appel aux auteurs : et vos indisponibles ?

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Inclus dans notre lancement de 57 livres, voici trois ouvrages, Ne cherchez plus mon coeur de Jean-Michel Maulpoix, La tendresse de Jacques Ancet (arrive aussi Le silence des chiens), et Fenêtres sur le monde de Raymond Bozier qui signent, et avec quels textes, une autre dimension essentielle de notre projet : une réalisation de qualité, intégralement recomposée, utilisant la haute technicité de l’impression à la demande pour proposer des livres devenus inaccessibles.

Aucun d’entre nous pour ne pas avoir certains de ses livres devenus indisponibles.

Juridiquement, tout est clair : s’il n’y a pas d’avenant spécifique pour la diffusion numérique, l’auteur dispose en pleine propriété de ses droits numériques – le droit français s’appuie sur un principe d’exclusivité, et les vagues mentions ainsi que tout moyen futur... n’ont aucune valeur contractuelle, les éditeurs le savent. Le contrat d’impression graphique, lui – tant qu’on n’en aura pas fini avec cette exception uniquement française (exception au droit commercial, et uniquement française...) d’une cession basée non pas sur 10 ans, renouvelables par tacite reconduction, mais sur la durée de la propriété intellectuelle, c’est à vous, auteur, qu’il appartient de faire la démarche.

Selon les règles, une fois l’indisponibilité du livre constatée auprès d’un librairie, il vous faut envoyer une lettre recommandée à l’éditeur. Dans la pratique, c’est plus simple, nos éditeurs savent bien que ce n’est pas leur intérêt de faire le forcing. Certains, plus retors, gardent une vingtaine d’exemplaires en stock pour éviter d’être contraints à la restitution du contrat, mais dans 90% des cas ça s’arrangera à l’amiable. N’empêche qu’il faut le faire.

Comme vous le savez, un des derniers embrouillaminis du sarkozysme ça a été une inepte loi sur les indisponibles, principe : le droit accordé à la BNF de tout numériser en bloc, sauf si l’auteur s’y oppose (principe de l’opt-out, le même pour lequel les éditeurs avaient fait procès à Google...), et le bénéfice de la commercialisation de ces livres, numérique ou impression à la demande, reversé à un organisme type Sacem, un parasite de plus, en violation des lois actuelles sur le droit d’auteur et sans aucune garantie quant aux taux de ces rémunérations. A vrai dire, ça nous est un peu égal : peu de chance que les industriels de la culture s’occupent en priorité de nos propres ouvrages. Mais quand même.

Voici donc, pour moi qui l’avais découvert en 1986 à parution, un des plus beaux textes de Jean-Michel Maulpoix, que je n’ai plus cessé de lire depuis lors, réflexion sur l’écriture, méditation sur Baudelaire, tout autant qu’entreprise de prose lyrique à l’immédiat contact du monde, inventant dans chacun de ses 8 chapitres un livre imaginaire ou possible. Ne cherchez plus mon coeur est paru chez POL en 1986, l’éditeur n’a pas souhaité en maintenir l’exploitation.

Voici donc, dans un projet qui s’appellerait globalement Obéissance au vent, un très grand texte de Jacques Ancet, là aussi frontière prose et poésie sans cesse sollicitée, La tendresse, parue chez Mont Analogue Editeur en 1997.

Voici donc les Fenêtres sur le monde de Raymond Bozier, paru chez Fayard en 2004, 37 chapitres sur autant de fenêtres prises à l’environnement quotidien, aux hôtels, au pare-brise de la voiture, aux cafétérias de supermarchés, ou bien tout simplement la table de travail. Un livre écrit dans la secousse du 11 septembre 2001, à même la peau de la ville d’aujourd’hui, et devenu (mais probablement Fayard ne le savait pas) un classique de nos ateliers d’écriture.

Bien entendu, pas question pour nous de nous transformer en plateforme d’édition kà compte d’auteur. Il s’agit de construire un catalogue, et savoir pourquoi on défend ces livres. En numérique, nous avons appelé ça collection REPRINT, elle accueille aussi Marie Cosnay, Michèle Kahn, Régine Detambel et d’autres.

Je dois aussi des excuses à d’autres amis auteurs, sollicités l’an dernier : numérisations en cours, mais il était décisif de lancer d’abord ce projet papier. N’empêche que cette collection sera belle, et fournie.

Nous voulons aller plus loin : mise à disposition simultanée du texte numérique et du texte papier. Et, maintenant que notre maquette graphique est au point, qu’on connaît bien le processus de production, offrir aux auteurs qui le souhaitent un outil de republication souple et large.

Après, à vous d’impulser, promouvoir. Nous garantissons, via Hachette Livre notre partenaire, toute une équipe impliquée avec nous, l’accès à ces livres dans le monde entier, et depuis chaque librairie qui diffuse le catalogue Hachette. Même principe : toute commande centralisée le soir est imprimée le lendemain matin, et expédiée l’après-midi même.

Nous assurons aux auteurs (je répète : nous ne sommes pas une plateforme de service, nous élaborons un catalogue et nous ne justifierons pas de nos choix) une rémunération contractuelle de 18% de droits d’auteur sur le prix TTC (35% sur la diffusion numérique, soit 50/50 par rapport à recette éditeur), 22% à partir 250 exemplaires, 25% à partir 1000 exemplaires. Clause de non résiliation sur les 2 premières années, reconductible annuellement par tacite reconduction ensuite.

