaque semaine une grande loterie pour désigner les heureux gagnants.

A chaque cycle, un animateur différent accompagné de 7 tirés au sort. Des temps de travail à durée variable : création à court, moyen et long terme.
Il faudra imaginer un mode de présentation de cette production littéraire : livre, lecture publique, publication sur la toile...Ce sera là l’affaire du ministère des travaux finis.

François M., Librairie Pensées Classées, Blog à venir... Sur facebook.

 

24 _ aux Corti de s’en occuper

Je crois que Julien Gracq lui même, a émis un souhait : une maison d’écrivain. Et que le plus important est de trouver les moyens pour réaliser ce souhait. Et de là, de proposer à une personne, à une fondation, et pourquoi pas, et ce serait assez légitime, aux éditeurs de José Corti de s’en occuper, et de proposer un vrai projet. Difficile de faire mieux sans avoir une carte blanche.

Néanmoins, je pense que Maison d’écrivain, voudrait dire maison de résidence, et maison de rencontre. Résidences d’écriture dont la durée peut-être très variable. Je n’aime pas pour ma part qu’on impose une durée. Elle dépendra de l’écrivain (ou du traducteur), du temps qu’il désire, ou qu’il a à sa disposition. Une semaine, un week-end déjà, peuvent être ressourçant, aider à l’écriture d’un projet, à en finir un autre. Aucune contrainte. Laissons cela ouvert. Comme beaucoup d’autres choses, cela dépendra de celui ou de ce qui mettra en marche ce projet.

Ensuite, lieu de rencontres. Je ne connais pas la maison, ni sa taille, mais on peut souhaiter qu’un tel endroit soit aussi un lieu de rencontre. Autour de la littérature, mais pas seulement, à partir d’elle, vraiment "autour" d’elle, en ouvrant sur d’autres disciplines, pour de vraies rencontres de quelques jours, et non pour des colloques. Prévoir plusieurs chambres.

Une petite bibliothèque. Garder celle de Julien Gracq et en favoriser l’accès ? Que ses livres soient disponibles, qu’on puisse se les procurer. Voilà un début.

Refaire les murs, abattre les cloisons, faire un site internet (celui de José Corti sur Gracq est excellent) ? Parlons d’abord de projet et de contenu avant de vouloir défigurer sa maison...

bien à vous,

David Collin _ www.davidcollin.net

 

25 _ comme elle en haut

Au risque d’être interdit de billet (encore ?!?), je vous propose ce
commencement critique : je crains vraiment que la droite au pouvoir
(nationale et sociale, si vous voyez les prolégomènes) ne se venge des
incartades de cet écrivain trop connu de son vivant qui se permet de refuser
un prix Goncourt et qui reste dans son village natal durant sa retraite de
l’enseignement ; la hauteur de la littérature pour lui, comme celle de la
sienne (bien meilleure et bien pire que ce que nous pourrions en dire),
encore des attitudes un peu trop égocentriques, ou égocentrées, ou artistes
 : les artistes peuvent crever seuls, dans des fosses communes, le pouvoir et
l’Etat n’en a strictement rien à faire. Ceci posé, j’ai entendu il n’y a pas
longtemps dans le poste l’ex président Chirac qui louait "le village des
Syrtes" alors je pense qu’on pourrait faire appel à lui (on sait où il loge,
on lui envoie une lettre, peut-on plus simple ?)

J’abonde en tout cas pour le projet de Gilda sur son site, moi je n’ai pas
d’idée en vrai sinon une bibliothèque avec des livres en bas et une
numérique comme elle en haut. Voilà.

Amicalement

PCH, dit Piero de Belleville _

 

26 _ vous n’y parviendrez pas

La maison de Julien Gracq est probablement hors des normes, polluée par le plomb et l’amiante, inaccessible aux handicapés, allergique aux individualités vaniteuses comme aux foules ahuries. À la DDE, à la mairie, à la communauté de commune, à la communauté de pays, à la préfecture, au conseil général, au conseil régional, au ministère de l’éducation nationale, au ministère de la kultur, à l’université, dans les zassociations, tout projet réveillera des ambitions rancies, suscitera du zèle et engendrera une épidémie d’inguérissables prurits réglementaires ; il faudra faire des travaux pharaoniques, rendre le bâtiment et ses abords accessibles au public, composer avec des irresponsables stériles et arrogants, distribuer des rôles à des incapables pour les remercier des bontés qu’ils eurent ou pour prévenir la malveillance qu’ils manifesteraient. J’en passe. Entre les zautorisations zadministratives, les problèmes budgétaires, les complications légales, les prétentions des zuniversitaires avides de reconnaissance, les rancœurs des exclus et les appétits des glorieux de tout poil, c’est une tâche terrifiante. 

