livre numérique en bibliothèque : contexte juridique

à la suite une mise en cause qui manque autant de déontologie que de compétence, débat qui dépasse de loin la prise à partie due à la bibliothèque de Martigues


« Publie.net via sa plateforme de distribution Immateriel.fr a des pratiques tout aussi douteuses que Gallimard mais vis-à-vis de ses clients et en particulier des bibliothèques. »
note du lundi 27 février, 18h15
Message reçu à l’instant via Facebook :
Directrice de la médiathèque de Martigues, je suis désolée des propos de mon collègue que j’ai découvert et que je ne partage pas. je ne rentre pas dans votre discussion, tout a été dit et bien posé dans le débat.

Dont acte, et discussion donc close. J’aimerais quand même un correctif à l’expression pratiques douteuses : dans l’espace public du web, on ne lâche pas des scuds comme ça sans les justifier, ou, s’ils ne sont pas justifiés, de s’en excuser.

Je n’en fais pas une maladie, mais assez d’être pris pour cible de cette façon, simplement parce qu’on propose des contenus numériques aux bibliothèques, ce qui n’est pas le cas, par exemple, de Gallimard. Donc désolé auprès de la médiathèque de Martigues, et pas de hache de guerre ni de malentendu ou je ne sais quoi – simplement l’impossibilité pour moi de laisser passer ce genre d’attaques sans y répondre. Reste, après, lorsqu’on s’exprime es qualités dans un espace public, la notion de compétence quant à élémentaire contexte juridique.

FB

 

note du vendredi 24 février, 14h46
Un très grand merci à Lionel Maurel (site S.I.Lex/Calimaq) pour ce point très précis concernant le statut du prêt de livre numérique en bibliothèque. Cette réponse à Bernard Majour est un autre élément de débat, je change donc le titre de ce billet – et bien sûr page ouverte.

note du vendredi 24 février, 13h12
Contribution importante de Bernard Majour en commentaire ci-dessous, débat ouvert. Il nous sera – à nous les premiers – profitable...

 

François Bon | réponse à la bibliothèque de Martigues


C’est ici un site personnel. Si publie.net est une entreprise commerciale, la littérature contemporaine n’est pas une arène de jeux de cirque, et c’est pour nous une double tâche, que de promouvoir des contenus liés à la création contemporaine, sur des supports numériques dont les usages supposent une expérimentation permanente.

Il n’y a pas d’affaire Hemingway, puisque, je le répète, j’ai retiré dans les 10 minutes une mise en ligne toute récente, alors que Gallimard n’a jamais daigné m’en faire la demande ni le moindre signalement préalable. Il y a de l’indécence à ce déploiement médiatique d’organes qui ne s’étaient jamais jusqu’ici intéressé à notre démarche, ni n’avaient jugé utile de faire écho à nos auteurs et nos textes. Mais c’est le jeu, dans la société du spectacle. Merci à ceux qui l’ont fait avec scrupule et respect.

Il était par contre légitime que cette lettre par laquelle Gallimard s’en prenait à mes diffuseurs, sans même justifier de la main-mise effective de ses droits numériques (voir ici), suscite une réflexion – plus large que publie.net – parmi le petit monde de la lecture numérique. Quitte à retrouver les mêmes trolls qu’on débusque à chacune de nos initiatives, mais ça on est habitués.

Et ça ne nous empêche pas d’avancer, ni d’entamer de nouveaux projets, dont le lancement d’un catalogue papier avec le premier acteur français d’impression à la demande.

Seulement, il y a des règles. Lorsque la médiathèque de Martigues s’exprime es qualités dans un espace public, et que la personne qui agit au nom de cette médiathèque qualifie publie.net de pratiques douteuses, il s’agit de diffamation et c’est grave, cela demande rectification ou justification.

En tout cas, de ma part, le rappel de quelques éléments, qui sont pourtant de la compétence de base de n’importe quelle personne avertie en bibliothèque.

le streaming par l’exemple...

Petite pause avant de passer aux choses déplaisantes. Je reçois à l’instant, et donc le rajoute dans ce billet, court extrait de la lettre que les bibliothèques publiques de Montréal viennent de faire parvenir par e-mail – parmi leurs 400 000 usagers, aux 25 000 employés municipaux de la métropole. Merci Luc Jodoin, ça tombe à pic pour remonter le moral !

 

Plus de 2 500 livres numériques disponibles gratuitement
Abonnés des Bibliothèques de Montréal, à vos téléphones intelligents, tablettes de lecture et ordinateurs ! Avec leur collection de plus de 2 500 livres numériques, les Bibliothèques de Montréal vont encore plus loin :

Livres téléchargeables
La plateforme Internet Prêt numérique dispose de plus de 1 800 livres téléchargeables. La littérature québécoise y est à l’honneur avec des romans, des essais et des livres pratiques. Pour une durée de 21 jours, les ouvrages d’auteurs aussi reconnus que Nicolas Dickner, Lucie Pagé, Mara Tremblay, Andrée Poulin ou encore Patrick Sénécal peuvent être téléchargés de partout. Pour en savoir plus :Bibliomontreal.com/pretnumerique.

Lecture en ligne
La lecture en ligne est tout aussi riche aux Bibliothèques de Montréal avec quelque 700 titres.

[...] La collection Publie.net, l’un des premiers éditeurs de littérature numérique francophone, propose plus de 500 ouvrages contemporains et classiques. On ne laisse pas passer les textes éclatés de l’auteur jeunesse Claude Ponti à l’intention des grands, ni La Petite apocalypse de Josée Marcotte, un dictionnaire révolté. On y retrouve aussi Didier Daeninckx avec trois polars, H. P. Lovecraft qui hérisse encore les poils avec ses classiques d’horreur et de science-fiction, une nouvelle traduction de Bartleby de Melville, sans compter Kafka, Balzac, Zola, Rilke, Rimbaud et ces nombreux autres qui nous y attendent à toutes heures du jour et de la nuit.

