#tuto | publier un livre en impression à la demande

un tuto complet en 4 vidéos, pour publication papier et numérique



- On trouvera ci-dessous une brève introduction en forme de manifeste, ainsi que la possibilité de visionner (faites-le sur YouTube en large écran, pour suivre les indications menus) quatre vidéos proposant la suite intégrale des étapes du texte brut jusqu’à la mise en ligne d’un livre imprimé et de sa version numérique.

- Si ce manuel de publication vous est utile, merci de votre libre et volontaire contribution via le lien Tipeee ci-contre.

- Ce « tuto » a été longuement ruminé, il ne se veut pas normatif, j’expose seulement ma manière de faire avec mes outils. Donc un MacBookPro, le logiciel Word, et la plateforme KDP, la principale actuellement parmi les différentes possibles, appuyée sur Amazon pour la diffusion. Tout cela est transposable sur vos propres outils, vos propres choix de plateformes : ah bon, ce n’est pas aussi bien ? Ça fait partie des questions posées.

- On aborde aussi dans la dernière vidéo les questions de prix et rémunération, quelques questions de droit (ISBN, dépôt légal) sont aussi évoquées au passage, bien sûr tous ces échanges susceptibles d’être prolongés, dans un paysage qui ne cesse de se transformer.

En souhaitant tout le meilleur à vos publications à venir !

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publiez-vous ! (comme un manifeste)


Nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser l’impression à la demande. Des machines ultra-perfectionnées, avec une logistique informatique puissante, qui permettent la fabrication automatisée de livres : pour les éditeurs, la possibilité de transférer en Print On Demand l’ensemble de leurs titres à rotation pas trop forte (moins de 1000 exemplaires par an, par exemple). Pour des fonds comme Gallica, la possibilité de réimprimer des titres surgis du fond des siècles. Pour nous auteurs, la possibilité d’un labo pour tous nos travaux non susceptibles de large diffusion commerciale, la reprise à notre compte d’ouvrages que leur éditeur initial a laissé s’épuiser, ou — en mettant la barre encore plus haut — de rester totalement maître de nos travaux de création, et en assurer nous-mêmes la diffusion.

Pour les auteurs web, et c’est mon cas depuis plus de 20 ans sur ce site, l’idée progressive que le site est la création principale, et tout aussi bien l’instance la plus pérenne : titres indisponibles, désherbages des bibliothèques, fonds morts des éditeurs, il y a longtemps que le livre papier n’est plus garantie de pérennité. Un site comme celui-ci est catalogué via ISSN à la BNF, ce qui veut dire qu’il est considéré comme mon livre principal, un livre en constante cinétique, recomposition, évolution. Le livre imprimé, alors ? D’abord la possibilité d’en séparer des fractions, des trajets, des accumulations-récit, et les en détacher selon une ergonomie qui a fait historiquement ses preuves, la noblesse typographique du livre. Ensuite, et ce n’est pas forcément secondaire, la possibilité pour la communauté, celle qui s’organise autour de chaque site, de disposer de ses outils de publication (nos livres lors des cycles ateliers d’écriture), et d’apporter moyennant transaction matérielle, l’objet livre ou la série, la collection, un soutien plus régulier au site.

L’impression à la demande, bientôt 7 ans qu’on l’évoque ici, est une révolution de taille dans la symbolique même du livre : il se matérialise, exemplaire unique, par le fait qu’un lecteur se l’approprie. Plus de stocks, de retours et de pilons, mais surtout, un passage de la main à la main de l’auteur à son lecteur. Les applications se multiplient : dans telle fac californienne, les rendus d’évaluation en écriture créative pour chaque étudiant se font directement sous la forme d’un livre Print On Demand. Pour les auteurs soumis au mur des refus éditoriaux, la possibilité de prendre en charge leur chemin : de toute façon, désormais, les éditeurs sélectionnent leurs auteurs en fonction de ce qu’ils ont déjà réalisé, et commenceront par aller voir vos livres et sites en auto-publication.

Enfin, tout un continent de littérature qu’autrefois on aurait dit « populaire » (mais justement, on ne le dit plus), a trouvé ses marques en diffusant ses propres ouvrages depuis la solide verdeur de comptes Instagram ou de chaînes « BookTube ». La « régionalisation » des autorisations commerciales, au moment de la mise en ligne permet aussi que des livres imprimés totalement marginaux, voire confidentiels, réapparaissent en 48h de l’autre côté du monde, dans votre boîte aux lettres.

Alors, pendant longtemps, livre en « auto-édition » (expression qui tend à disparaître elle aussi) signifiait « édition pauvre », côté rudimentaire des ouvrages, comme ce qui reste souvent l’apanage des presses universitaires ! Avec la mise à notre disposition individuelle de tels outils — comme en musique —, l’enjeu premier c’est la qualité de ce que, nous auteurs, on propose dans cette transaction.

Enfin, les usages de lecture numérique, qui ont provoqué tant de vagues et de dos au mur, désormais se propagent tranquillement, on ne trouble plus l’assurance de ceux qui se servent encore de l’expression « chaîne du livre » (elle n’enchaînait que nous, auteurs). Mais ceux qui diffusent leurs livres au format numérique, via la plateforme Immatériel par exemple, savent combien désormais ce mode de lecture atteint sa maturité et son élan de croisière. Dans la 4ème vidéo, on terminera par la conversion et la commercialisation au format numérique de l’ouvrage pris comme exemple pour ce parcours.

Une question adventice c’est la misère de plus en plus visible des formations tant littéraires que celles dites de formation aux métiers du livre, où ces questions sont très loin d’être prises en compte — ce qui convient parfaitement d’ailleurs à l’immobilisme du monde éditorial et ses cloisonnements obsolètes. La question posée c’est celle de l’appropriation technique de ces outils dans le contexte d’une culture numérique encore bien trop balbutiante — comprendre ce qu’est la structuration d’une publication, comprendre la mécanique d’un traitement de texte, ça concerne l’ensemble des apprentissages et savoirs. C’était une des questions à l’ébauche dans les échanges de mai 2019 à Montréal lors de Publishing Sphere, il n’est pas temps de dételer.

Chacune des étapes ici décrites, comme chacune de ces technologies, pose un nombre précis de problèmes politiques, culturels voire civilisationnels, écologiques et mémoriels. La question même du rôle de la littérature dans la société de divertissement et d’écrasement normalisé de l’attention est en jeu. Proposer ici ce manuel détaillé, mais transposable (investir de l’intérieur, avec nos petits couteaux de poche, les intestins de KDP, filiale d’Amazon) n’est pas indifférence à ces problématiques, mais se veut le contraire : c’est en investissant ces outils, ces plateformes, en se mettant au travail dans nos communautés et les mettant en mouvement, que ces questions elles aussi se mettent en travail.

C’est bien de notre irréductible liberté de chercheurs et d’inventeurs qu’il est question. Ce qu’on décide aujourd’hui, nous appropriant en tant qu’auteurs les outils professionnels les plus pointus de fabrication et de diffusion, c’est justement de nous replacer dans l’histoire même du livre, ce qu’il éveille et ce qu’il trouble — d’où la figure en haut de page.

 

publier son livre en impression à la demande, 4 vidéos


vidéo n°1, gabarits & formats

 

vidéo n°2, préparation du texte

 


vidéo n°3, mise en page & PDF

 


vidéo n°4, couv, isbn, prix & mise en ligne

 

 


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1ère mise en ligne et dernière modification le 14 janvier 2020
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