Renoncez. Vous n’y parviendrez pas. 

Vendez plutôt le sanctuaire et créez un fonds consacré à la destruction physique :

—  des ouvrages de toute sorte écrits en charabia, bourrés de fautes d’ortograf, mal traduits, pas corrigés, mal imprimés, où l’on "génère" et "solutionne" plutôt que "d’engendrer" et de "résoudre", enfin des ouvrages qui méprisent le lecteur. 

— des auteurs et des éditeurs de ces ouvrages. 

Dieu merci, la littérature sauvera le monde, mais c’est dur.

Très amicalement hors sujet.

Roland de Chaudenay _ écrivain

 

27 _ l’exemple Casarès

Si Julien Gracq souhaitait une maison des écrivains il faut respecter son souhait. Et conserver l’idée d’une librairie présentant ses oeuvres et les oeuvres des auteurs qu’il aimait, penser aussi aux livres de Jules Verne qui ont nourri son enfance.

Voici en exemple ce qu’est devenue la maison de Maria Casarès de Lavergne à Alloue en Charente. La municipalité et le Conseil Régional ont participé.

Amitiés

Doris Parneix

 

28 _ loi sur le financement des cultes

Un grand temple dédié à un certain nombre de cultes.

Un sanctuaire principal dédié à Julien Gracq, bien sûr, grand écrivain d’autant plus immortel qu’il n’est, en définitive, que la géniale création d’un certain Louis Poirier.

Ensuite, un culte des ancêtres : les manes de Nerval, de Lautréamont, de Breton, de Jünger, de Wagner, de Verne, etc., seront l’objet des prières et des pèlerinages des impétrants en littérature.

Enfin, et surtout, comment pourrait-on penser le sanctuaire d’un écrivain-paysagiste sans un culte des génies du lieu ? Une chapelle pourra être construite au bord de la Bièvre, et un autre sanctuaire, plus important, sera dédié à l’adoration de la déesse Loire.

Des pélerinages seraient organisés depuis les Ardennes, et on pourrait venir adorer les armes du Roi Pêcheur rue du Grenier-à-Sel. Je propose, comme grands officiants : Fabienne Raphoz en grande prêtresse, et Bertrand Fillaudeau comme pape. Une grande date de pèlerinage pourrait être, pour reprendre l’idée de FB, la date anniversaire du refus du Goncourt. Le reste des rituels étant à déterminer par l’Eglise à venir.. Cadre théologique de cette nouvelle religion littéraire à inventer : syncrétisme sans œcuménisme : "rien de commun" ; adoration du paysage, et "culte des images" comme de la lettre.

En ce qui concerne le financement, je pense que les aumônes devraient suffire à l’entretien. Quant à l’aménagement initial des lieux, il faudrait demander son aide au gouvernement et aux autorités locales, et batailler avec les lois sur le financement des cultes pour faire reconnaître la littérature comme une religion avec de nombreux adeptes.

François Fièvre, ombres vertes

 

29 -_ projet pour la maison de Julien Gracq

François Denis, bibliothécaire (Bobigny)

 

30 _ base sans administratifs

il faut donner la maison Gracq à l’association remue.net qui en fera une base d’écriture, sans administratifs qui régentent, avec juste des écrivains à tous les étages, pour y vivre, y travailler, y faire venir le monde

phil rahmy _ philrahmy3rdgeneration

 

31 _ plus à s’inquiéter

on la bascule, on la pose, on la remplit d’eau
on l’assèche, on la calme, on la lance dans le vide on la rattrape toujours
on l’étend à la rive
on n’ouvre pas les volets on les ouvre les oublie
on s’allonge on la regarde
(au plafond)
ça y est elle est à nous
on respire elle est prise
et libre
il n’y a plus à s’inquiéter

Anne Savelli, fenêtres open space.

 

32 _ matérialisation typographique

Des obligations ou critères de préférence pour les candidats résidents :

Enregistrer la lecture d’un ouvrage de leur choix (livre audio) et
s’initier dans le studio d’enregistrement mis à disposition à la
pratique orale de la littérature ; travaux pratiques et performance
publique organisée dans un salle acquise sur le rivage d’en face.

Numériser un ouvrage du fonds Corti (scan, OCR, ressaisie) et
s’initier à l’édition numérique sur le matériel de numérisation mis à
disposition.

Garder trace du travail d’écriture au jour le jour, photo des
brouillons ou utilisation de tout moyen numérique de consignation du
texte en devenir.

Priorité aux résidents qui viendraient avec leur éditeur/typographe/
maquettiste/illustrateur/interprète et élaboreraient leur œuvre en
fonction de sa matérialisation typographique ou sonore.

Alain Pierrot, apsed

 

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne et dernière modification le 30 juillet 2008
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