Accès tout simple
Pour accéder à ces ressources en ligne, il faut être abonné aux Bibliothèques de Montréal et ouvrir une session. Toutefois, la lecture des livres à télécharger sur pretnumerique.ca requiert l’installation des logiciels suivants : Adobe Digital Editions pour la lecture et la gestion des prêts et Bluefire Reader pour la lecture sur iPad, iPhone et les produits Android.

Abonnement gratuit pour les employés de la Ville de Montréal
Les employés municipaux permanents et auxiliaires ont droit à l’abonnement gratuit en présentant une carte d’identification valide de la Ville de Montréal ou un talon de paie récent.

Voilà ce qui s’appelle travailler de façon claire, non ? Et parfaite introduction à ces 2 modes de lecture numérique en bibliothèque, par téléchargement à l’unité ou par lecture streaming globale, et ce qui s’ensuit pour le prêt de liseuses. Retour à la question du numérique en bibliothèque. Je rappelle que :

- 1, la législation concernant la propriété intellectuelle interdit (qu’on le déplore ou pas) la diffusion de contenus artistiques en collectivité sous le régime réservé à l’acquisition personnelle.

Enfin quoi, si on offrait au bibliothécaire de la médiathèque de Martiques ne serait-ce qu’une 1/2 journée de formation à l’Enssib, il l’apprendrait...

Pour les DVD, les achats se font à un tarif supérieur aux achats particuliers, la différence est perçue par des organismes qui le reversent aux ayants-droit, indépendamment du nombre de prêts réalisés, vous avez tous subi les avertissements en tête des DVD...

Pour les livres papier, l’achat se fait au tarif particulier, avec en plus un système de remise via marché public qui a – depuis le gouvernement Jospin – favorisé l’émergence de 3 ou 4 grossistes au détriment des librairies locales, mais assorti d’un droit de prêt perçu par la Sofia – système que j’ai suffisamment critiqué lors de son établissement, les sommes étant à leur tour reversées aux auteurs.

Pour le livre numérique, la France ayant eu à s’occuper du prix unique du livre numérique et autres babioles, l’interprofession a totalement ignoré cette problématique. C’est en partie lié au fait que les bibliothèques et ceux qui les représentent sont systématiquement tenus à l’écart des bras de fer gouvernement librairie édition.


- 2, alors comment lire du numérique en bibliothèque ?

Il y a plusieurs solutions techniques, mais toujours dans l’obligation de respecter le premier axiome :
- solution québécoise, voir encore aujourd’hui billet de Bibliomancienne : la bibliothèque acquiert un nombre défini de titres, à un tarif défini par l’interprofession, et prête un nombre défini de ces fichiers via un système de DRM chronodégradables, mot qui n’est pas beau, mais ça fonctionne. C’est aussi la solution adoptée en France par Numilog. Je ne la conteste pas : je dis simplement qu’elle est calquée sur le système de diffusion du livre en tant qu’objet, et en tant que tel n’est pas viable pour nous, elle privilégiera toujours la littérature de consommation et pas la découverte (et vous avez vu, ci-dessus, la phrase concernant Adobe Digital Reader, Bluefire Reader, etc : niark niark, les copains, bon courage... – nous ne pratiquerons pas la lecture dégradable). Je ne m’opposerais en rien à ce qu’un de nos partenaires en use de cette façon avec nos propres textes. Mais ce n’est pas la proposition commerciale qu’avec l’Immatériel-fr nous avons choisie de mettre en avant.
- solution USA : la bibliothèque se fait seulement l’intermédiaire d’un fournisseur auprès de ses usagers, le fournisseur se rémunérant sur la transition proposée au client : pour aller plus loin dans la lecture, acheter le fichier au partenaire fournisseur. En l’occurrence Amazon, et c’est bien pour cela que nous refusons en France, pour l’instant, ce genre de transaction.
- la lecture en streaming. Dans ce cas, pas de transfert de fichier, on respecte la propriété intellectuelle parce qu’on propose un accès. Tout notre effort (ou plutôt du responsable informatique de l’Immatériel-fr, Julien Boulnois et son équipe) consiste à proposer un système de feuilletage en ligne ergonomique et confortable, incluant le multimédia (même richesse de fonctions image et audio que sur l’iPad), la recherche plein texte, l’intégration dans le catalogue de la bibliothèque, etc. Surtout, ce système permet que le lecteur accède aux ressources de la bibliothèque depuis là où il est, avec son propre appareil, via son n° de carte de lecteur.


- 3, alors où en est-on, et que propose publie.net de si douteux ?

