Le libeccio, le ponente, le maestrale, sont des vents qui soufflent à Rome, sont des vents d’ouest – sud-ouest, plein ouest, nord-ouest. Le libeccio et le leccio sont des mots qui se confondent, un nom d’arbre et un nom de vent, l’un chahutant les feuilles de l’autre, l’autre jouant à arrêter l’un, tout en même temps jouissant de le laisser passer. La caresse du ponentino, la caresse du nom, la lumière dorée de novembre sur des troncs dans la Villa Borghese, la caresse du soleil sur la balustrade au-dessus de la Place du Peuple, le ponentino sur la joue. Popolo, le peuple (en latin populus), pioppo, le peuplier (en latin populus), l’éclat de rire des mots, les rires derrière la langue, des nymphes rieuses s’échappent des arbres, quelquefois elles saignent, branches tronqués.
Le scirocco, le levante, le grecale, sont des vents d’est à Rome – sud-est, plein est, nord-est, ils se lèvent avec le jour, ils apportent le malheur, il apportent la poussière.
La tramontane et le grecale sont des vents de glace, mais il ne faut pas croire ce que dit l’hiver, les fontaines se dégèlent, il ne faut pas non plus s’en remettre à l’été. Il faut laisser chuchoter les nuages. Il faut laisser passer le vent.
L’ostro est le vent du sud sur la rose de Rome, il ne dit rien à personne, il se gorge, il crache, il s’appelle auster en ancien, l’ostro a perdu son orthographe australe.
La dolce vita de Federico Fellini, avec Anita Ekberg, avec Marcello Mastroianni, Vacances romaines de William Wyler, avec Grégory Peck, avec Audrey Hepburn, Caro Diario de Nani Moretti, avec une vespa, avec Nani Moretti, Un homme amoureux de Diane Kurys, avec Greta Scacchi, avec Peter Coyote, avec Jamie Lee Curtis, avec Claudia Cardinale, avec Vincent Lindon, Le petit diable de Roberto Benigni, avec Roberto Benigni, avec Walter Matthau, Habemus papam de Nani Moretti, avec Michel Piccoli vieux, Jules César de Joseph Mankiewicz, sur un texte de William Shakespeare, avec Marlon Brando en sueur après la course les Lupercales, La Révolte des prétoriens d’Alfonso Brescia, Gladiator de Ridley Scott, avec Russell Crowe, avec Joaquin Phoenix, Plein soleil de René Clément, avec Marie Laforêt, avec Alain Delon, avec Maurice Ronet, 8 1/2 de Fellini, avec Mastroianni, avec Cardinale, avec Anouk Aimée, Le Mépris de Jean-Luc Godard, avec Brigitte Bardo, avec Michel Piccoli jeune, Fantomas se déchaîne, d’André Hunebelle, avec Louis de Funès, avec Jean Marais, avec Mylène Demongeot, Le Corniaud de Gérard Oury, avec Bourvil, avec Louis de Funès, je ne sais plus quel Ocean Twelve, je ne sais plus quelle Mission impossible, peut-être un James Bond ou un Fast and Furious, Le ventre de l’architecte de Peter Greenaway, avec Brian Dennehy, avec Chloe Webb, avec Lambert Wilson, Une journée particulière d’Ettore Scola, avec Sophia Loren, encore Mastroianni, Fellini Roma, encore de Fellini, La grande bellezza de Paolo Sorrentino, avec Toni Servillo, Rome ville ouverte, de Roberto Rossellini, avec Anna Magnani, avec Aldo Fabrizi, avec Marcello Pagliero, Le voleur de bicyclette de Vittorio De Sica, avec Lamberto Maggiorani, avec Enzo Staiola, La meglio gioventù de Marco Tullio Giordana, avec Luigi Lo Cascio, avec Alessio Boni, Il reste encore demain, de Paola Cortellesi, avec Paola Cortellesi.
