inquiétude des militaires 1/3 | compter les canards

on parle beaucoup de l’urbanisme à venir sur le plateau de Saclay : mais les militaires ont pris le plus beau, et eux ils dorment tranquille


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Chaque jour, à 11h45, le convoi de voitures de militaires et d’experts venait s’arrêter devant l’étang de Saclay. Ils allaient sur le belvédère. Chacun comptait les canards. Puis on confrontait les chiffres d’un expert à l’autre expert. Ce n’est jamais facile, avec une cible mouvante (c’était leur vocabulaire), personne n’avait réussi à empêcher les canards de bouger. Leur présence était décisive : prouver, malgré l’envahissement des algues vertes qui partout grimpaient jusqu’à la surface, que l’utilisation de l’étang de Saclay comme réserve d’eau interdite, pour le refroidissement des propulseurs, et cette étrange tour qui aurait dû éviter les problèmes, n’empêchait pas la vie naturelle et la reproduction des canards. Un expert s’était alarmé : là-bas, ces canards paraissaient bien blanchâtres, victimes d’une mutation biologique peut-être ? On lui avait expliqué que c’était des cygnes. C’est pour cela qu’ils devaient venir nombreux, chaque jour à 11h45, les militaires et les experts, compter les canards. Exigeons la restitution pure et simple, ah merde : exigeons la restitution simple et même très impure de l’étang de Saclay à la République, ça nous appartient à nous et pas à eux, et tant pis pour les canards, qu’ils se les bouffent.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 22 juin 2012
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