Streaming, abonnements, prêts de liseuses :
- D’abord, signaler que ce mode d’accès m’a été proposé dès janvier 2008 par la BPI (Beaubourg) depuis resté notre fidèle abonné. Pour ma part, à l’époque je n’aurais même jamais pensé à ces questions. Est venue très vite la BU d’Angers (et leur généreux appui technique et réflexif pour développer nos outils) et la première médiathèque à créer un accès à distance pour ses lecteurs, dès 2009, celle de La-Roche-sur-Yon sous l’égide de Michel Fauchié.
- Actuellement, une grosse quarantaine d’établissements territoriaux ou universitaires sont nos abonnés. Que vous alliez n’importe où sur les campus (tous établissements universitaires dépendant des universités) de Nice, Strasbourg, Québec/Laval, Nantes, Angers et les autres, vous disposez d’un accès illimité en streaming à nos ressources, et la possibilité donc aux enseignants aux médiateurs de les utiliser ou les promouvoir. Parmi les grands établissements à proposer l’accès à distance, travail très novateur de Rennes Champs Libres, la BNF pour tout titulaire d’une carte chercheurs (ouf, personne à la BNF ne s’est aperçu de nos pratiques douteuses), les 43 établissements publics de la ville de Montréal, l’Institut français de Londres et quelques autres...
- C’est pour cela que nous sommes résolument attachés à promouvoir le mode d’accès par streaming. Nous proposons aussi aux bibliothèques des accès par bouquets de titres : comment ne pas être heureux quand la BU de Lausanne achète à l’Immatériel-fr un bouquet multi-éditeurs de 1000 titres, dont 230 de notre propre catalogue. Mais, même en ce cas, la bibliothèque cherchera (comment leur en vouloir) le connu, et non pas ce qui justifie notre démarche – tenez, avez-vous lu Dominique Falkner, et Patrick Froehlich ?
- Les bibliothèques, c’est ce dont il s’agit avec Martigues, expérimentent aussi des prêts de liseuses ou de tablettes à leur public. Heureusement, que ces expériences ont lieu. Elles sont même parfois menées sous l’égide de partenaires institutionnels (le Motif en Île-de-France). Il n’y a pas, en l’état, de dispositif juridique pour accompagner ces expériences. Chaque fois, j’ai pris le risque, avec l’assentiment de nos auteurs, de proposer au responsable de ces expériences un accès personnel avec téléchargement pour nos ressources, et qu’il puisse les mener sous sa responsabilité. De nombreuses sont en cours. Et elles ont chaque fois été aussi l’occasion de merveilleux retours quant à la médiation (voire la reprise de coquilles restantes !), et même de plus en plus souvent des invitations faites à nos auteurs. Seulement ça commence par nous en parler, et... dans le cadre global d’un abonnement.


- 4, rôle des libraires, attente de l’interprofession

Et pendant ce temps-là, d’autres éditeurs trouvent préférables de s’abstenir, pas nous...
- En l’attente d’accords interprofessionnels, l’Immatériel-fr, notre distributeur exclusif – ce n’est même pas moi qui m’en occupe – a repris à son compte (nombreuses rencontres et discussions avec CAREL et COUPERIN, noms inconnus à Martigues) la pratique d’un tarif proportionnel au nombre potentiel d’utilisateurs. Pourquoi je ne m’en occupe pas ? Parce que je suis bien conscient que l’abonnement de la BNF ou de telle université tient beaucoup plus à l’idée de nos partenaires qu’il s’agit d’un service en partie lié à sa mission de service public, et d’une rémunération ou soutien apporté à un outil de recherche et d’expérimentation, et non pas pour la quantité d’accès et lectures. C’est plus facile avec la littérature de genre qu’avec le contemporain, avec les prix littéraires qu’avec Joachim Séné, mais c’est bien ce qui nous fonde à travailler ensemble. Donc pas question d’appliquer le même tarif à la Bibliothèque départementale du Cher qu’à la communauté d’agglo de Clermont-Ferrand, à la médiathèque Martigues si elle nous l’avait demandé qu’à l’université de Nice. Mais soyons sérieux, Martigues, c’est à nous que vous vous en prenez quand les chercheurs mettent à plat la situation avec Elsevier ?
- Depuis le début, nous sommes fondés à penser que le travail avec les collectivités est une opportunité essentielle pour les libraires. Pas la même chose de vendre un bouquet de 500 titres que des eBooks à 5 euros l’unité, pas la même chose que proposer un abonnement au réseau de médiathèque de sa ville, que vendre des liseuses puis d’en faire le service après-vente... Et nous sommes prêts à la même remise que celle qui se pratique pour les remises papier. Parmi nos abonnés, une bonne proportion d’établissements passent déjà par leur libraire prestataire de marché public.
- Mais il s’agit toujours de grands comptes. Et aussi d’une certaine complexité : même si la complexité vient plutôt des prestataires informatiques de la municipalité ou du conseil général gérant l’établissement. Et aucune dissension avec notre partenaire ePagine sur ces questions –ils s’y engagent d’ailleurs pour leurs libraires –, nous sommes tous évidemment très vigilants sur l’évolution (ou la non évolution plutôt) des discussions et législations concernant ces questions, notamment via l’IABD (je précise pour Martigues : Inter Association Bibliothèques Documentation). De notre côté, 30% de la recette globale perçue par l’ensemble des abonnements est reversée aux auteurs par péréquation des pages lues.
- Du 1er janvier au 31 décembre 2011, les accès à publie.net en provenance des bibliothèques se sont établis à 9 199 sessions utilisateurs, engendrant un total de 538 346 pages lues en streaming, ce qui devrait quand même inciter à la réflexion.

 

Voilà pourquoi je considère comme diffamatoire que la bibliothèque de Martigues s’exprime comme elle le fait ci-dessous, es qualités et à partir d’un désaccord immédiatement identifiable par tous nos partenaires professionnels, dans l’espace public d’un blog, et que je la somme d’un rectificatif dans les meilleurs délais.

Possible de débattre, mais dans le respect. Pas d’accord sur notre offre commerciale, c’est votre problème, et personne ne viendra vous embêter, ni même vous solliciter. Mais pas dans la diffamation, et pas dans une telle approximation des compétences habituellement exigées.

FB

Photo ci-dessus : port de Marseille, septembre 2011. Commentaires, réflexions, développement acceptés, mais modération a priori.

 

Ci après le contenu que j’estime diffamatoire, diffusé ici par la bibliothèque de Martigues :

 

1er message - 20 février 2012 à 11:11


Publie.net via sa plateforme de distribution Immateriel.fr a des pratiques tout aussi douteuses que Gallimard mais vis-à-vis de ses clients et en particulier des bibliothèques.

Les livres de publie.net téléchargeables sont sans DRM. Après avoir téléchargé et payé des fichiers de Publie.net via la plateforme epagine pour les copier sur les cinq liseuses en prêt de notre médiathèque, Immateriel a décidé sans AUCUN avertissement de couper le téléchargement.

