Pensées classées : liquidez son stock !

prendre le positif, réfléchir à ce qui nous met en rage


Prendre le positif : il y a un peu plus de 2 ans, un libraire reprend un emplacement petit mais magnifique, le magasin pile en face l’opéra Bastille, de l’autre côté de la place, à l’ouverture de la rue Jacques-Coeur, il y a pire comme emblème.

Côté nord à 500 mètres, une belle librairie : L’Arbre à Lettres, côté ouest à 500 mètres une belle librairie : les Cahiers de Colette. Il choisit un autre angle : faire une librairie avec les livres qu’on aime soi. Des singularités, des raretés. On entre, on ne peut pas ne pas se faire piéger à ce qui devient invraisemblable, livres qui incluent chacun une vie extrême. Et ces cultures si longtemps minorées, côté du San Francisco post-Ferlinghetti ou de l’underground new-yorkais : ce qu’on trouve à Pensées Classées, mais pas seulement (suis pas très fort, dans tas de directions qu’il suit...).

Me souviens de mes premières années Paris, 76-80, et les kilomètres qu’on faisait parce que chaque librairie avait sa spécialisation – il y a encore 15 ans, est-ce que Pensées Classées n’aurait pas trouvé très vite sa respiration ? A San Francisco où il était cet été, François Morice en a un petit pincement : les librairies de 30 m2 avec une hyper-spécialisation, ça trouve sa place dans l’écosystème et comment on marche la ville, là où les gros géants généralistes type Borders/Lincoln s’effrondrent.

Donc avec une petite angoisse que j’approchai hier la rue Jacques-Coeur. Mais la porte est ouverte, et le libraire toujours là. Seulement, à ce qu’il dit, c’est pour peu de temps. Les livres, les fabuleux livres, ne sont pas renouvelés, mais il reste l’incroyable stock. Et si j’en parle, c’est que le local est désormais partagé en deux : c’est le repère désormais des éditions Inculte, leur revue, le Clavier cannibale du patron, et des livres qui sont en osmose avec ce que défendait Pensées Classées – l’édition pour François a remplacé la librairie, l’important qu’il s’en sorte par le haut (bon, on suggérerait bien aux Inculte de nous rejoindre un peu plus dans la diffusion numérique, mais ça les regarde...).

Par exemple, chez Inculte, My lost City de Luc Sante (« New York est une ville qui sera remplacée par une autre ville », ce qui fait penser à cet autre texte), Luc Sante dont je suis depuis longtemps le blog, un des rares auteurs US à ne pas se contenter d’indiquer lesquels de ses livres sont dispo chez amazon.

Donc incitation à faire le crochet Bastille : ce ne sera pas inépuisable, les merveilles de la librairie Pensées Classées, le titre versus Perec est déjà un guide, et l’étymologie du mot librairie, au sens Montaigne, dans ce cabinet de curiosités, où une guitare électrique et un piano de salon font partie de l’ameublement.

Et le libraire, sûr qu’on reste ensemble dans nouvelles routes et combats.

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 4 septembre 2010
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