A propos de Catherine Serre

CATHERINE SERRE – écrit depuis longtemps et n'importe où, des mots au son et à la vidéo, une langue rythmée et imprégnée du sonore, tentative de vivre dans ce monde désarticulé, elle publie régulièrement en revue papier et web, les lit et les remercie d'exister, réalise des poèmactions aussi souvent que nécessaire, des expoèmes alliant art visuel et mots, pour Fiestival Maelström, lance Entremet, chronique vidéo pour Faim ! festival de poésie en ligne. BLog : equinoxe.blog Youytube : https://www.youtube.com/channel/UCZe5OM9jhVEKLYJd4cQqbxQ

#photofictions #03 | la vie en bleu

Femme assise dans l’autobus à une place latérale, presque un strapontin. Derrière elle, la vitre sur la nuit. Les coudes posés sur les genoux, un sac de toile à ses pieds, un thermos dans une main, le gobelet de café brûlant dans l’autre. Fumée devant le visage, les yeux à demi-fermé, la tasse en plastique tenue à pleine main. Femme Continuer la lecture#photofictions #03 | la vie en bleu

#photofictions #02 | loi de gravité

Deux silhouettes le long d’un boulevard, temps gris, deux silhouettes de dos, lui longiligne, un peu trop frisé, elle n’est pas très grande dans un manteau trapèze.  Les deux adolescents marchent vite. Dans une poche, deux rouleaux, à développer et à tirer. Les deux corps côte à côte – qui ne se touchent pas. Dans la rue, ils ne se Continuer la lecture#photofictions #02 | loi de gravité

#photofictions #01 | faire un tabac

Un soir d’hiver, de ces soirs qui ne dure pas, qui commence tôt, de ces soirs qui déjà imperceptiblement recule, mais pas assez pour que le corps, l’œil, la cellule du cerveau qui se préparent à la nuit ne le sachent. Se tenir. Se tenir, comment se tenir. Il faudra encore une quinzaine de jours pour penser Les jours rallongent. Continuer la lecture#photofictions #01 | faire un tabac

#40jours #39 | brisures

Des éclats d’enfance, à commencer par les maisons par exemple, toutes les maisons oubliées et laissées, où l’on ne revient jamais, dont il ne reste aucune photo, des éclats de brisures alors. Des maisons, on dit toujours maison dans cette enfance-là, dans des rues sans issue, le long des boulevards, avec un balcon, une entrée de marbre, un escalier noir, un Continuer la lecture#40jours #39 | brisures

#40jours #38 | souffler n’est pas jouer

Chaque joueur est désigné par le nom du pays qu’il a choisi. Frontière jeu d’enfants, je te déclare la guerre, frontière jeu d’enfants, Amérique Japon, Japon contre Angleterre, Angleterre Italie. Le premier à jouer déclare la guerre, et au milieu du cercle il lance le ballon, haut, haut, haut, le plus haut possible, dit : « je déclare la guerre — par Continuer la lecture#40jours #38 | souffler n’est pas jouer

#40jours #37 | un air

Pèlerinage ? Un mot ni pour Jane ni pour moi, trop religieux, trop respectueux, et de quoi ? Revenir en arrière sur nos propres traces ? Drôle d’idée. Retourner voir cette cour d’école quand Jane et moi devenions amies, alors que l’orage d’été éclatait le ciel en mille fracas. Plus jamais la pluie ne pourra tomber ainsi, à l’unisson des Continuer la lecture#40jours #37 | un air

#40jours #36 | seulement la fille

Faut leur donner des noms, faut leur donner des noms, nom de nom, aux morts. C’est pas seulement des chiffres, des chiffres et des dates, les morts. Nom de nom, je ne trouve que des dates, je ne trouve que des chiffres, pour les morts. Des noms pour les vivants, pour les ministres, pour les présidents, des noms pour ceux Continuer la lecture#40jours #36 | seulement la fille

#40jours #35 | tango pervers

La ville serpent se dévore et grossit de sa dévoration, toujours plus énorme et plus avide. Elle mêle la terre et l’eau, elle élève des complexes d’immeubles neufs qui s’étalent, emplissent des espaces qu’emplissaient des bidonvilles, les murs de briques montent dans un ordre artificiel puis s’alignent ou se décalent, imbriquent des façades, ouvrent des fenêtres, inclinent des toits. Notre Continuer la lecture#40jours #35 | tango pervers

#40jours #34 | rues cruelles

Un soir qu’elle quittait le club où elle avait dansé le meringué jusqu’à s’en user les semelles, un de ces  hommes se met à la suivre. Il y a dans la rue une foule de soir d’été, une lune de soir d’été, et des musiques de soir d’été, l’homme la suit sans se cacher, elle va de son pas de Continuer la lecture#40jours #34 | rues cruelles

#40jours #33 | fluctuation de signal

Grande ville fractale. Le Caire. Jane marche avec moi. Une ville et des fracas, avertisseurs en folie, moteurs et bruits de foule. Une ville abolie par la nuit, et deux femmes qui marchent. Je suis Jane. Elle avance à petits pas. Où va-t-elle ? Des lumières et des ombres, des avancées et des creux, entrées d’immeubles, arrivées de rues mal-éclairées ou Continuer la lecture#40jours #33 | fluctuation de signal