La raison ? Nous sommes une médiathèque. Et malgré notre engagement à ne copier les fichiers que sur 5 machines et à avertir nos lecteurs sur l’interdiction de copier pour eux-mêmes ces fichiers, Immateriel et donc aussi Publie.net ont refusés de nous autoriser à acheter leurs fichiers. Tout devant passer par leur plateforme de streaming – fort onéreuse – prévue pour les médiathèque.

Ne comptez donc pas sur moi pour défendre F. Bon sur cette affaire de droit d’auteur avec Gallimard. Bon et Publie.net sont pris à leur propre jeu et ne valent pas mieux que Gallimard.

Pour moi la seule solution vraiment coopérative – pour les auteurs certes mais aussi pour les lecteurs – consisterait à ce que les œuvres soient en licences libres. Les choses seraient plus claires. Il ne suffit pas de refuser les DRM. Il faut aller au bout de la logique. Sinon les DRM qui autorisent une copie limitée pour les médiathèques sont une meilleure solution que le refus de DRM avec interdiction de téléchargement pour les médiathèques…

 

2ème message - 20 février 2012 à 17:55


L’anecdote que je relate fait suite à des contacts avec les intéressés à savoir Immateriel qui distribue les fichiers de Publie.net ainsi que la librairie avec laquelle nous sommes en marché – il ne faut pas oublier les libraires aussi dans cette chaîne. Il est bien évident que lorsque nous avons constaté que nous ne pouvions plus télécharger les fichiers de cet éditeur nous avons chercher à savoir pourquoi. C’est notre libraire qui nous a communiqué le problème. En gros il proposait des fichiers de Publie.net pour les médiathèques en téléchargement sans que cet éditeur autorise ce type de transaction. La raison étant d’une part que leurs fichiers sont sans DRM et donc que Publie.net craint une copie sans limite de la part des usagers des médiathèques et d’autre part que l’offre se présente exclusivement en streaming pour les bibliothèques.

Bref bien que la démarche de Publie.net soit louable sur le plan éditorial, elle n’est pas non plus exempte de défauts en particulier pour les bibliothèques. Nous avons demandé à nos interlocuteurs une sorte de contrat de « confiance » dans lequel nous nous engagions à ne copier que 5 fois les fichiers et à avertir nos lecteurs qu’il était interdit de les copier illégalement voire même à leur faire signer un papier en ce sens. Ou bien il aurait été possible pour l’éditeur de majorer le prix pour les médiathèques en prenant en compte le risque de piratage. Mais nous n’avons jamais eu de réponse. La seule possibilité est l’offre streaming.

Sur les licences libres, elles sont modulables. La licence CC by-nc-nd par exemple n’autorise que la copie et non la modification et l’utilisation commerciale par un tiers. Je rappelle que le Wu Ming en Italie vend des milliers d’exemplaires de ses livres papiers tout en autorisant gratuitement le téléchargement de ceux-ci en numérique en licences CC.

La démarche de Publie.net montre à mon avis les limites du tout numérique actuellement. Le numérique offre des possibilités d’écriture et de créations très intéressantes et les œuvres de Publie.net le montrent amplement. Mais que je sache quand F. Bon veut vendre, il publie en papier. Se borner à du numérique et le faire payer trop cher à des acteurs non commerciaux de la lecture comme les médiathèques est une erreur à mon sens.

 

réponde d’Élisa Boulard pour l’Immatériel-fr – 21 février 2012 à 10:35


Bonjour,

Nous sommes toujours ouverts à la discussion, mais nous n’avons jamais vu un quelconque intérêt à entamer avec les bibliothèques des expérimentations qui ne pourront avoir aucune application concrète par la suite. Nous refusons toujours de vendre aux bibliothèques des fichiers de publie.net ou d’autres éditeurs que nous distribuons, et la confiance n’a rien à voir là-dedans, même si elle ne suffit pas. Vos usagers auraient beau s’engager par écrit, il n’en resterait pas moins que les fichiers pourraient circuler parmi eux ou en dehors de leur cercle sans limitation dans le temps, et j’insiste sur ce point car au contraire d’un support physique un ficher ne s’usera jamais à force d’être lu, déplacé ou transporté. Je pose la question suivante : aurait-on osé demander à Robert Laffont, Albin Michel ou Gallimard de se contenter d’un contrat de confiance, et d’autoriser des usagers à télécharger librement des fichiers sans DRM sur les liseuses de votre bibliothèque ? Permettez-moi d’en douter, mais la question ne se pose pas, puisque ces maisons sont de toute manière absentes du paysage. Les auteurs de publie.net n’ont pas moins de droits que ceux de ces maisons.

Nous essayons de construire une offre, qui sera peut-être incompatible avec vos liseuses, mais la lecture numérique ne se limite pas à ces supports, et c’est là la base de ce système d’abonnements vendus via les libraires. Si nous avons lancé parmi nos abonnés une enquête de satisfaction la semaine dernière, c’est pour recueillir ce type de critique et tenter de nous améliorer, je vous remercie donc d’y avoir répondu et d’avoir fait part de votre avis sur ce blog.

E.B., pour l’Immatériel-fr.

 

Fin des citations – source : Le souffle numérique.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 février 2012
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Messages

  • Bonsoir François,

    juste un point : les CD sont vendus aux bibliothèques au prix ordinaire sans majoration ni reversement à la Sacem, contrairement aux DVD où le prix est très fortement majoré du fait du droit "donné" pour le prêt ou la consultation sur place ou la projection.

    Amicalement

  • Bonjour François

    Oui, c’est vrai que le propos de "Un bibliothécaire dit :" frise la diffamation.

    Moins sans doute que Gallimard t’allumant auprès de tes fournisseurs, mais ça fait deuxième couche...
    En plus, parlant au nom des bibliothécaires plutôt qu’en son nom propre, ça jette un froid.