Alors, plutôt que laisser dormir les textes indisponibles.... faisons en bien mieux, tout de suite, ce que la loi sur les indisponibles de toute façon n’arrivera pas à (mal) faire... N’hésitez pas à nous écrire, info @ publie.net.

Dès à présent, le livre de Jean-Michel Maulpoix disponible (et une encre de JMM en couverture, maquette Gwen Catala), le Ancet semaine prochaine, le Bozier à fin de mois. On rappelle que chacun de nos ouvrages contient un code d’accès à sa version numérique, et qu’on compte beaucoup sur cette formule, qui nous semble, dans le cas de ces livres, participer du service de base.

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 4 septembre 2012
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Messages

  • Bonjour François,
    Depuis quelques mois, j’avais gardé sous le coude votre article sur les indisponibles. Je me permets d’y revenir avec quelques questions relatives à un roman que j’ai publié aux Editions Le Passage en mars 2009, Cougar Corridor.
    Je crois comprendre, en lisant le 3e paragraphe de votre papier, que j’aurais le droit de l’exploiter en version numérique, mais n’en suis pas tout à fait sûr, et avoir un point de vue spécifique de votre part à ce sujet me serait utile.
    Mon contrat (un contrat-type, me semble-t-il), mentionne effectivement à l’article 4 que l’éditeur a le droit d’exploiter directement "le droit de reproduire l’oeuvre et de l’adapter sous forme d’édition électronique, en particulier en cédérom, CD-photo, CE-I, DVD et sur les réseaux numériques, et en particulier Internet, ou par tout autre procédé analogue existant ou à venir."
    Ce qui, si je vous suis bien et en l’absence d’un avenant numérique spécifique, ne vaut pas pipette.
    Si tel est bien le cas, quel(s) argument(s) dois-je faire valoir pour obtenir le feu vert du Passage à la "récupération" de mon livre pour son exploitation en numérique, puisque j’en possède un fichier ?
    Mon dernier relevé de droits d’auteur (30 mars 2012) fait état de 118 exemplaires en stock à la clôture de l’exercice 2011 (juste en-dessous de 1999 exemplaires défraîchis pilonnés !) En clair, ce livre est désormais de l’histoire ancienne pour cet éditeur... mais s’il peut continuer à vivre en numérique, il est évident que je le souhaite.
    Merci d’avance de vos conseils. Cordialement - Florian Rochat

    Voir en ligne : http://www.florianrochat.com

  • cher Florian,
    ces questions ont été rebattues depuis au moins 3 ou 4 ans, rien de changé quant au droit français qui a pour principe d’être exclusif sur ce qu’il mentionne
    vous êtes donc pleinement propriétaire de vos droits numériques, tant qu’il n’y a pas eu d’avenant spécifique
    par contre, que l’éditeur maintienne un stock minimum semble indiquer qu’il n’est pas prêt à rendre les droits graphiques, pour cela que nous militons soit pour un contrat limité à 10 ans (tous les agents le pratiquent, et c’est la règle ds tous les autres pays que la France), soit une restitution des droits à moins de 50 ventes annuelles
    bien cordialement

  • Monsieur ou Madame l’éditeur,
    Permettez moi de vous faire parvenir par courriel le manuscrit intitulé, « La prière de Candice ou la princesse aux deux châteaux » qui relate la vie d’une enfant du baby boom, dans une famille ouvrière, de ses cinq ans jusqu’à sa majorité.
    .Cette histoire est tirée de faits réels, dans une époque qui change très vite, avec en fond la révolution de mai 1968 et de tous les changements qu’entraîne cette dernière.
    J’ai tenté à maintes reprises de raconter cette histoire, mais pendant toutes ces années, d’innombrables obstacles sont venus m’interrompre et me faire remanier ce récit.
    Puis, tout à coup, les mots se sont suivis sans que je ne puisse m’arrêter, et voilà comment est né ce petit roman, le témoignage d’un écrivain qui a passé plus d’un demi siècle parmi nous et qui voit une société qui savait encore protéger ses enfants.
    . Enfin, c’est une évocation de toutes ces personnes qui ont offert une chance à leurs petits, au prix de nombreux sacrifices, de pouvoir devenir des personnes fortes, tolérantes et sociables.
    avec mes remerciements pour le temps prit à la lecture de ce roman qui je l’espère, saura vous faire rêver, rire et vous émouvoir.
    Cordialement.
    M. .Lebault.Turbert.
    4 rue des telliers
    02820 Montaigu
    tel : 0323235478
    Alias : M.D.Berturault.
    Synopsis
    Pour protéger leur fille, les parents de Candice la font partir souvent, loin de la région parisienne, dans deux merveilleux châteaux où elle sera éduquée et soignée comme une petite princesse, mais avec beaucoup de discipline.
    Avec tout ce qu‘elle apprend là-bas, notre petite héroïne va avoir la force de surmonter toutes les épreuves que la vie va dresser devant elle, ses retours à la réalité, chez des parents âgés et dépassés par l’évolution de la société. .Un très grand écart de deux mondes que tout oppose.
    . Des illustrations sont ajoutées pour emmener et faire rêver les lecteurs .
    vous pouvez le trouver sur le lien ci-après soit :http://dl.free.fr/uvLPbd3RO code 1111 cordialement Mme Lebault

    Voir en ligne : les enfants des aériums/facebook

  • Merci pour votre réponse du 25 février, François. - F.R.

    Voir en ligne : http://www.florianrochat.com