né le 10 février 1986

Guillaume Vissac sur publie.net : l’édition numérique se fait ultraïste


né le 10 février 1986 ; dix deux quatre-vingt-six ; à Firminy ; F.I.R.M.I.N.Y. ; Firminy c’est dans la Loire ; la Loire c’est 42 ; Firminy c’est tout à côté de Sainté ; un pseudo sur la toile qui me suit depuis mes quatorze quinze ans ; à cause d’un nom de personnage de roman à la con ; roman heroic-fantasy avorté depuis ; visiblement ça veut dire un tas de chose en espagnol ; comme par exemple danser ou bouger ou pisser ; pisser ça c’est pour l’argot cubain ; mais bon ça c’est ce qu’on m’a dit je sais pas si c’est vrai ; vécu huit ans de ma vie à Villars près de Sainté ; puis treize ans à Sainté même ; puis deux mois à Morlaix dans le Finistère ; le Finistère c’est 29 ; puis une dizaine de mois à Loué dans la Sarthe ; la Sarthe c’est 72 ; et enfin Évry, Essonne ; Essonne c’est 91 ; un frère ; plus vieux ; pas de sœur ; deux parents ; trois lapins successifs ; Justin-le-lapin le premier ; mort après avoir mangé le sapin de Noël ; c’est la faute à mon père ; Mariette rebaptisée Touffe de poils quand on s’est rendu compte qu’en fait c’était un mâle et pas une femelle ; M. Lapin ; Yvain sur le certificat de naissance ; bientôt deux ans à l’heure où ; en très bonne forme ; un parcours scolaire banal et correct ; moi je veux dire ; pas le lapin ; sauté le CP puis repiqué la cinquième ; jamais très bon ; moyen partout ; juste accrocher la moyenne ; juste juste ; l’impression permanente que le parcours scolaire c’est pas le plus important ; que le plus important reste en périphérie ; juste qu’il faut trouver ce que ce truc-important-périphérique peut bien être ; un bac série L mention assez bien ; une licence de lettres mention rien du tout ; un brevet que je suis jamais allé chercher pourtant j’habitais à deux pas du truc ; des amis-par-défauts qui m’ont inculqués le sens de la paranoïa ; ponts coupés en plein milieu de ma troisième ; homosexuel depuis grosso modo cette époque là ; mais certainement depuis toujours ; si tant est que ça se passe comme ça ; un déménagement ; deux déménagements ; trois déménagements en moins d’un an ; ça use etc. ; une brève expérience de vendeur en librairie courant 2007 ; des vacations en collège pour la suite ; des bribes de boulot pour laisser champ libre aux livres que j’essaie d’écrire et que les éditeurs essaient d’éviter d’avoir à lire ; une flopée d’amis laissés à Sainté ou diffractés ailleurs ; comme autant d’initiales orphelines de leurs noms ; A. ; F. ; E. ; N. ; L. ; P. ; V. ; I. ; E.(bis) ; j’en oublie c’est sûr ; et puis H. ; on vit ensemble depuis juillet 2007 ; on s’est croisé par mots interposés fin 2001 ; on s’est croisé en vrai en juillet 2002 ; ça s’appelait la baie des trépassés ; ça s’appelait (ça s’appelle toujours) comme ça je le jure ; dans le Finistère ; 29 ; je croyais que c’était le facteur ; il venait me voir sans prévenir pour me dire qu’en fait on pourrait pas se voir ; c’était jour de relâche dans le Tour de France ; c’était un quinze juillet ; avant H. : C. ; une impression ; une erreur ; plus tard : autre C. ; masochisme incontrôlé ; erreur différente ; regards déréglés ; sur le plan littéraire ; quelques livres lus mais jamais assez ; des nouvelles d’écrites mais toujours bien mal ; des romans commencés ; un dépotoir qui déborde ; un truc de fini ; un truc encore en cours ; un autre truc je sais pas vraiment ce que c’est ; un texte court ; bref ; de publié en 2007 dans une revue ; ça s’appelle Transforme(s) ; pas mal de concours ou d’appels à textes loupés ou alors foirés ; des fois intentionnellement, des fois moins ; des sites internet depuis 2001 ; le premier j’étais en troisième puis après en seconde ; le deuxième pour meubler mes journées vides et mes soifs de rien ; puis un blog ; bloc-notes ; journal-en-ligne ; peu importe comment on dit ; et le projet 17h34 ; l’expérience photos-floues ; l’expérience photos-moches ; Guillaume, sinon ; Vissac, il paraît ; un tas de pathologies dans la tête ; tas d’incohérences sous la peau ; un bras cassé ; une appendicite ; groupe O+ ; jamais changé de coiffure depuis que j’ai une coiffure ; incapacité à me fondre parmi les autres ou alors à petites doses ; migraines chroniques jusque dans les reflux de mes paupières sèches ; paranoïa fréquente ; lunatisme exacerbé ; fuit le soleil ; fuit la chaleur ; fuit la flotte ; fuit les insectes ; fuit les voitures côté conducteur ; fuit en général mais essaie d’apprendre à fuir mieux ; s’englue dans ses mosaïques d’écrans et y en a pas qu’un peu ; troubles de la concentration ; incapacité à réellement se fixer sur ce qu’on lui dit ou ce qui se passe ; incapacité à rester attentif face aux trucs importants ; retient plus facilement les détails ; toujours plus souvent dans sa tête qu’ailleurs ; atavisme qui court dans les générations ; paraît-il ; dépressif à l’occasion ; obsessionnel de la fiction ; fantasme de traverser les murs et les vitres et de fuir latéralement ; vit perpétuellement avec un temps d’avance ; incapable d’apprécier le présent ; tout anticiper en permanence ; passe de la première à la troisième personne du singulier intempestivement ; travestit des éléments de sa bio pour le plaisir de brouiller les pistes ; de marcher au bord ; d’exister entre les points-virgules ; de faire semblant d’être là

 

Voilà, vous demandez comme d’habitude à l’auteur dont vous installez le texte sur publie.net une petite notice biographique, plus ses liens et sites, et voilà tout d’un coup ce que vous recevez...

Guillaume Vissac fait donc son entrée sur publie.net. J’y insiste : il s’agit de faire place à des écritures, lorsqu’il nous semble qu’elles déplacent un certain point du rapport du langage au monde. Nous informent sur notre propre rapport à la ville et aux autres.

Voici deux textes à forte contrainte : une série de notes au quotidien, sur deux ans, lors de trois déménagements dans trois villes différentes. Et une suite d’incises sur les signes de l’angoisse dans le présent qui deviennent chacun comme un micro-polar, tissant une étrange narration d’un à l’autre par un jeu de marelle via liens interactifs.

Ceux qui suivent déjà omega-blue, littérature ultraïste, le site de Guillaume Vissac, ne seront pas surpris que nous accueillions aujourd’hui ces deux textes. Écriture en train de se faire, cherchant sa marque et son territoire, mais nous emportant dans un lien au réel dérangeant, qui fait la trame même du texte.

Ci-dessous les deux extraits donnés à lire sur publie.net : vous y retrouverez Qu’est-ce qu’un logement et Livre des peurs primaires. Lire, soutenir.

Et surtout, se laisser embarquer : ici change le récit de la ville.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 31 janvier 2010
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