Un véhicule, la motorisation, l’engrenage, une pédale d’accélérateur, une camionnette, un autocar, un break, Falstaff, un utilitaire, un véhicule de tourisme, un car grand-tourisme, une colonie de vacances en ribambelle sur une plage, un omnibus, un TGV, le rétropédalage, la marche à pied, le marchepied, une course sur un quai quand les portillons se ferment, le Transsibérien et sa prose, l’Orient-Express, le TER, le Capitole qui va à Toulouse, un tapis volant pour Aladin, un nuage pour Jupiter, le train de nuit pour Rome qui s’appelait, je crois, le Palatin, des sandales ailées pour Mercure, Pégase, une selle de cheval, deux tampons d’arrêt au bout du quai, un cheval bai, un cheval azelan, une robe pommelée, une locomotive à vapeur, un wagon de première classe, un wagon de seconde classe, le train corail, l’inoui, l’ouigo, la freccia rossa, une micheline, une limousine, un char à bœufs, une berline, un bige, une troïka, un quadrige de chevaux marins pour Neptune, un arc-en-ciel pour Iris, les congés payés, les grandes vacances, celles de Monsieur Hulot, des voyages organisés comme dans la chanson de Lucio Dalla, une vespa, une bicyclette, un klaxon, un arbre de transmission, un pot d’échappement, une échappatoire, un traîneau, un carosse, un charriot, une charrette, un wagon à bestiaux, un planeur, un coucou, un jet, une carlingue sur le tarmac, des ailes dans le ciel, une cigogne pour Nils, c’était peut-être une oie selon la forme des nuages, un avion à réaction, le revenue management, le surtourisme, un pédalo, un kayak, un paddle, un canoë, une embarcation, un paquebot, une planche à voile, un radeau, un laser, un asticot, un hors-bord, le Pharaon, un canot pneumatique, une barque, une péniche, une périssoire, un yacht, un canot de fortune qui verse dans les mêmes eaux, un bus à impériale, une calèche claquant sur les pavés de la piazza del Popolo, des œillères aux yeux des chevaux.
De l’importance des vents. Les fréres jumeaux des brouillards. Merci Laure.
Les vents frères jumeaux des brouillards, et l’on sait que les frères ne sont pas toujours les meilleurs amis.
Oh merci pour l’italien qui circule dans les phrases, cela me rend joyeuse! Tous ces films ont donc Rome comme abri et certains que je ne connais pas, alors merci encore!
Merci pour la lecture. Mon petit chouchou est « Un homme amoureux », et je conseillerais aussi le dernier en date de ma liste, « Il reste encore demain »
« Les rires derrière la langue », j’aime beaucoup et tous ces vents aussi !!
merci Rebecca
quels voyages dans ce texte foisonnant avec des sonorités qui marquent le mouvement et …des voyages organisés comme dans la chanson de Lucio Dalla…oui Viaggi organizzati :
« Cette nuit-là, ils ont regardé les étoiles, la nuit n’a jamais fini
Ils se regardèrent dans les yeux alors qu’ils traversaient deux guerres
Ils se tenaient la main
Pour ne jamais rompre… »
Merci!
merci pour la traduction de la chanson, je ne l’ai pas réécoutée depuis l’écriture de mon texte, mais elle est quelque part ancrée dans ma mémoire, prête à me faire lever la voile.
« La caresse du nom
L’éclat de rire des mots «
Les vents de Rome ( celui des films de Fellinini)
Habemus papam et Le mépris
Tous les transport ou presque nous ramènent à Rome
Un beau voyage
Merci
merci Nathalie
Je suppose que tu tiens à l’anaphore « sont des vents ». Ceci dit, j’ose dire sans vouloir heurter qu’on le sait. Je suggère « Le libeccio, le ponente, le maestrale soufflent à Rome […] soufflent à l’ouest […] soufflent à l’est […] soufflent de glace etc. » C’est bon parfois de laisser le.la lecteurice « l’écrire » dans sa tête. Ce serait tellement moins didactique et tellement plus fluide (sans jeu de mots j’allais dire tellement plus envolé). Merci en tout cas pour les vents romains, les airs, la langue italienne, tout ça annoncé dès Trevi…
Je suis restée dans l’imitation de Tarkos – parce que j’aime beaucoup Tarkos – mais ses accumulations forment sens par leur forme et leur rythme, qui n’est pas le mien. Je te remercie pour cette remarque très pertinente, cela allègerait le texte.