
étranges surgissements XXe siècle au Moulon : les sauverons-nous ?
Donc prenez le contexte : vous quittez une humble ruine romaine du IIe siècle de notre ère, et vous avez une petite marche de 30 minutes (enfin, si je ne m’étais pas un peu perdu) pour rejoindre le bâtiment et l’accueil amical des volcanologues, pour qui l’échelle des temps est en millions d’années et trouvent celle de l’humanité dite « pensante », avec ses 10 000 ans, une petite rigolade en forme d’apostrophe. « On n’a pas encore fait grand-chose », dira Jacques-Marie Bardintzeff dans son économie habituelle de parole, précisant : « On a réussi à penser des choses bien, a-t-on eu le temps de faire quelque chose qui dure ? » Et moi j’ai pensé que chez « Bardin » c’est le « on », en ce cas précis, qui devient philosophie – que quelqu’un comme lui n’ose pas dire « nous » en parlant de l’humanité, si c’est à cela que mène la fréquentation des volcans, rien qui rassure.
Et donc, soudain, dans cette suite de poches dispersées, éclatées et protégées qu’est le plateau de Saclay, ce surgissement de ces 2 bâtiments modestes mais singuliers, tranchants par rapport à la normalité qui les environne, et que le temps ne ménage pas. Pas eu le temps de chercher ce qu’on y fait. Les signes toujours ici sont obscurs. Et, derrière, on voyait les lamps allumées et les tables alignées d’une cantine, moi je n’avais dans mon sac qu’un sandwich acheté gare Massy TGV, aussi triangulaire que ces architectures, et c’était pile 1h et quelques alors bon...
Je n’ai pratiqué, en passant, au zoom, et repensant à ces problématiques des fouilles de sauvetage, qu’une photographie de sauvetage : quand la nouvelle ville va se profiler, ici même, dans moins de 2 ans, on en fait quoi, de ces vestiges dont la peinture s’écaille, mais qui témoignent d’un moment précis de l’architecture du XXe siècle, et comment elle s’apprivoise de nouvelles techniques et matériaux, rapport à l’espace sans ville ? Et donc, parce que telle est sa responsabilité comme la nôtre, comment elle invente ? Là où, visiblement, depuis 40 ans bientôt, des gens vivent, cherchent, forment ou se forment, travaillent...
Dédié à l’ami Emmanuel D. (m’être beaucoup demandé, après, ce qu’il aurait photographié et comment...).







(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)1ère mise en ligne et dernière modification le 19 mai 2012.
Merci aux 595 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page.


Messages
1. fouille de sauvetage en architectures contemporaines éphémères, 19 mai 2012, 09:56, par emmanuel delabranche
c’est une main qui s’ouvre
les doigts en éventail
habitat vertical juxtaposé
pour tous pareil profiter
c’est cadrer qualifier
échelle du meuble en façade
écran vitré sur le paysage
c’est superposer les jambes le corps et la tête
c’est bien composé
composer
c’est un arbre de béton
nids aux branches
c’est une architecture à (re)garder
et cette autre bleue a ma préférence pour son caractère industrialisée fonctionnelle et plastique
quand l’architecture atteint l’art l’homme se détourne n’y comprenant rien
sauf certains
1. on ne se détourne pas, 19 mai 2012, 10:22, par François Bon
merci du passage, Emmanuel, et de l’injonction
ici, c’est l’urbanisme pas plots dispersés qui atteint sa limite, et s’amorce le recouvrement urbain
la première fonction architecturale de ces bâtiments risque bien d’être noyée, les chantiers qui environnent de plus en plus près sont assez effrayants
2. Xette, 19 mai 2012, 10:30, par François Bon
par comparaison, cités U de Polytechnique, à quelques centaines de mètres de celle-ci, "la main qui s’ouvre"
2. fouille de sauvetage en architectures contemporaines éphémères, 19 mai 2012, 10:08, par Dominique Hasselmann
Il y a les multisalles (ou "complexes") pour le cinéma, on découvre les multiécrans (ou "perplexes") pour la ville : étudiants d’Orsay, Centrale ou archi-cubes ?
Voir en ligne : Le Tourne-à-gauche