    Je dis bien frise puisque son argumentation centrale parle surtout de son insatisfaction de client.
    De bibliothécaire client.

    On touche un autre domaine.

    Ça nous donne beaucoup d’amalgames, comme pour ce présent billet. Auquel j’ai envie d’ajouter ma contribution.

    Je note, en particulier :
    " la législation concernant la propriété intellectuelle interdit (qu’on le déplore ou pas) la diffusion de contenus artistiques en collectivité sous le régime réservé à l’acquisition personnelle."

    Si tu as les textes de loi, je suis intéressé.
    Etait-ce dans le paquet "Prisunic" du livre numérique ?

    Parce que je n’ai pas encore noté qu’un organisme s’occupait de récupérer des sommes forfaitaires sur les livres numériques acquis en médiathèque/bibliothèque.

    Pour rappel à ceux qui ne le sauraient pas, dans le package prix unique du livre "papier", les bibliothèques ont vu leur pourcentage ramené à 9 %, et je dis bien ramené.
    Par la quantité de livres achetés, les pourcentages consentis étaient beaucoup plus élevés. Normal, dans le commerce classique, tout achat en grosse quantité abaisse le prix du tout, la ristourne était donc plus élevée. (certes, sur le dos du libraire, ce qui était un des aspects du problème "prix unique du livre")

    Donc, non, pour l’instant je n’ai pas vu l’Etat commissionner une structure pour récupérer des sommes de prêts sur les livres numériques.
    Mais j’ai pu rater un épisode en cours de route. Ou alors, ça va venir.

    Sur le point 2, je n’ai pas grand-chose à dire, sauf qu’il existe un 2b en bibliothèque.

    Le prêt de liseuses déjà remplies, avec une mini (?) sélection.

    Pourquoi les bibliothécaires jouent-ils à ça ?

    Pour les gens qui n’ont pas accès à Internet. (ou qui sont trop pauvres pour, c’est le rôle social des bibliothèques)
    Pour les gens qui sont rebutés par tout ce qui est Internet, par tout ce qui est compliqué... par tout ce qui est électro-dégradable. Et par toutes les... mmm... qu’il faut installer pour lire UN livre ! Quand il n’y a pas incompatibilités entre les logiciels DRM installés, ou obligation d’utiliser un logiciel pourri et propriétaire.

    La liseuse a l’avantage d’être simple et claire à utiliser, même pour le profane.

    Cerise : je peux la prêter à un enfant !

    Prêter à un enfant.
    Et là, je crois qu’on a tout compris.

    Prêter à l’enfant, c’est offrir un futur lecteur aux éditeurs de demain.

    Tu as mis la réponse d’Immateriel.fr en fin de post. Elle me semble éloquente sur cette problématique. Prêter à l’enfant, c’est non.

    Goûter, tester, trouver de nouveaux clients par ce biais : c’est non !

    Et sous quel prétexte ?
    Mon dieu, on va nous voler.

    Refrain connu, abominablement connu, dont on connaît les répercussions : utiliser un film piraté est plus simple d’usage qu’utiliser un film acheté. On lance le film piraté, on y arrive tout de suite.

    On lance un film acheté, on doit subir je ne sais combien de sigles indiquant : t’es un voleur, t’es un voleur, t’es un voleur en puissance !

    C’est tout à fait ce que dit Immateriel.fr.

    Là aussi, on frise la diffamation : on présuppose le crime avant qu’il n’ait lieu.
    On présuppose que les lecteurs sont tous des voleurs. (et les bibliothécaires des gens incapables de verrouiller une liseuse)

    Résultat des courses :
    Un client mécontent qui vient casser du sucre sur ton dos et celui d’Immateriel.fr

    Résultat des courses numéro 2 :
    Publie.net et Immateriel.fr ne comprennent rien au métier de bibliothécaire.
    Et pire, ne s’y intéressent pas. (C’est ce qu’il ressort de l’argumentaire du bibliothécaire)

    Mais quels sont ces vendeurs qui ne s’intéressent pas à leurs clients ?
    Pourquoi ne s’intéressent-ils pas à ces clients potentiels, capables de leur en amener d’autres ?

    Cinq liseuses, ce n’est pas cent liseuses, ni mille... c’est une liste d’attente et, pour les plus pressés, un achat ou un abonnement à la clef.
    Voilà déjà un point où les bibliothèques sont des vitrines des éditeurs. (et je pense que tu ne t’y es pas trompé en ouvrant une offre médiathèque)

    Cinq liseuses, c’est un moyen de savoir si les lecteurs sont intéressés par les formats numériques, s’ils ont envie de goûter au numérique, de lire du numérique.
    C’est un test.

    Un test qui pourra déboucher sur une acquisition plus massive et plus durable dans le temps.

    Oui, en bibliothèque, on teste.
    On teste les réactions et l’adhésion du public.
    On élimine aussi, on ne garde pas ce qui est non lu ou ce qui n’est plus lu.
    On sait aussi qu’il y a une masse critique de l’offre. En dessous d’un certain seuil, l’offre est ignorée. (= on en a vite fait le tour = aucun intérêt).

    Les statistiques Unesco indiquent un minimum de 2 livres par habitant, ainsi qu’un renouvellement annuel de 10 % du fonds. Sans quoi l’attractivité du fonds décline, décline vite avec l’âge des documents.

    La masse critique d’un fonds est d’environ 1000 ouvrages. (2500 si on lit la réponse Enssib suivante : http://www.enssib.fr/questions-reponses/une-question-11038)

    Ce qui m’amène aux tarifs pratiqués par Immateriel.fr au 1000.

