A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

les mardis #01 | Perec, dormir en mouvement

dans le noir de l’avant l’aube et le demi-sommeil du départ en vacances transbahutée dans les bras de mon père déposée à l’arrière du camping-car les rêves bientôt striés de réverbères dans la fente ajourée du rideau à pression, et sous la joue le rêche de la couverture et le frais de la nuit qui fait s’enfoncer un peu plus Continuer la lectureles mardis #01 | Perec, dormir en mouvement

#écopoétique #01 | le silence, ça n’existe pas

La torpeur du soleil faisait taire la ville endormie. Assommée. Abrutie. Au fur et à mesure où elle s’éloignait de l’axe routier principal, le silence gagnait. En épaisseur. Même si le silence, ça n’existe pas. Ce qu’elle croyait. Frôlement des pas dans les herbes, pépiement des oiseaux, froissements. Le silence, pensait-elle, c’est l’inhabité. Le désert, c’est le silence. Elle déambulait Continuer la lecture#écopoétique #01 | le silence, ça n’existe pas

#anthologie #37 | et je vis (amplification 3)

Je vis une femme toute ronde dans le quartier du Carmel. La tête aux cheveux ras. Boule toute ronde. Les yeux traversés d’étonnements, d’affolements. Tout ronds. Grand ouverts sur le dehors comme pour le happer, l’agripper, l’aspirer. Le visage. Tout rond. La bouche ouverte en O. Toute ronde. Elle portait une robe fleurie ce jour-là. Ce jour-là et les autres Continuer la lecture#anthologie #37 | et je vis (amplification 3)

#anthologie #39 | collection de fenêtres

 elle tout en haut à portée de ciel tête renversée dans le petit carré de FENETRE de la chambre mauve sur le bleu du ciel d’été qu’elle devine vibrant de lumière et de désirs sur le gris perlé de bruine et de vent mouillé sur le jamais tout à fait noir de la nuit pâlie d’étoiles de lune de lueurs Continuer la lecture#anthologie #39 | collection de fenêtres

#anthologie #38 | mardi 05 septembre 2017

« Les situations de crise se matérialisent par la concrétisation du risque, c’est-à-dire par la conjonction spatiale et temporelle entre des enjeux directs ou indirects et un événement extrême. » Mardi 5 septembre 2017 Sur la carte, après le passage, une longue chenille de points successifs de couleur bleu clair jaune pâle foncé orange rouge et à nouveau orange jaune foncé pâle Continuer la lecture#anthologie #38 | mardi 05 septembre 2017

#anthologie #36 | la femme aux mots empêchés (3) : ralenti

…elle avance avec les mots qui roulent et roulent dans la tête et Denis au bout sous les arbres Denis sur terre Denis à quai et les racines qui poussent à ses pieds et crèvent le béton et elle sourit à l’idée de Denis et des racines sous ses pieds vivantes alors elle avance elle presse le pas et jette Continuer la lecture#anthologie #36 | la femme aux mots empêchés (3) : ralenti

#anthologie #35 | la femme aux mots empêchés (2) : voix-off

QUARTIER DU CARMEL. Il est 13h40. Deux femmes entrent dans l’église. Signes de croix. Vendeuse de fleurs sous un grand parasol. Une femme marche. Voix off : C’est la femme qui avale les visages Soleil rond yeux rond tête ronde Ciel bleu couteau Dans l’air l’odeur soufrée du volcan …les mots roulent dans ma tête roulent de ma tête à ma Continuer la lecture#anthologie #35 | la femme aux mots empêchés (2) : voix-off

#anthologie #34 | vous parlez d’une histoire

Vous parlez d’une histoire. Quoi ? Vous n’êtes pas au courant ? Au courant de quoi ? Trois qu’elles étaient. Une debout. Deux assises. Ça formait un triangle. Sous les arbres. La mer miroitait et scintillait pendant ce temps. L’incendie. Cette nuit. Ravagé. Les visages frisaient et les yeux s’agrandissaient. De surprise ou d’incompréhension. Ça se mêlait. Comme les voix. Dis-nous. Où ça ? Continuer la lecture#anthologie #34 | vous parlez d’une histoire

#anthologie #33 | sous les pas d’Alain

Ce texte prolonge le personnage de la #29 et la #31 et revisite une proposition ancienne…il y était question de sols ! Sous le pied ville à terre tête rivée dans l’air grillé avec le goût de cendre. Sous le pied ville à terre tête vissée dans l’errance pour river les pensées. Et le pied avale les sols tête rivée Continuer la lecture#anthologie #33 | sous les pas d’Alain

#anthologie #32 | elle sur le banc

Texte à couturer avec les propositions #05 / #13 / #27 / #29 / #31 Elle est assise sur son banc. Toujours le même. A l’ombre des arbres. Elle y est bien quand il fait chaud. Et puis elle aime sentir les racines sous le béton renflé et fissuré. Elle est arrivée très tôt pour profiter de la fraicheur matinale, Continuer la lecture#anthologie #32 | elle sur le banc