publie.net 20 000 | science-fiction à bord

le lancement de e-styx et la collection ArcheoSF : désormais un pan solide de l’aventure publie.net


Donc, pour fêter le passage de la barre des 20 000 téléchargements en 2011...

À nous d’éclater la notion de genre, comme nous avons à éclater celles de siècles. Laissons ça aux chers universitaires ès Lettres rémunérés à vie qui n’ont donc certainement aucun besoin de s’interroger sur la mutation en cours. Pas possible de catégoriser, dans publie.net, ce qui relève de prose ou poésie, de fiction ou non-fiction – écrire est intransitif disait Maurice Blanchot et on s’en tiendra là.

Et ça vaut pour le fantastique, en tant que système de fiction qui construit ou déplace la notion de réel. Ce qui vaut aussi bien pour Aminadab de Maurice Blanchot que pour l’essentiel de l’oeuvre de Kafka : il faudrait donc sortir son oeuvre du champ littéraire ? Plutôt le réflexe inverse : quelle bizarrerie de voir un auteur de la stature de Lovecraft relégué dans le kitsch des collections horreur – pourquoi pas Marcel Proust en romance, catégorie qui pollue depuis longtemps les librairies anglo-saxonnes et commence de faire son apparition dans les nôtres ?

La notion de fantastique, pour moi, c’est plus le souvenir de certaines heures de lecture particulières – celles où on s’autorise, précisément, de lever les contraintes ordinaires du réel. Ce que ne se permettent pas Kafka ni Lovecraft : ils vont à l’assaut de ces frontières et les déchirent, ce qui n’est pas la même chose.

En novembre 2010, Bernard Strainchamps, dont nous avons tous en mémoire le site MauvaisGenres.com consacré au polar et au noir, me fait part de son souhait de lancer une maison d’édition numérique pour ces textes. On commence à parler ISBN, mise en page, formats etc, et je lui suggère qu’il ferait peut-être aussi bien de profiter de notre structure existante, d’un peu de savoir faire aussi, et que je lui laisse volontiers en ce cas l’entière responsabilité éditoriale de sa collection. Un an plus tard, 16 titres au compteur, et l’envie d’en propulser bien d’autres.

Sur ce modèle, je croise quelques auteurs de science-fiction et anticipation. Les discussions traînent en longueur. Puis j’entends parler d’un mirifique projet, mais qui disparaît très vite dans les profondeurs galactiques. Seulement moi, du coup, j’ai soif de textes.

Ça s’enclenche avec g@rp, que nous accueillons déjà en Mauvais Genres, qui me propose son Locked in syndrome : rien n’empêche de proposer ce texte parmi nos autres textes contemporains – mais la spécificité d’univers, et de manipulation du réel, autorise et appelle le même genre d’affirmation de registre qu’est Mauvais Genres. Et c’est chez Christian (oui, g@rp le Marseillais a un prénom) que je tilte sur la récurrence du mot styx déclenchant l’idée de ce e-styx qui devient aussitôt un nom de domaine, e-styx.net. Du coup, je ressors un envoi en latence, Olivier Le Deuff, @neuromancien sur twitter, et son Print brain technology : dans ce contexte, ce texte trouve aussi sa rampe de propulsion. Gwen m’envoie une idée de couv avec le logo e-styx en recouvrement...

L’idée donc d’une marque à l’intérieur de publie.net, qui serait ainsi basée sur nos sensations de lecture, pourrait accueillir littérature populaire ou thrillers (ainsi, les deux livres dont nous a fait cadeau Patrick de Friberg, un régal). J’y glisse quelques classiques à teneur évidemment en résonance, Le chat noir de Poe, ou ces textes de Maupassant sur La peur, même si je les laisse figurer dans notre catalogue de classiques – et bien sûr c’est le lieu idéal pour cet autre domaine à part que sont nos retraductions de Lovecraft (La maison maudite est un blockbuster à notre échelle...).

Il me semble aussi que cet écart manifesté d’emblée peut permettre d’accueillir des textes sur la musique (mon propre texte sur/avec les Sex Pistols, et tout bientôt le livre de « KMS »)...

Je voudrais que cette collection soit un appel à auteurs : écrire pour cette sensation de lecture, inventer pour ce dérèglement du sens qu’est le fantastique. Ainsi, ce qui se passe dans Visions secondes de Laurent Margantin, De ses dix doigts d’Edgar Kosma ou Le saviez-vous de Jean-François Paillard – comme dans le dur KKK de Michèle Kahn.

Et puis, et puis... je n’avais pas prévu Philippe Ethuin. En voilà encore un qui sévit sur twitter (@ferocias) et force le respect dans la démarche blog, ne serait-ce que son vaisseau amiral ArcheoSF. Mais le livre numérique propose une spécificité que n’autorise pas le blog. Philippe Ethuin est collectionneur, de vieilles revues, d’anciennes publication. Il est une sorte de trésor national vivant de l’histoire de la science-fiction, de l’anticipation, des premières bandes dessinées. Il peut expliquer, replacer dans le contexte, annoter, présenter l’auteur et le texte : l’équipe éditoriale de publie.net est un complément nécessaire, travaillons ensemble... L’idée initiale était d’une publication par mois : déjà 5 mises en ligne, désormais une série sous l’emblème ArcheoSF, et le plan de publication déjà prêt pour l’année à venir, mais à mesure qu’on s’organise, on devrait pouvoir délivrer quelques surprises supplémentaires – et même dès le 1er janvier proposer un événement exceptionnel. J’en suis extrêmement fier, et c’est pour moi tout un domaine qui s’ouvre...

L’accès à tout cela évidemment inclus dans notre abonnement particuliers et bibliothèques. Accompagnez-nous dans l’aventure e-styx...

FB

 

e-styx | 13 pistes de lecture et découverte



- Olivier Le Deuff, Print brain technology

 


- g@rp, Locked in syndrome

 


- Rosny aîné, La mort de la terre

 


- Charles Nodier, Infernaliana

 


- Edgar Kosma, De ses 10 doigts

 


- Antoine Boute, Brrr...

 


- Patrick de Friberg, Homo futuris

 


- Jean-François Paillard, Le saviez-vous

 


- Michèle Kahn, KKK, le grand dragon

 


- ArcheoSF 2, En 1950

 


- ArcheoSF 3, Histoire de ce qui n’est pas arrivé

 


- François Bon, Commentaires sur les Sex Pistols

... et pour finir (?) ce merveilleux portrait d’instituteur rural dans l’Amérique des croyances et superstitions :


- Washington Irving, Sleepy Hollow

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 décembre 2011
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