    Je ne sais pas si tu as remarqué, mais on est face à une incohérence notable en début de tableau (et sans doute au "onéreux" cité par le bibliothécaire de Martigues)

    Petite démonstration, aux 1000 titres (base minimale d’un fonds correct, je le rappelle)

    Habitants Tarif HT Tarif HT par Habitant
    1000 2400 2,40
    5000 3000 0,60
    10000 4200 0,42
    21000 6000 0,29

    Il faudra qu’on m’explique pourquoi on passe de 2,40 euro HT, à 0,60, en une seule ligne.

    C’est incohérent.
    D’autant plus incohérent qu’une petite structure n’a pas les moyens de mettre 2,40 euro HT par habitant. C’est une tarification totalement stupide. (même si elle provient de CAREL ou de Couperin, c’est une tarification totalement stupide)

    On voit bien qu’elle n’a été faite que pour de grosses structures, qui ont les moyens financiers.
    Et dont le coût ne représentera qu’un faible pourcentage de leur budget.

    C’est une tarification d’autant plus stupide que moins il y a d’habitants, moins la structure aura de budget et moins on va avoir de connexions. Evidente règle de trois.

    C’est encore plus aberrant, lorsqu’on sait que les gens intéressés par les bibliothèques (les inscrits) représentent moins de 20 % de la population d’une commune.

    1000 habitants * 20 % = 200 habitants

    Et sur ces 200 habitants, combien ont Internet, et combien sont susceptibles d’être intéressés par des livres numériques. Je dirais 10 % (mais je veux bien des chiffres d’usage s’il en existe)

    Donc pour 20 habitants, on devrait débourser 2400 euros HT ???
    Tu imagines le coût par habitant !!!

    Tu as donc la réponse à : Mais il s’agit toujours de grands comptes

    Avec Publie.net, même à 450 euros HT pour l’abonnement, ça reste au-delà des possibilités de petites structures.
    Pour la mienne, ça représenterait 15 % de mon budget d’acquisition dévolu aux livres.

    Et si je dois comparer ce coût par rapport à un achat de livres papiers... 450 euros HT, ça représente 55 à 60 livres, qui vont être prêtés environ une dizaine de fois chacun sur leur durée de vie en bibliothèque. Soit 550 prêts.

    Est-ce que je suis sûr d’avoir 550 prêts de livre numérique Publie.net sur un an ? (puisqu’on parle d’un coût d’abonnement annuel)

    J’en doute.

    Oui, tu le constates, je suis bien obligé de comparer, pour gérer au mieux le budget qui m’est alloué et dont je suis responsable et redevable auprès des administrés.

    Au tarif précédent, la solution est effectivement trop onéreuse pour mes moyens et pour le résultat escompté.

    Voilà aussi des vérités vécues de l’intérieur d’une bibliothèque.

    Et je ne dis pas ça pour défendre le bibliothécaire de Martigues. A lui d’assumer ses mots.
    Je dis ça pour qu’on avance et pour t’apporter d’autres informations sur les difficultés des bibliothèques ou centres de documentation.

    Tu avais l’air d’en demander dans ta réponse à François Garnier.
    Alors c’était l’occasion. :-)

    Bien cordialement
    B. Majour

    • merci de cette contribution très importante, Bernard

      on met enfin tout ça sur la table

      vital qu’on avance tous ensemble

      pour moi question n’a jamais été celle des DRM et du "volé", d’ailleurs bien des expériences en cours avec libre accès à publie.net

      mais nécessaire comprendre ces rouages pour nos propres processus d’édition et distribution

      il me semble de plus en plus vital que ce je nomme "interprofession" – et IABD notamment – puissent fixer progressivement un mode d’emploi accepté par tous, nous on y est prêts bien sûr

      sinon, ce sera l’option Numilog pour tout le monde (et je n’ai rien contre, même pas pour les textes publie.net – d’ailleurs c’est avec Hachette qu’on discute pour notre catalogue papier à venir) – les livres à l’unité loués sous licence au nombre d’exemplaire en chronodégradable

      je veux croire à un autre rêve – y compris qui facilite découverte nouveaux auteurs, permette un accès permanent à nouveautés, à lecture globale

      et idem pour prêt liseuse : solutions d’éditorialisation de ce prêt, pas 5 titres à demeure sur la bécane mais me souviens des tests faits à BU Angers avec juke-box pour changer le panel de titres ou de thématiques tous les mois (exemple encore l’été dernier avec une CyBook lestée polar, une autre lestée essais, etc...)

      en tout cas, table ouverte pour les prochains intervenants, j’enlève modération des comments...

    • rappel quand même pour cette notion d’ "utilisateur potentiel" dans les tarifs d’Immatériel-fr :
      - nous comptons plusieurs abonnés à tarif commençant à 250, exemple ci-dessus très disproportionné
      - effectivement base de 450 euros pour nombre de bibs petites et moyennes parmi nos abonné
      - tarif s’établit ensuite à 800 pour structure moyenne, 1200 pour fac type BUA, et n’atteint ou dépasse les 2000 que pour nos 2 plus importants établissements clients (qu’on remercie d’ailleurs de cette générosité
      - la prestation côté Immatériel, en dispo, équipement technique, constitution des ressources catalogables, accompagnement client est évidemment une base incompressible : est-ce que ça pourrait entrer dans le rôle de Couperin ou Carel, pour nous permettre alors de mieux répartir les fonctions techniques ? – débat ouvert aussi de ce côté là (pourquoi, par exemple, le MAE ne proposerait pas aux établissements de Culture France un accès généralisé en rétribuant les distributeurs et éditeurs présents au nombre de pages lues ? – là on franchirait vraiment une étape technique et symbolique)

    • Bonjour,

      Je voudrais apporter des précisions, uniquement sur les aspects juridiques de la question, notamment par rapport à ce passage du commentaire de Bernard Majour :

      " la législation concernant la propriété intellectuelle interdit (qu’on le déplore ou pas) la diffusion de contenus artistiques en collectivité sous le régime réservé à l’acquisition personnelle."

      Si tu as les textes de loi, je suis intéressé.
      Etait-ce dans le paquet "Prisunic" du livre numérique ?

      Parce que je n’ai pas encore noté qu’un organisme s’occupait de récupérer des sommes forfaitaires sur les livres numériques acquis en médiathèque/bibliothèque.

      Il ne s’agit pas de textes de loi, mais de réglementation européenne, car c’est à ce niveau que les choses se jouent.

      Le droit de prêt public en Europe est encadré par une directive de 1992 : http://www.culture.gouv.fr/culture/dll/droit-pret/directive.html

      Elle vaut pour tous les types d’oeuvre et établit que le prêt public relève bien du monopole exclusif des titulaires de droits et ouvre droit à une rémunération.

      La France n’a organisé un tel système de rémunération que dans un seul domaine, celui du prêt public de livres papier (loi de 2003 : http://www.droitdepret.culture.gouv.fr/).

      Mais cette loi ne vaut que pour les livres papier et non pour le livre numérique.

      La loi sur le prix unique du livre numérique du livre ne change rien à cet état de fait. Elle comporte des dispositions concernant la fixation du prix des offres faites à des bibliothèques universitaires ou de lecture publique, mais elle ne dit pas que l’on peut faire un usage collectif des livres numériques, notamment par le biais d’un "prêt".

      Le résultat, c’est qu’il faut que les titulaires de droits proposent explicitement une offre permettant la mise à disposition des livres numériques en bibliothèques pour que cela soit possible.

      Inversement, cela signifie que les bibliothèques ne peuvent en aucun cas acheter des livres numériques comme le ferait des particuliers chez un distributeur et ensuite les proposer en prêt dans leur établissement. Cela viole tout simplement la directive européenne.

      Il est vraiment très étonnant que les bibliothécaires aient à ce point peu conscience du cadre juridique des usages collectifs des contenus. Je sais hélas que beaucoup pensent être dans leurs droits avec ce type de pratiques, qui a cours également dans le domaine des jeux vidéo par exemple.

      Ces formes de "bricolage" juridique me semblent très contreproductifs, car ils empêchent de poser la vraie question, qui est celle de la reconnaissance et de la sécurisation des usages collectifs en France.

      La loi sur le prix unique du livre numérique aurait pu être une occasion de poser publiquement cette question, mais il a été très difficile de la faire émerger dans le débat qui était "pollué" par bien d’autres considérations.

      Il faut cependant noter que dans le décret d’application, la notion d "usage collectif" a été introduite et c’est la première fois en droit français, mais encore une fois, seulement pour le prix (cf article 2 : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=D2DED99F28B18FDA8A8EF1D190C7C5A8.tpdjo13v_2?idArticle=JORFARTI000024778339&cidTexte=JORFTEXT000024778333&dateTexte=29990101&categorieLien=id)

      Et les bibliothécaires qui se sont vraiment engagés à ce moment étaient hélas très peu nombreux, alors que la question était cruciale.

      J’espère vraiment que ce qui ressortira de cette affaire, c’est avant tout l’urgence d’alerter les pouvoirs publics sur cette question fondamentale des usages collectifs. Cela concerne la mise à disposition des contenus numériques en bibliothèque, mais aussi les usages pédagogiques et de recherche.

      Pour plus de précisions sur ces questions, je vous renvoie à ce billet, où j’ai tâché de creuser cette question de l’usage collectif en bibliothèque : http://scinfolex.wordpress.com/2010/12/12/usage-collectif-et-usage-prive-en-bibliotheque-essai-de-clarification/

      Cordialement,

      Calimaq

      Voir en ligne : Précisions juridiques

    • à l’attention de Bernard :

      du coup, oublié la rectif : les tarifs Immatériel-fr ne sont pas exprimés au "nombre d’habitants", mais au "nombre d’utilisateurs potentiels" ce qui est radicalement différent

      pour prêt liseuse, j’aime beaucoup, à relecture, ton image "on peut la prêter à un enfant. un enfant" - la question de l’achat à l’unité n’a rien, mais rien à voir avec l’idée du "volé", mais uniquement du contexte développé ci-dessous par Lionel...

    • La médiathèque de Bagnolet est abonnée à Publie.net.
      C’est sûr que c’est pas très "rentable" par rapport à des Mankel et autres Gavalda qui vont être prêtés au moins 35 fois avant de mourir comme meurent les papiers, faut donc faire un choix un peu volontariste pour faire découvrir des auteurs inconnus au bataillon du livre-papier marchandisé à outrance.
      Mais il y aussi les classiques dans une édition numérique de grande qualité, ce qui n’est pas toujours le cas des ebooks gratuits, et puis la revue D’Ici-là, une façon de lire inédite (c’est le cas de le dire).
      L’abonnement à Publie.net en bibliothèque c’est un grand pas vers le futur qu’on ne connait pas très bien, tant pis on y va, on essaye avec les lecteurs, ils sont curieux, ils discutent sur le livre, la littérature, ça délie les langues l’abonnement à Publie.net, c’est ça le plus !! Les lecteurs peuvent venir avec leur matériel et lire en ligne en wifi : c’est pas encore le top mais on est au stade de la découverte.

    • Bonjour François

      Sur le nombre d’habitants, je viens de relire le Pdf d’Immateriel.fr, il est bien inscrit "habitants" et non "utilisateurs", ce qui est loin d’être identique. ;-)

      Au niveau du coût de mise en relation ou de plate-forme.
      C’est évident qu’il y a un coût de plate-forme / côté technique incompressible, et ce serait bien de dissocier les deux. Car, effectivement, on ne peut pas savoir quelle part va à la création et quelle part va au technique.

      Dans le cadre des liseuses.

      Je parlais de l’enfant pour le côté pratique et pour le côté découverte.

      Je parlais du côté vol, parce que c’est trop souvent le seul leitmotiv des éditeurs/producteurs/diffuseurs actuels. Sauf que, à force de considérer l’autre comme un voleur, on l’incite et, même, on l’oblige à le devenir. En lui défacilitant la vie, on l’oblige à transgresser la loi. On l’incarne dans ce rôle de voleur, par manque de confiance.
      Or, un contrat (de vente ou de prêt), c’est toujours une question de confiance, avec une part de risque, là aussi, incompressible.

      Ce contrat est tacite entre une bibliothèque et ses lecteurs.
      Même s’il arrive qu’il y ait des vols en bibliothèque, on fait avec... parce qu’il faut bien jouer le jeu pour les 99,99 % de gens honnêtes. On ne s’attend pas non plus au zéro défaut au retour du livre immaculé, comme s’il n’avait jamais été prêté.
      Il faut le savoir : en bibliothèque, chaque prêt est un risque.

      Mais il faut bien avancer et vivre en société. ;-)

      Pourquoi une liseuse est-elle parfaite dans une bibliothèque ?

      - Parce qu’elle ressemble à un livre, même s’il s’agit d’un livre multiple ou plutôt "multiplié".
      - Parce qu’il s’agit d’une unité matérielle, et que nous, bibliothécaires, savons parfaitement gérer le prêt de ce genre d’unité matérielle.
      - Ne le cachons pas non plus, ça passe par nos mains et nos soins.

      Nos mains et nos soins, car nous aimons bien sélectionner et répartir les textes suivant les niveaux d’âge, et suivant l’adéquation avec nos publics. Nous aimons aussi ajouter des informations et mettre en valeur les documents.
      En bref, être des médiateurs de la culture et de ce qui transite dans nos structures.
      Pour, entre autres, sortir des sentiers battus et écrasants des best-sellers et compagnie. Même s’il en faut, pour contenter tout le monde.

      Je précise. Nous aimons bien = on attend de nous cette sélection et répartition. Notamment à destination des enfants. C’est pourquoi, dans ce cas, la solution d’une offre groupée généraliste n’est pas adéquate à 100%.
      A contrario d’une liseuse, dont on aurait sélectionné le contenu. (ce en quoi je comprends parfaitement la demande du bibliothécaire de Martigues)

      Maîtriser le contenu et maîtriser l’adéquation avec le public, c’est important – et peut-être même capital – pour un bibliothécaire.

      Alors, est-il impossible à un fournisseur de proposer un contrat "liseuse" avec X titres téléchargeables pour une liseuse... à vocation d’un prêt collectif (puisque c’est une réglementation européenne qui l’indique) ?

      J’en doute. Ce n’est pas impossible, puisque c’est juste une question de packaging. Il suffit d’une offre collectivité qui va dans ce sens.
      Même si je comprends parfaitement que cette gestion particulière n’intéresse pas Immateriel.fr. A chacun ses orientations et ses choix stratégiques.

      Je ne dis pas ça non plus pour critiquer ou pour "aligner", l’intérêt n’y serait pas.
      C’est, de nouveau, pour préciser qu’il y a un travail des bibliothécaires en amont de l’offre au public.

      Et que, à destination du public, ça oblige le bibliothécaire à trier.
      Chaque oeuvre contient le risque de se faire "allumer" par, au choix : la loi, la loi 1949 sur les publications à destination de la jeunesse, ou n’importe quel parent un peu trop à cheval sur ce que leurs enfants doivent lire ou ne pas lire.

      Donc, derrière ou en parallèle du côté budget, on a ces obligations. Obligations qui sont plus ou moins fortes suivant les structures et le public accueilli. Avec des répercussions, pas toujours anodines, sur les bibliothécaires et leur sélection.

      Autant de points qui orientent les choix des bibliothécaires.

      Bien cordialement
      B. Majour

    • Merci Calimaq pour cette explication, dont la date me surprend un peu. (1992)

      D’autant plus qu’elle n’a, a priori, aucune valeur en ce qui concerne les CD musicaux. Puisque, en théorie, on peut les acheter n’importe où, d’après ce que j’avais compris des différentes discussions que j’avais eues avec d’autres collègues.
      A moins que cette obligation ne soit comprise dans les Marchés Publics d’Achat. Ce qui m’expliquerait bien des choses. ;-)

      Bien cordialement
      B. Majour

  • mon petit Françou,

    dans l’euphorie d’avant-vacances, et comme tu sors d’une semaine éprouvante, je me permets de venir jusqu’ici :

    je te trouve bonne poire de prendre en compte ces arguments sur le prix de votre prestation, quand vous proposez forfaitairement pas loin de 600 titres, et qu’à ma connaissance tarif n’a pas évolué depuis bail

    il me semble que vous proposeriez des accès séparés à D’Ici Là, ou des réalisations comme Meydan ou des Emaz Daeninckx à l’unité vous seriez un peu moins brelles côté commerce

    là où j’habite (mon matelas te salue), expérience récente de prêt de liseuses aux usagers de la bibliothèque : c’était du domaine public, même pas rafistolé par rapport aux sites gratuits (ça sert à quoi, un éditeur ?], en gros ce qu’on trouve partout, plus du bon du gros commercial qui se vend très bien (et sur Zonzone comme iTunes tu l’as dit je sais plus où), et qu’on propose non pas à 4 euros comme vous, mais à 12 ou 15 euros

    en l’occurrence, expérience avec le soutien du Motif (non non, mon cher patron n’est pas à son conseil d’administration)

    alors peut-être il faudrait choisir – dans le vocabulaire de chez vous – entre le commerce et la médiation

    me fait un peu marrer que votre petite machine "non profit" se fasse aligner de cette façon, mais après tout, mon Bon, t’avais qu’à réfléchir avant – tu sais très bien qu’il y a d’autres chemins

    tien,